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Eau potable : à Porto-Vecchio, la municipalité refuse de saler la facture de ses administrés


le Jeudi 15 Janvier 2026 à 16:55

En matière d’eau potable, les pollutions générées ainsi que les prélèvements en milieu naturel ont un coût qu’il incombe aux collectivités de répercuter sur la facture de leurs administrés, au titre des redevances pour la performance des réseaux d’eau potable et des systèmes d’assainissement collectif. Pour 2026, la facture aurait dû être un peu plus salée pour les Porto-Vecchiais, mais le conseil municipal a refusé, à l’unanimité, de leur faire supporter ce coût supplémentaire. Explications.



A Porto-Vecchio, pas question pour la mairie de faire supporter aux Porto-Vecchiais le surcoût lié aux réseaux et à l'assainissement.
A Porto-Vecchio, pas question pour la mairie de faire supporter aux Porto-Vecchiais le surcoût lié aux réseaux et à l'assainissement.
Chaque année, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (AERMC) réalise des simulations de coût, calculées sur la base de l’exercice précédent, relatives aux performances qu’elle constate sur les réseaux d’eau et des systèmes d’assainissement collectifs locaux. Pour Porto-Vecchio, l’AERMC a ainsi fixé à 130 048 € le montant supplémentaire que les Porto-Vecchiais sont censés lui reverser en 2026 (79 296 € pour les réseaux d’eau et 50 752 € pour l’assainissement collectif).

Douze euros en plus

L’adjoint aux finances, Jacky Agostini, a fait ses calculs « et, sur une facture de 120 m³/ an, ça représente une augmentation de 12 euros à l’année » par contribuable porto-vecchiais. Douze euros en plus, « ça peut sembler une somme futile, mais rajoutée à beaucoup d’autres, c’est énorme pour des ménages », a pointé le chef de file de l’opposition porto-vecchiaise, Georges Mela. Jacky Agostini est d’accord avec lui : « En vous présentant ce rapport, on vous propose de ne pas faire supporter pour 2026 l’intégralité de ces coûts additionnels aux usagers. » 

L’adjoint porto-vecchiais développe son argumentaire : « On veut préserver le pouvoir d’achat de nos administrés au regard du contexte économique. » Il y a aussi la volonté de ne pas en rajouter après la problématique épineuse de la sécheresse dans l’Extrême-Sud, qui a conduit en septembre.corsica/Le-barrage-de-l-Ospedale-asseche-le-manque-d-eau-inquiete-dans-l-Extreme-Sud_a86938.html à la prise de mesures restrictives d’économie d’eau, pour certaines toujours en vigueur. « Dans certains secteurs, l’eau était marron, a rappelé une conseillère de la majorité, Claire Rocca Serra. Des gens ont donc dû acheter de l’eau minérale pendant des mois. » Troisième raison à ce refus de répercuter ces coûts supplémentaires sur les Porto-Vecchiais : la commune est consciente que ses infrastructures ne sont pas à la hauteur des performances demandées en matière d’assainissement, et c’est bien pour y remédier qu’elle a engagé un programme pluriannuel d’amélioration et de sécurisation de ses infrastructures, qui doit aboutir à la construction d’une nouvelle station d’épuration à Capu di Padula.

Qui va payer ?

Dès lors, si ce ne sont pas les Porto-Vecchiais qui vont payer, ce ne sera pas non plus la municipalité, a écarté Jean-Christophe Angelini : « La puissance publique, elle ne peut pas tout supporter, tout assumer. Il y a des moments où on doit ajuster, générer des recettes… », a développé le maire, qui compte faire supporter ce coût supplémentaire à son délégataire de service public, la Société des eaux de Corse (Kyrnolia). « Des négociations sont actuellement menées avec le fermier afin d’examiner les modalités selon lesquelles une partie des coûts liés à l’amélioration de la performance des réseaux pourrait être cofinancée par ce dernier », énonce le rapport présenté aux élus, lundi soir. Ce que Jean-Christophe Angelini a traduit en ces termes diplomatiques, en séance : « Je le dis à Kyrnolia, qui nous regarde peut-être : "chers amis, on compte sur vous". »