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Jean-François Bernardini à Saint-Florent : "Si la violence est là, c’est, aussi, qu’elle est un marché"


C. G le Mardi 8 Septembre 2020 à 17:59

Au plan national, l’été a été émaillé de faits divers, particulièrement violents et très médiatisés. Interrogé sur le sujet, le ministre de l’Intérieur avait parlé « d’ensauvagement » de la société. Depuis, le vocable fait débat. Il oppose ministre de l’intérieur et ministre de la justice. On discute chiffres et pourcentages. En Corse, on se croyait à l’abri de ce genre de choses. Il n’en est rien



Selon les chiffres officiels, ce type de violences aurait augmenté de 140% en 20 ans.
Dans la nuit du 5 au 6 septembre ce sont de jeunes étudiants arrivant à la fac de Corte qui en ont été victimes. La victime principale a 17 ans. Au début de l’été, une série d’agressions physiques est commise dans les rues d’Ajaccio. Les jeunes – dont des mineurs - seront interpellés, puis jugés le 29 août dernier. L’auteur principal a 20 ans. Il est en situation de récidive.
A Saint-Florent, c’est un jeune couple du village qui a été violemment frappé par une dizaine de personnes le 8 août. Par des jeunes du coin, dont des filles. Il a même été fait pression sur la famille pour qu’elle ne porte pas plainte. A ce jour l’enquête, ouverte par le parquet de Bastia suit son cours.
La famille, très affectée, a organisé le mercredi 2 Septembre une conférence sur le thème de la non-violence animée par Jean-François Bernardini président de l’AFC Umani au cinéma en plein-air de Saint-Florent.

 
Dans le respect des gestes barrières, l’assistance était nombreuse et attentive. En effet, dans une île de 350 000 habitants, comment peut-on banaliser de tels gestes, les filmer ?  Nier à ce point la souffrance de la victime, de sa famille ? Quant aux agresseurs, quel impact positif peut avoir sur leur CV ce type de « compétence »?


C’est une réflexion que la famille et ses amis désiraient lancer. « En Corse, on se croyait à l’abri de ces phénomènes, mais ils arrivent, comme est arrivée la malbouffe. C’est une malbouffe de l’esprit qui affecte notre vivre-ensemble, remarquait Jean-François Bernardini. Mais si la violence est là et qu’elle nous interroge, c’est aussi qu’elle est un marché, celui des armes, mais pas seulement : 1 800 jeux-vidéo sont sorti l’année dernière, 1 200 étaient violents. Elle est largement alimentée par l’industrie du divertissement qui sait qu’après un film violent, le cerveau est plus facilement perméable au message publicitaire ».


Le moyen d’y faire face ?
« La non-violence. Et la non-violence  est un combat ! Celui qu’il faut mener pour demain. Baisser les bras, c’est accepter l’inacceptable alors qu’il y a non-assistance à personne en danger. Les personnes en danger ce sont les victimes, mais ce sont aussi les agresseurs. Et nous tous puisque le vivre ensemble et atteint. Le plus grand mensonge qu’on nous ait vendu depuis des lustres, c’est que la violence était partie intégrante de la nature humaine, que la non-violence n’existe pas. Nous, les Corses, nous serions même « porteurs d’un gène de la violence » ont dit certains ministres ! Les neurosciences disent exactement le contraire : c’est la violence est une violation de notre nature. La non-violence est gravée dans notre équipement biologique. Ce qui existe, en revanche, c’est la notion de conflit. Nous ne sommes plus éduqués pour y faire face. Nous ne savons plus comment réagir, nous cédons aux émotions négatives, à la violence. Or la question est : « Tu es en colère, mais que vas-tu faire de ta colère, et que va-t-elle faire de toi ?»


Jean-François Bernardini rappelle le contenu des différentes conférences qu’il a faites dans les établissements scolaires, en France et dans différents pays d’Europe, l’écoute attentive des jeunes. Puis ses visites dans les prisons pour « semer des graines de non-violence », apprendre, conformément aux théories du psychologue américain Marshall Rosenberg à utiliser la communication non-violente, apprendre à parler comme la girafe au grand cœur et non comme l’agressif chacal. Puis respecter le vieux précepte : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». « La non-violence, c’est comme tout, ça s’apprend. Mais il n’existe pas en France, contrairement à d’autres pays, de formations dans ce domaine, ni de chaires d’université », conclut-il.


Dans l’assistance, si l’idée de non-violence faisait l’unanimité, la réflexion portait aussi sur le rôle de l’Etat détenteur du monopole de la violence légitime. Si pour garantir la sécurité de chacun il existe des lois. Il faut qu’elles soient respectées. Que le plaisir de les transgresser – car il existe - se confronte au déplaisir d’être sanctionné pour l’avoir fait. C’est sur ce point que l’Etat semble pécher. C’était le sentiment de beaucoup : les enquêtes sont longues, les mises en examen n’arrivent pas toujours. Les condamnations non plus. Or ce pouvoir de coercition de l’Etat, pour être efficace, il doit être appliqué. L’Etat, par des recrutements de personnels peut-être, par des moyens financiers car il le faut, doit s’y atteler d’urgence. En Corse aussi, car nous ne sommes pas, quoi qu’on en dise, génétiquement plus violents que les autres. Et que les graines de non-violence semées par Jean-François peuvent, mieux qu’ailleurs, germer ici.



















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