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Entretien - François Ravier : "En Corse lorsqu'on fait le premier pas de la confiance on arrive à nouer un vrai dialogue avec les élus"


Livia Santana le Lundi 22 Août 2022 à 19:03

Après trois ans et trois mois en Haute-Corse, François Ravier, préfet du département, quitte l'île de Beauté pour la Savoie. Il laisse la place à Michel Prosic, qui prendra officiellement ses fonctions ce mercredi 24 août. Avant de partir, celui qui a eu à traverser la crise Covid, les manifestations liées à l'assassinat d'Yvan Colonna en mars dernier et la tempête de ce jeudi 18 août, revient pour CNI sur ces quelques années passées à la tête de la préfecture du Nord de l'île.



François Ravier a fait ses adieux à la Haute-Corse le 19 août.
François Ravier a fait ses adieux à la Haute-Corse le 19 août.
- Votre passage a d’abord été marqué par la crise Covid puis vous avez eu à faire face aux évènements Colonna en mars dernier, pour votre départ c’est une tempête… comment avez-vous traversez tout ça ?

En essayant de garder à l’esprit trois mots clefs : représentation de l’Etat, proximité et bienveillance. C’est une philosophie reposant sur ce triptyque qui permet de continuer même si tout n’est pas négociable, dans une optique de dialogue approfondie avec les élus. Cela permet de comprendre les enjeux du territoire, les besoins de la population et de trouver parmi la multitude d’outils qui existent et parmi les règles de droit, les meilleures solutions. Evidemment cela prend du temps. 

Lors de la période Covid, on prévoyait un cataclysme sur l’économie corse, finalement cela n’a pas été le cas. C’est le fruit d’une bonne gestion de crise ?

- La Haute-Corse a un très bon bilan. Sur le plan économique elle n’a pas souffert du Covid enfin presque pas. Une partie de l’hôtellerie et de la restauration a eu du mal mais beaucoup moins que ce qui était attendu au début de la crise où l’on prévoyait que 30% des entreprises corses cesseraient leur activité. Seules quelques unités, qui étaient déjà mal en point, ont fermé. Globalement, les mesures du plan de relance, les exonérations ou les reports de charges ont très bien fonctionné. 

- Sur le plan politique, comment avez-vous géré l’affaire Colonna ?  
- C’est un épisode dramatique qui a été ensuite converti en combat politique par une fraction de personnes et souvent en combat violent. Il y a eu quand même des moments de violence, des gendarmes et policiers resteront blessés à vie à la suite de ces manifestations. Je pense qu’on le gère avec le sens de la mesure, de la responsabilité. Quand on est face à un conflit, l’idée c’est d’en sortir le mieux possible, par le haut et pour cela il faut éviter tout drame pour rendre demain possible. 

- Les maires corses ont salué votre départ, quelle est la clef selon vous des bons rapports que vous entreteniez avec eux ?  

- C’est quelque chose d’assez naturel. Ce n’était pas mon premier poste dans le corps préfectoral, j’avais aussi la chance d’avoir travaillé avec une collectivité locale pendant trois années ce qui m’a appris la façon de faire. Ce que j’ai constaté en Corse, c’est que lorsqu’on fait le premier pas de la confiance on arrive vraiment à nouer un vrai dialogue. Cela ne veut pas dire qu’on s’entend bien tout de suite mais ça veut dire qu’en tout cas on progresse, on réduit les zones de désaccords et on arrive à des solutions qui représentent un optimum pour tout le monde. Je réunissais au moins une fois par mois l’association des maires de Haute-Corse pour travailler sur des points rigoureux, construits avec plusieurs thèmes abordés. Par exemple, la lutte contre la divagation animale, comment faire pour limiter la diffusion du Covid…  il y a eu des décisions parfois difficiles à prendre mais à partir du moment où elles sont expliquées, partagées et co-produites, à ce moment-là, l’acceptabilité de ces décisions et la compréhension du contexte changent complètement les choses. 

- Après trois années en Corse, finalement que retenez-vous de votre passage ?  
- Un territoire avec beaucoup d’atouts, beaucoup d’envies mais qui peut-être ne recourt pas assez à l'action collective alors que cette solidarité existe. On l'a vu encore durant la tempête de ce jeudi 18 août, en moins d'une après-midi on a réussi quand même à trouver 5 600 places pour héberger les personnes évacuées des campings. Une solidarité extraordinaire s'est nouée, donc ça veut bien dire que l'action collective existe et marche. Il y a d’ailleurs des filières dans l'agriculture qui sont organisées sur un vrai principe de solidarité comme dans la viticulture depuis longtemps ou dans l'agrumiculture. L'idée c'est de progresser comme ça filière après filière secteur après secteur pour arriver à montrer qu’il y a bien plus d'avantages à travailler ensemble que de travailler chacun de son côté. 

- Quel souvenir garderez-vous de la Corse ?  
- Beaucoup de souvenirs. La beauté du Cap Corse en patrimoine naturel et culturel, c’est quelque chose d’extrêmement fort. Aussi, une chaleur humaine dans les relations avec les élus mais aussi avec l’ensemble des personnes du monde économique que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans tous les secteurs. Il y a en Corse une vraie qualité de dialogue avec des personnes exigeantes, ce qui suppose le respect et la reconnaissance mutuelle mais aussi ce qui donne de belles rencontres humaines.














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