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Jean-Paul Carrolaggi : « Les conditions sont meilleures qu’en 2017. Nous avons des chances de l’emporter »


Nicole Mari le Samedi 28 Mai 2022 à 19:40

Candidat de la majorité territoriale Pè a Corsica dans la 1ère circonscription de Corse du Sud en 2017, il avait raté le 2nd tour pour 13 voix et par manque de foi dans la victoire. Cinq ans après, le Dr Jean-Paul Carrolaggi, conseiller municipal d’opposition, repart pour la bataille des législatives des 12 et 19 juin, avec une détermination nouvelle, mais l’appui d’une partie seulement du mouvement national. Face à lui, un autre candidat nationaliste, Romain Colonna, élu de Femu a Corsica, et une division problématique face à la candidature surprise du maire Laurent Marcangeli. Jean-Paul Carrolaggi, explique à Corse Net Infos, qu’il avait prôné l’union comme indispensable. Il reste néanmoins confiant, affirmant que les chances de l’emporter sont meilleures qu’il y a cinq ans et que l’enjeu est l’obtention d’un statut d’autonomie.



Jean-Paul Carrolaggi, candidat nationaliste aux élections législatives des 12 et 19 juin dans la 1ère circonscription de Corse du Sud, aves sa suppléante Lisandrina Dalakupeyan-Serreri.
Jean-Paul Carrolaggi, candidat nationaliste aux élections législatives des 12 et 19 juin dans la 1ère circonscription de Corse du Sud, aves sa suppléante Lisandrina Dalakupeyan-Serreri.
- Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter une nouvelle fois ?
- J’ai décidé de me représenter parce qu’il y a cinq ans, nous avons fait un très bon score et nous aurions pu, si la campagne avait été plus précoce, arriver au second tour et peut-être gagner l’élection. Vu le résultat d’il y a cinq ans et vu que dans la circonscription, il n’y avait pas d’autres candidats nationalistes désignés, je me suis représenté.

- Vous avez sollicité l’investiture de Corsica Libera ?
- Pas du tout ! Non ! Je n’ai pas d’étiquette. Je ne suis d’aucun parti. Je suis candidat nationaliste sur la même ligne qu’il y a cinq ans. Je veux être un candidat d’union de tout le mouvement nationaliste pour que tous les partis soient réunis autour de ma candidature. J’ai demandé le soutien à tous les partis nationalistes, certains me l’ont donné plus ou moins. Autour de moi, il y a des militants de Corsica Libera, du PNC, et aussi de Femu, notamment Jean-André Miniconi. A l’élection municipale de 2020, j’ai été élu sur sa liste qui était soutenue par Femu, et nous siégeons ensemble dans l’opposition à la mairie d’Ajaccio. Ma suppléante Lisandrina Dalakupeyan-Serreri est une militante de Cargèse.

- Entre temps, Femu a Corsica a présenté son propre candidat, Romain Colonna. Il n’y a pas eu de discussion préalable ?
- Ce n’est pas un argument ! Femu sait depuis le mois de février que je devais me présenter. Je leur en ai parlé, nous devions discuter, mais vu les événements qui ont suivi l’assassinat d’Yvan Colonna, les discussions ont été reportées. Après cela, Femu ne m’a plus jamais contacté, alors que ma candidature était déjà officielle. À aucun moment, depuis, ils m’ont proposé de discuter. J’avais dit aussi à Gilles Simeoni que s’il y avait un candidat de Femu qui était en mesure de gagner l’élection, je ne me présenterai pas.
 
- Pour vous, là, ce n'est pas le cas ?
- Ah non ! Ce n'est pas le cas, non !

- Pensez-vous réussir l’union du mouvement national au 2nd tour, si l’un de vous deux passe la barre ?
- Oui, j’imagine ! Je pense même que c’est moi qui serait au 2nd tour. L’union, c’est ce que je prône déjà au 1er tour. Comme je le dis depuis le début, la candidature d’union, comme en 2017, est la seule possibilité. C’est une condition indispensable pour gagner. Aujourd’hui, Femu est plus dans une logique de parti. Après ce qui s’est passé aux territoriales, il veut être le seul parti en Corse. C’est une logique qui, à mon avis, ne mènera qu’à des tensions inutiles au sein du mouvement national.

