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Développement économique : Les Chambres consulaires et l’ADEC se coalisent pour mieux aider les entreprises


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 13 Juillet 2017 à 23:43 | Modifié le Vendredi 14 Juillet 2017 - 02:22


Travailler ensemble, main dans la main, pour apporter un meilleur soutien aux entreprises et contribuer plus efficacement au développement économique de l’île, c’est le but de la Convention cadre de partenariat signée, jeudi après-midi, à Corte, entre les Chambres Consulaires, - les trois Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMAC) – et l’Agence de développement économique de la Corse (ADEC). Les principaux acteurs économiques insulaires ont décidé de mutualiser et de mobiliser leurs moyens dans le cadre du Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDE2I), voté par l’Assemblée de Corse le 14 décembre dernier, qui définit les grandes lignes de la politique économique territoriale pour les années à-venir. Avec des priorités comme l’appui aux porteurs de projet, l’aide aux entreprises en mutation ou en difficulté, l’économie de proximité et la coopération avec les intercommunalités. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean-Christophe Angelini, conseiller exécutif et président de l’ADEC, suivies des réactions des présidents et représentants des Chambres.


Jean-Christophe Angelini, président de l'ADEC, entouré des présidents des Chambres consulaires, Paul Marcaggi, Jean Dominici et Don François Nicolaï, et du représentant de la CMAC, Jean Grimaldi.
Jean-Christophe Angelini, président de l'ADEC, entouré des présidents des Chambres consulaires, Paul Marcaggi, Jean Dominici et Don François Nicolaï, et du représentant de la CMAC, Jean Grimaldi.
- Après le vote du SRDE2I, cette convention marque-t-elle un pas de plus dans les relations avec les acteurs économiques ?
- Oui ! Un pas de plus et un pas immense franchi en faveur du développement économique et social de notre pays. Jusqu’ici, les chambres consulaires et l’ADEC avaient une relation plus empirique, moins structurée, établie au fil de l’eau, avec une Chambre ou une autre, en fonction des circonstances… Désormais, l’élan est total ! Toutes les Chambres sont engagées dans le même mouvement avec un certain nombre de priorités, d’axes stratégiques clairement identifiés. En même temps, nous déployons des moyens humains et financiers en synergie et en concertation permanente afin d’obtenir, à court et à moyen termes, des résultats inédits pour l’économie de la Corse. En matière d’ingénierie et d’action publique dans le domaine économique, c’est une mutation d’ampleur qui est, aujourd’hui, ratifiée.
 
- Concrètement, qu’est-ce que cela change pour l’artisan ou le chef d’entreprise ?
- La lisibilité des aides sera accrue. Le maquis des aides aux entreprises dans des guichets éparpillés, que l’on a connu jusqu’ici, n’existera plus. Il y aura un guichet unique. Dès lors qu’un chef d’entreprise s’adressera à une Chambre ou à l’ADEC, il aura un interlocuteur unique, un référent, et un degré très clair de la ventilation des aides et des moyens. Cela permettra de gagner beaucoup de temps et de répondre, dans un délai très court, à la demande formulée. Notamment, sur des métiers partagés, des objectifs concrets : la reprise-transmission, l’aide aux entreprises en difficulté, la numérisation de l’économie… Par exemple, une action nouvelle sera déployée de manière très concrète : l’ADEC va engager entre 500 000 à 600 000 € par an, via le monde consulaire, au profit des entreprises qui seront candidates à des aides publiques.
 
- Les délais d’octroi des aides ont-ils été raccourcis ?
- Oui ! Ils sont raccourcis en amont et en aval. La présente convention permet aux CCI de se positionner en pré-instruction. Concrètement, il n’est plus utile d’aller uniquement à l’ADEC pour déposer un dossier, un chef d’entreprise peut le faire auprès d’une Chambre qui va pré-instruire le dossier et nous le transmettre. Un gain de temps en amont, et en aval ! Une fois le dossier instruit, le bureau de l’ADEC peut, lui-même, individualiser les aides économiques, ce qui n’était pas le cas par le passé. Cela l’est depuis le vote du SRDE2I alors qu’avant c’était le Conseil exécutif. En termes clairs, on passe en moyenne de 12 à 15 mois pour liquider à 2 à 3 mois !
 
