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Jean-Paul Rouve à Bastia : «Peu importe le sujet ou le genre, ce qui m’attire dans chaque projet, c’est l’humain ! »


Rédigé par Laurent Hérin le Samedi 13 Octobre 2018 à 19:00 | Modifié le Dimanche 14 Octobre 2018 - 00:12


Lola est ses frères, le nouveau film de Jean-Paul Rouve est diffusé ce samedi au Théâtre, en avant-première et en clôture du Festival Arte Mare. L'histoire de Lola et de ses deux frères qui sont inséparables alors que tout dans la vie devrait les éloigner. CNI a rencontré l’acteur-réalisateur de passage à Bastia.


- Lola et ses Frères est votre quatrième long métrage en tant que réalisateur, vous sentez vous toujours en phase d’apprentissage ?
- Je continue à apprendre, c’est évident. Mais ce qui me plait c’est que j’arrive aujourd’hui, et de plus en plus, à mettre en image ce que j’ai dans la tête. Je retrouve à l’écran le résultat que je vise au départ et pendant le développement du projet.
 
- Quatre films en dix ans comme réalisateur mais vous tournez beaucoup à côté…
- Mais je trouve que c’est un bon rythme ! [rires] Ça fait tout de même un film tous les trois ans. Et c’est sûr que je tourne beaucoup entre chaque projet et que je poursuis ma carrière de comédien. Avec grand plaisir !
 
- Vos deux premiers films sont co-écrits avec Benoît Graffin – également co-scénariste de Pierre Salvadori, NDLR – les deux derniers avec David Foenkinos, quelle différence ?
- D’un côté un scénariste, de l’autre un auteur. La collaboration est forcément différente. La rencontre avec David date de mon précédent film, Les Souvenirs. C’est une rencontre importante dans ma vie même si on était dans un travail d’adaptation puisque le livre existait. Cette fois, pour Lola et ses Frères, nous sommes parti sur un sujet original. David est venu me voir et m’a dit : « De quoi as-tu envie ? » Il est énormément à l’écoute. En plus, la phase d’écriture a duré 3 ans, on est tous les deux souvent pris à côté. Du coup, on a pas mal laissé reposer le projet. Et de retrouver le texte nous permettait, à chaque fois, de le transformer, de l’ajuster. On avait plus de recul dessus.
 
- Êtes vous déjà venu en Corse ? A Bastia ?
- Oui, j’ai souvent eu l’occasion de venir en Corse mais plutôt dans le sud. Je connais Ajaccio et Porto Vecchio mais je n’étais jamais venu dans le nord, ni à Bastia. C’est un vrai plaisir de découvrir la ville et présenter mon film au public bastiais. J’avais entendu parler du Festival du Film Méditerranéen de Bastia, je suis particulièrement heureux d’y présenter Lola et ses Frères !
 
- Par contre, vous avez déjà dirigé un comédien corse…
- …non ? Ah mais oui, bien-sûr ! [rires] Sur mon premier film, Sans Armes, ni Haines, ni Violence. Eric (Fraticelli, NDLR) jouait un des braqueurs qui m’accompagne sur un casse. Quel souvenir ! Et qu’est-ce qu’on a ri. C’est un super acteur. Et le soir, autour du repas, il mettait une sacrée ambiance. Toujours à raconter des histoires incroyables sans que l’équipe ne capte jamais la part du vrai ou du faux.
 
- En parallèle de votre carrière de réalisateur, on l’évoquait plus haut, vous avez une carrière de comédien plutôt prolifique et tournée vers la comédie. Est-ce qu’un autre type de cinéma vous attire.
- Peu importe le sujet ou le genre, ce qui m’attire dans chaque projet, c’est l'aspect humain ! J’aime les bons films, les films profondément humains. Que ce soit un comédie ou un drame, le travail est le même, sous des angles différents. Mais on recherche la même chose, que le film soit sincère, humain et touchant.
 
- A ce propos, un film récent qui vous a touché ?
- Je n’ai malheureusement pas assez le temps d’aller en cinéma, surtout sur ces périodes de promotion. Mais j’ai adoré Guy d’Alex Lutz et, dans un style différent, A Star is Born de Bradley Cooper avec une étonnante Lady Gaga.
 
- Dans Lola et ses Frères, on retrouve un thème présent dans vos deux précédents longs, Nos Souvenirs et Quand je serais Petit
- La famille est un terreau intéressant au cinéma mais ce qui m’attire, au delà du simple cercle familial, ce sont les relations humaines dans leur ensemble. L’idée de la transmission, comme dans Nos Souvenirs, mais pas seulement unilatérale. L’importance du partage, de l’échange. J’aime par exemple beaucoup l’idée de ce que des enfants peuvent apporter à leurs parents.
 
- Cette famille a tendance, parfois, à l’image d’un immeuble dans le film, de se fissurer…
- Cette fissure, c’est évidemment une parabole de la vie. On a tous plus ou moins des fissures intérieures en fonction de ce qu'on a vécu. On encaisse les coups durs de la vie. Mais c’est aussi face à l’adversité que la famille se ressoude et fait front. Comme Lola et ses deux frères.
 
Lola et ses Frères de Jean-Paul Rouve avec lui-même, José Garcia et Ludivine Sagnier sort sur tous les écrans le 28 novembre.
 
Le Festival Arte Mare termine ce samedi avec une grande soirée de clôture – remise des prix, projections, dégustation et boum dans le Péristyle. Le grand prix du Jury sera diffusé au cinéma Le Régent dimanche à 19 heures.




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