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Etienne Meloni en témoin des croyances et des religions du monde


Philippe Jammes le Mercredi 29 Avril 2026 à 17:03

On l’attendait avec impatience ce volume 2 du Tour du monde de la foi des croyances et des religions. Dans le tome 1, Etienne Meloni dressait une liste, non exhaustive (plus de 200) des différentes religions pratiquées dans 27 pays du monde. Dans ce tome 2 qui vient de paraitre (éditions BoD) des témoignages glanés lors des rencontres, des histoires vécues parfois cocasses et quelques fois dangereuses. Rencontre…



Etienne Meloni en témoin des croyances et des religions du monde.
Etienne Meloni en témoin des croyances et des religions du monde.

Etienne Meloni, enfant de Pino dans le Cap Corse, est un chef d’entreprise mais aussi un sportif de l’extrême. A son CV : Tour de la Corse à la nage, triple tour de Corse à la nage (500 km), à vélo (650 km) et en course à pied (650 km) pour ne citer que ceux-ci. En dehors de ces défis sportifs, Etienne Meloni a aussi tenté un Tour du monde des loges maçonniques, ou des écoles. « Des projets au sens humanitaire et bienveillant qui ont échoué pour diverses raisons ». En 2013, lors d’une ascension dans l’Himalaya, un accident cérébral du cortex auditif le place au bord de la mort. Il survit. Une conversion spirituelle et subite s’ensuit.
Etienne entreprend alors un tour du monde de la spiritualité, de la foi et des croyances, sur les 5 continents. Aujourd’hui il témoigne de ses rencontres.
 
- Quid de ce tome 2* ?
-  Après le tome 1 qui recensait plus de 250 religions, je me suis dit qu’il manquait l'essentiel : Aller à la rencontre de ceux qui pratiquent ces religions. J'ai choisi 27 pays où vivent chrétiens, catholiques, orthodoxes, juifs, musulmans, chiites, sunnites, hindous… et je me suis aperçu que tous ces pratiquants avaient tous quelqu'un au-dessus d’eux, une force immanente. Nous autres chrétiens on l'appelle Dieu, d'autres l'appellent d'autres noms, mais ça se ressemble à la fin. Un proverbe dit : Dieu avait un miroir, il a cassé le miroir, chaque religion en a pris un petit bout.

- Le choix des pays ?
- Il a fallu déjà sélectionner des pays en adéquation avec ce que je voulais, avec l'architecture de mon livre. Des voyages que j’ai voulu organiser sans l’aide d’agences. Je voulais trouver dans chaque pays, une personne pour m’accompagner, parlant la langue ou l'anglais. Dans le monde de la presse on appelle ces gens-là des pisteurs. Il fallait qu’ils me portent dans des endroits particuliers, de façon que je ne perde pas trop de temps, parce que chaque voyage durait à peu près une dizaine de jours. Ça n'a pas été simple car certains pays étaient en guerre. Par exemple quand j’ai déboulé en Arménie, les Azéris attaquaient le Haut-Karabakh, au Liban il y avait des bombardements et il a fallu se protéger. Des voyages souvent longs et épuisants en avions, bateaux, motos, caravanes. Je suis monté dans des pirogues, à dos de chevaux, dromadaires, d’éléphants, de lamas.
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- Que ressort-il de ces échanges ?
- C'est fantastique, sans être redondant, on est les mêmes, on prie le même Dieu, on a cette même foi, on se comprend surtout, parce que même dans certains pays, notamment dans l'orthodoxie, ils prient comme les musulmans, ils se mettent à genoux, ils montent, ils descendent, ils sont habillés avec des robes longues, avec des chapeaux. Donc nos différences, s'il y en a ou s'il y en aurait sur le papier, elles ne font que nous renforcer. Je m'aperçois que 99% de la planète croit en quelque chose. Cette laïcité dont on parle, ou qui nous est présentée, je m'aperçois que ça ne fonctionne pas, et puis pourquoi absolument mettre de la laïcité. Effectivement les rites sont différents, le nombre de prières par jour varie, certains ne sont pas structurés comme nous, mais dans les bas étages, c'est-à-dire dans la pratique, je ne vois aucune différence.