- Il vous a manqué 13 voix par manque de conviction pour être au 2nd tour en 2017. Y croyez-vous vraiment cette fois ?
- C’est vrai qu’en 2017, on m’a envoyé dans la circonscription pensant que personne n’avait de chance de l’emporter. Tout le monde a été surpris par le score. Nous avons fait presque 5000 voix, c’était inespéré ! Cette fois-ci, les conditions sont meilleures, on peut être au second tour et on a même des chances de l’emporter.
 
- Les conditions sont meilleures avec Laurent Marcangeli ? Sa candidature ne ferme-t-elle pas un peu l’élection sur Aiacciu ?
- Non ! Il suffit de voir le résultat qu’a donné sur Aiacciu son soutien appuyé à Macron. Il se présente au nom de la majorité présidentielle alors que vu tout ce qui s’est passé, Macron, pas grand monde n’en veut ! Dans son camp aussi, il y a beaucoup de division, beaucoup de gens n’ont pas apprécié la trahison de Jean Jacques Ferrara. Les Républicains, après ce qu’il a fait à Ferrara, ne voudront peut-être pas voter pour lui ? Et puis, vu le nombre de candidats, il est difficile de dire ce qu’il va se passer, il est tout à fait possible que l’on puisse l’emporter. L’élection n’est pas jouée d’avance et on verra bien les scores au soir du 12 juin.

- La vague Le Pen, qui a déferlé aux présidentielles sur Aiacciu et sur toute la circonscription, peut-elle impacter les législatives ?
- Non ! Franchement, je ne crois pas ! Cela se produit à chaque élection présidentielle, et à la législative suivante, les candidats corses du RN ne font jamais de gros scores.
 
- Quel est, pour vous, l’enjeu premier de ce scrutin ?
- L’enjeu principal de ce scrutin, ce sont les discussions sur l’autonomie, si le gouvernement aujourd’hui se décide à parler d’autonomie - et je dis bien si, parce que, pour l’instant, on ne sait pas ! Peut-être qu’il n’ouvrira même pas la discussion ! Dans la perspective, il faut arriver en force aux discussions pour éviter que certains ne fassent l’autonomie à leur sauce, simplement pour pouvoir construire plus et gérer plus d’affaires.
 
- Sur quels thèmes faites-vous compagne ?
- Il n’y a qu’un thème : l’autonomie avec l’obtention d’un statut fiscal, d’un statut de résident et d’un pouvoir législatif dévolu à la Collectivité de Corse. Il nous faut la possibilité de voter des lois et de trouver des solutions pour régler l’accès au foncier et lutter contre la spéculation immobilière. C’est la priorité ! Aujourd’hui, le gouvernement a fait un crédit d’impôt à 30 % pour créer des résidences hôtelières, c’est un scandale ! Il aurait fallu mettre le crédit d’impôt sur des choses qui servent la Corse, pas les spéculateurs ! Il faut s’occuper aussi du Airbnb, il y a des possibilités même à droit constant, mais personne ne le fait.
 
- Certains accusent les Nationalistes de se cacher derrière l’autonomie et ne pas regarder les vrais sujets comme la précarité ou le pouvoir d’achat ?
- Justement, le sujet principal, c’est la précarité, le logement, surtout l’accès au logement pour les jeunes, mais à droit constant, on ne peut rien faire ! Pour que les Corses puissent se loger, il faut un statut fiscal avec, de toute façon, d’une manière ou d’une autre, en corollaire, un statut de résident. Il faut que nous ayons la possibilité d’adapter la loi pour pouvoir créer des taxes. Est-il normal que quelqu’un qui a une villa, Rive Sud d’Ajaccio, paye moins de taxes foncières qu’un retraité ajaccien ? Peu de gens le savent, mais c’est la réalité ! Il y a beaucoup de choses à faire. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on ne peut rien faire. L’autonomie doit nous servir à cela. Si, je le répète, l’autonomie devait servir à certains à faire leurs affaires, alors là, non ! L’autonomie est là pour réguler, pour faire en sorte que les gens puissent se loger et que la précarité diminue.
 
- Si vous êtes élu, siègeriez-vous dans le groupe parlementaire Libertés & Territoires, comme les autres députés nationalistes ?
- Ce groupe-là n’existait qu’à la dernière mandature. Personne ne peut dire quel groupe se formera à la prochaine mandature, il est impossible aujourd’hui de prévoir la formation dans laquelle nous siègerons, si nous sommes élus.
 
- Comment se déroule votre campagne ?
- Nous allons dans tous les villages rencontrer les habitants, nous faisons des réunions publiques partout. Nous avons de très bons retours, maintenant il est difficile de les quantifier. Je suis confiant.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

















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