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Election municipale à Prunelli di Fiumorbu : Large victoire pour le Dr André Rocchi


Nicole Mari le Dimanche 27 Janvier 2019 à 19:51

Sans surprise, la liste d’opposition municipale « Inseme Per Prunelli » conduite par André Rocchi, sans étiquette à tendance nationaliste, a gagné le 2nd tour de l’élection municipale partielle qui s’est déroulée ce dimanche à Prunelli di Fiumorbu. Elle avait raté d’à peine 5 voix la victoire dimanche dernier et conforte largement son avance. La liste « Prunelli Toujours Mieux » de Stephane Francovitch, représentant la municipalité sortante, maintient sa seconde position, suivie par la liste « Per Prunelli » d’Esteban Saldana, militant de Corsica Libera. Mais toutes deux sont en recul. La participation, déjà forte au premier tour, a augmenté.



Le Dr André Rocchi, tête de file de la liste Inseme Per Prunelli, nouveau maire de la commune de Prunelli di Fiumorbu, située en Plaine Orientale en Haute-Corse.
Le Dr André Rocchi, tête de file de la liste Inseme Per Prunelli, nouveau maire de la commune de Prunelli di Fiumorbu, située en Plaine Orientale en Haute-Corse.
Aucun suspense n’accompagnait le 2nd tour de l’élection municipale de Prunelli di Fium’Orbu, si ce n’est une petite incertitude sur l’ampleur des suffrages récoltés par les trois listes en présence. Dimanche dernier, le Dr André Rocchi avait raté la victoire d’une poignée de voix, laissant ses adversaires loin derrière. Son élection était acquise. Il remporte le scrutin, ce soir, avec 1077 voix, soit 55,31 % des suffrages exprimés. Il progresse de 135 voix par rapport à son score du 1er tour qui l’avait placé, dimanche dernier, en pôle position avec 942 voix et 49,92% des suffrages exprimés. Soit un gain de 5,39 %. Sa liste Inseme per Prunelli, sans étiquette et d'opposition à l'équipe sortante, rafle, donc, la mairie et 22 sièges sur les 27 que compte le Conseil municipal. Soit une majorité absolue et très large. Il totalise également 8 sièges sur les 10 de la Communauté de communes de Fium’Orbu Castellu. Après des années d’opposition, le Docteur Rocchi devient, donc, le nouveau maire de Prunelli.
 
Des challengers en recul
Comme le premier tour, le second tour a été marqué par une participation forte et en hausse qui atteint 76,26 %. Sur les 2604 électeurs inscrits, 1986 se sont exprimés, soit 90 de plus qu’au 1er tour. On compte 314 procurations et 39 votes nuls ou blancs. Les deux listes, qui s’étaient maintenues au 2nd tour, malgré l’échec annoncé, n’ont pas profité de cette mobilisation des électeurs. Au contraire, elles ont régressé en voix.
La liste « Prunelli Toujours Mieux » de Stéphane Francovitch, qui regroupe dix élus de la municipalité sortante et soutenue par l’ancien maire Siméon de Buocherg frappé d’inéligibilité pour 5 ans, a recueilli 492 voix, soit 25,26% des suffrages exprimés. C’est 44 voix de moins que dimanche dernier où elle avait rassemblé 536 voix et 28,32% des voix. Soit une perte de plus de 3%. Elle récolte, néanmoins, 3 sièges au Conseil municipal et 1 siège au Conseil communautaire.
Recul également de la liste nationaliste « Per Prunelli » portée par Esteban Saldana, militant de Corsica Libera, mais sans investiture de la majorité territoriale. Avec 378 voix, soit 19,41 % des suffrages exprimés, elle perd 36 voix par rapport au 1er tour où elle avait engrangé 414 voix et 21,88 % des suffrages exprimés. Soit un recul de 2,47 %. Elle obtient 2 sièges au Conseil municipal et 1 au Conseil communautaire.
 
Une leçon de rappel
Les deux listes, qui siègeront dans l’opposition, ont subi de plein fouet l’effet 1er tour. A l’inverse, le favori a su engranger sur son bon score de dimanche dernier. Le Dr Rocchi et sa liste, qui incarnent l’opposition traditionnelle à l’équipe sortante, ont bénéficié d’un soutien large des diverses sensibilités politiques qu’ils représentent : majoritairement nationaliste modérée, ainsi que des gens de droite et de gauche. Leur victoire est aussi la reconnaissance du travail effectué par cette opposition depuis 2014, sa présence permanente sur le terrain et sa montée au créneau sur les dossiers sensibles. Comme n’importe quel scrutin communal, celui de Prunelli, englué dans des contingences très locales, a totalement échappé à la logique d’appareils et de coalitions électorales. Alors qu’elle avait largement raflé la mise dans la commune lors des scrutins législatifs et territoriaux, la majorité territoriale Pè a Corsica n’a pas fonctionné à ce niveau-là. Cela ne la remet pas en cause pour autant. Mais, à un an des prochaines élections municipales, au moment où les états-majors commencent à s’échauffer sur les listes et où les candidats se pressent aux investitures, cela redit à tous, notamment aux partis, qu’il ne faut pas tout mélanger et que toutes les élections ne sont pas solubles dans le même moule. Dans les communes du rural, c’est le terrain qui parle et qui choisit, pas les partis. C’est l’ouverture qui paye ! C’est une leçon de rappel qui invite à méditer sur le choix des stratégies et des combinaisons d’alliances et à s’interroger sur la nécessité de redéfinir de manière plus individualisée, pragmatique et opportuniste, des futures majorités de territoires.
 
N.M.