- Il y a quand même des religions plutôt radicales ?
- Oui, elles sont radicales, mais dès que l'on commence à monter dans le haut de la pyramide, où rentrent le pouvoir et l'argent, alors là c'est fini, ça devient de la politique pure, et ça sort totalement de la pratique de la foi. Certaines personnes n’ont pas pu me faire la différence par exemple entre le sunnisme, le chiisme. Dans d'autres pays comme le Bénin, où il y avait du vaudou, des choses très hard, je me suis aperçu qu'ils ont été sous une influence catholique, chrétienne, avant des schismes qui ont engendré certaines dérives.


- Ces rencontres n'ont-elles pas ébranlé votre propre foi catholique?
- Eh oui, c'est une très bonne question. Je nourrissais cette peur au départ, celle de me reconvertir à autre chose. Aussi j'avais pris mes précautions, sans toutefois mettre de blocage. A chaque fois que je rentrais d'un voyage, je retrouvais mon père spirituel, le Père François-Dominique du couvent Saint-Antoine à Bastia. C’est à St Antoine que je m’étais retrouvé, je ne sais comment, après mon AVC. Avec le Père François-Dominique on est d’ailleurs partis ensemble en Bosnie-Herzégovine, où il y a des voyants, toujours vivants, qui voient Marie. C'est un des rares pays au monde où de rares apparitions sont toujours visibles. Auprès d’une voyante, Maria, avec le père François-Dominique, on s'est mis en transe, mais moi je n'ai rien vu. De ces voyages, la foi en ma religion chrétienne et catholique s’est même renforcée.


- Les EDC, Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens, vous citent dans leur livre «Vivre, croire et entreprendre »
- L'EDC est une association qui a fêté ses 100 ans en mars dernier. Ce sont des chrétiens, orthodoxes, protestants, catholiques, qui ont décidé de mettre la foi dans l'entreprise, avec des messages profonds, avec des actions concrètes. En Corse on a humblement essayé de développer le mouvement et ça fonctionne toujours, sans grandes ambitions. Sur le continent, il est très puissant. D'ailleurs, à Lyon, il y a quelques semaines, il y a eu la grand-messe, une rencontre nationale avec plus de 3000 personnes pour fêter les 100 ans d’existence. Ils ont présenté le livre que vous citez, livre dans lequel ils m'ont demandé de témoigner, par rapport à cette aventure, cette reconversion.


- Des projets ?
- Le chemin ne s'arrête jamais. A mon âge, 64 ans bientôt, je m'aperçois que chacun fait son chemin de vie, et dès qu'une aventure finit, une autre continue. Je m'aperçois que chaque fin de voyage est comme un accouchement, et après, il y a d'autres projets. Cette aventure m'a pris 5 ans. Donc, maintenant, je vais essayer de médiatiser un peu cette aventure, porter la bonne parole. A Lyon il y a quelques jours, j’ai rencontré notre ancien évêque, Mgr Olivier de Germay et il m'a dit : « Ne vous arrêtez pas, vous devez évangéliser. Partez, voyagez ». Ça me convient en fait, même si je mesure combien c'est difficile en cette époque très agitée. Si on ne philosophe pas, si on ne met pas dans notre vie une petite brique de foi, de croyance et d'espérance, qui sont les vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, on ne s'en sortira pas. Il ne faut pas surtout pas baisser les bras. Chacun à notre façon, chacun à notre mesure, on doit porter ce message d'espoir.
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* « Le tour du monde de la spiritualité, de la foi et des croyances » tome 2, aux éditions BOD, librairies, FNAC, plateformes... A noter une superbe préface d’Antoine-Marie Graziani.