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Jean-François Bernardini à Parole Vive in Bastia : « La violence nait d’une énergie ! »


Rédigé par Geneviève Lodovici le Jeudi 7 Juin 2018 à 08:40 | Modifié le Jeudi 7 Juin 2018 - 08:53


Ce mercredi 6 juin, le festival Parole vive in Bastia accueillait Jean-François Bernardini, leader du groupe I Muvrini et Président de l’association Afc-Umani, pour une conférence intitulée « Non-violence, équipement de vie – outil pour le XXIe siècle ».


©Geneviève Lodovici
©Geneviève Lodovici
Non, Jean-François Bernardini ne fait pas des conférences contre la violence et c’est bien ce qu’il a su transmettre ce mercredi aux auditeurs venus l’écouter dans le théâtre du lycée Jean d’Arc à Bastia. Pendant près de deux heures, le chanteur d’I Muvrini a donné un souffle d’espoir, des clés pour transformer à son échelle les violences quotidiennes. A son actif, plus de 400 conférences qu’il a donnée aux quatre coins du contient et en Corse, avec comme principal objectif de questionner la violence et par-dessus tout de proposer la non-violence comme outils de vie pour chacun.


 «La violence nait d’une énergie. C’est une tentative de solution mais au final elle est presque toujours perdante. La question n’est pas comment la combattre mais plutôt de l’accueillir, de l’écouter et surtout de la recycler », explique-t-il avant d’ajouter : « La non-violence, ce n’est pas de rester chez soi, mais transformer les actes, faire de la non-violence un équipement de vie. La bienveillance et l’empathie sont le socle de la non-violence. Malheureusement le terme de bienveillance est trop souvent galvaudé car on le voit comme laxiste. Mais dans la bienveillance il y a des règles : on peut avoir toutes les émotions mais on ne peut pas avoir tous les comportements ».


Un discours posé, alimenté de références diverses, de Ghandi aux neurosciences en passant par Marshall Rosenberg. C’est sur ce dernier qu’il s’attarde notamment, à l’aide de deux peluches, l’une chacal, l’autre girafe pour aborder le rapport aux paroles. La première, c’est la marionnette qu’utilise le psychologue américain pour parler de celui qui hurle, se nourrit de cadavre et juge. Le second, l’animal qui a le plus grand cœur. A travers cette comparaison un peu binaire, Jean-François Bernardini dénonce « le langage chacal » du quotidien, le manque d’empathie et les dégâts à longs termes des mots sur le cerveau.  « Quand l’âme est en souffrance, elle réclame la souffrance de l’autre. » nous dit-il, alertant sur le cercle vicieux des violences verbales. Et si la mise en scène des marionnettes aux côtés de Jean-François Berardini amuse le public, celui-ci reste conquis par l’idée véhiculée. 


Un propos également engagé, social et politique où le Président d’Afc-Umani interroge le rôle « des puissants », leurs intérêts dans la violence, leur non investissements dans la non-violence. Il parle aussi de l’individualisme croissant qui affaiblie le groupe social faible et attenu les mouvements d’entre-aide. L’artiste rappelle alors non sans-espoir l’importance du groupe dans la construction des individus : le village, le quartier, l’association.
La conférence, se termine sur un échange avec la salle et l’intervention du directeur artistique de Musicales, Raoul  Raoul Locatelli, saluant l’engagement de Jean-François Bernardini qui dégage de son temps parallèlement à son travail d’artiste, pour sensibiliser aux notions de non-violence.
Une belle rencontre qui donne à réfléchir sur les possibles lendemains de la  vie en société.




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