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L'Oracle Dea, une création inspirée de la Corse et de ses traditions


Léana Serve le Samedi 18 Juillet 2026 à 19:35

Après plus d’un an de travail, Hélène Susini et Lory Torracchi viennent de créer l’Oracle Dea, un jeu de 33 cartes mêlant symboles corses, figures historiques et références spirituelles. Pensé comme un outil de réflexion et d’accompagnement, cet oracle s’appuie sur l’identité insulaire tout en laissant place à l’interprétation de chacun.



(Photo : Gérard Baldocchi)


« Ça fait plus de 30 ans que j’ai cette idée en tête », explique Hélène Susini. Après plus d’un an de travail, elle vient de créer, avec Lory Torracchi, un oracle inspiré de la Corse, composé de 33 cartes mêlant traditions insulaires, figures historiques et symboles de l’île. À l'origine, l’idée était de créer un jeu inspiré du tarot de Marseille, « en faisant des passerelles avec nos traditions et l’histoire de la Corse ». « J’ai rencontré Lory il y a une dizaine d’années, j’ai beaucoup aimé ce qu’elle faisait, elle avait déjà cette sensibilité mystique et spirituelle, et je lui ai proposé qu’on fasse quelque chose ensemble. Elle avait de jolies illustrations, et mon idée de départ était de prendre ce qui existait déjà et de mettre quelques textes par dessus, mais elle m’a dit qu’on allait co-construire quelque chose ensemble, et ça s’est fait. »
 

Chaque carte a ainsi été pensée à partir d'éléments précis, avant d'être mise en image par Lory Torracchi. « L'ordre des cartes n'est pas du hasard. De 1 jusqu'à 33, il y a du sens », précise Hélène Susini. « Le choix des symboles, il y a plusieurs éléments qui viennent se croiser : d'une part, il y a des choses qui sont incontournables en Corse, qui font partie de nos traditions spirituelles, comme a signadora, c'est incontournable, et Pasquale Paoli, mais il y a différentes façons de l’aborder. Par exemple, c’est une figure fondatrice du mythe national corse, mais il y a plein de façons de le représenter. On a choisi de le représenter à son heure de gloire, au moment de son élection en tant que général de la Nation. Ça implique tout un tas de choses en termes de symbolique, parce qu’il fallait aussi que les représentations aient une correspondance dans l'imaginaire et dans la prédiction. »
 

Pour les illustrations, Lory Torracchi a utilisé différentes méthodes, comme « l’acrylique, les crayons, l'aquarelle, le pastel ». « D’ailleurs, on voit vraiment, que ce soit sur les impressions ou sur les originaux, cet effet de texture parce que plusieurs médias ont été utilisés », souligne-t-elle. « On a ensuite vu ensemble les éléments qu'il fallait absolument mettre au premier plan, et d'autres éléments qu'on voulait absolument dans la carte mais qu'on pouvait mettre au second plan ou en arrière plan. » Au-delà de son aspect artistique, les deux créatrices ont souhaité concevoir un outil accessible à différents publics, avec plusieurs niveaux d’interprétation. « On l’a pensé comme un outil très générique. On peut prendre la carte dans son sens le plus littéral, avec quelques mots-clés et les premiers éléments symboliques qu’il y a dessus, mais il y a aussi de la profondeur, des arrière-plans. » Selon elles, cet oracle peut être utilisé de différentes manières : comme un support de réflexion personnelle, un accompagnement ponctuel ou encore dans le cadre du tarot thérapeutique.
 

Si le jeu s’appuie largement sur l’identité insulaire, les deux créatrices ont aussi souhaité ouvrir les références à d’autres univers. « Pour nous, c’était fondamental. C’est une sorte d’héritage, il y a beaucoup de nos ancêtres qui transparaissent en filigrane. Mais c’est aussi un jeu ouvert. Il y a de l'ouverture sur d'autres traditions et croyances, mais aussi des clins d’œil à des univers parfois cinématographiques, une allusion aux légendes arthuriennes. Et il y a 33 poèmes en langue corse, pour chaque carte. C'est très important d'avoir son identité et de la préserver, mais ça ne veut pas dire qu'on doit s'enfermer. »
 

Pour les deux créatrices, l’objectif n’est toutefois pas d’enfermer les utilisateurs dans une interprétation ou une prédiction figée. « C'est un jeu qui a été conçu pour ne pas enfermer les gens. C'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur en termes de liberté, que les gens restent libres avec un libre arbitre. Si on regarde la façon dont c'est rédigé, ça ne va jamais enfermer les gens. Ça va toujours être “si vous vous reconnaissez dans ce portrait, alors peut-être que, mais peut-être aussi que”. C'est toujours très ouvert. » À l’occasion de la sortie de l’Oracle Dea, un atelier a été proposé à quelques participantes vendredi après-midi à Furiani, dans le cabinet de Josy Feel Harmony.