- Quels résultats concrets attendez-vous de ce partenariat ?
- En matière économique, on ne peut pas s’attendre à des résultats au mois ou au trimestre. Il faut raisonner en termes d’années. D’ici à un an ou deux, le temps que le dispositif entre en vitesse de croisière, nous aurons les premiers résultats qui se traduiront par une meilleure transmission des entreprises, une meilleure détection des difficultés rencontrées, donc un meilleur accompagnement, en même temps, par une ventilation des activités financières plus ciblée et plus efficace. Sur le chapitre de la création d’activités, d’entreprise ou d’emplois, on va avancer plus vite. L’ADEC reçoit, en ce moment, 8 à 10 déclarations d’intention pas jour ! C’est considérable ! Ce n’était pas le cas avant ! Entre 2015 et 2016, la CADEC (Caisse de développement économique de la Corse) a reçu 50 % de dossiers de financement supplémentaires depuis l’ADEC.
 
- Qu’est-ce que cela signifie ?
- Une dynamique économique est à l’œuvre. Les efforts de l’ADEC, le SRDE2I, la simplification du règlement des aides, la stabilisation de l’incubateur, le dispositif Pattu Impiegu, le dispositif SFIDA pour les entreprises en difficulté, le Pattu Innovazione pour aider les entreprises dans le domaine  de l’innovation technologique… Tout ceci, mis bout à bout, commence à produire des effets.
 
- Comment allez-vous travailler avec les EPCI qui ont beaucoup de mal à démarrer, pour certaines ?
- Justement, il y a une double évolution. D’une part, la compétence Economie a migré des communes vers les intercommunalités (EPCI). D’autre part, la Collectivité territoriale (CTC) a été reconnu dans son rôle de chef de file de l’action économique sur tout le territoire avec un interlocuteur nouveau. Au carrefour de ces deux évolutions, il y a nécessité de repenser l’action publique économique avec les territoires. Conjointement avec les Chambres, nous allons territorialiser notre action par des antennes et des permanences au plus près des entreprises dans tous les territoires, et créer les conditions d’une information et d’une action économique au plus près des territoires.
 
- C’est très nouveau ?
- Oui ! Nous organiserons des journées territoriales d’animation et de sensibilisation sur les sujets du jour : entreprises en difficulté, la reprise transmission. Nous organiserons une permanence des outils financiers pour financer au plus près des réalités, les projets, les créateurs… Nous allons, à l’échelle des territoires, fixer deux ou trois grandes priorités que nous déclinerons, notamment dans un domaine que je n’ai pas cité : l’urbanisme commercial, la création de zones d’activités, de zones industrielles… Cet élan partagé permettra de territorialiser l’action économique et d’être au plus près de l’action économique et des porteurs de projet.
 
- Même dans des zones de l’intérieur ?
- Bien sûr ! On peut dans les régions de l’intérieur, pour peu qu’on ne sombre pas dans les dérives du passé avec un équipement souvent équivalent par village, mais qu’on mutualise résolument. On peut, y compris dans des zones rurales et de l’intérieur, avec la Collectivité et le Comité de massifs, et cette convention, organiser des moyens nouveaux. Pourquoi pas, des zones d’activités ou des pépinières d’entreprises ? Nous sommes en train d’instruire des dossiers sur Figari, Viggianellu, l’intérieur où il y a des zones d’activité pertinentes.
 
- A quelle échéance, la Corse peut-elle entrevoir un vrai développement ?
- C’est le combat d’une génération. Mais, dans la décennie, la Corse peut inverser un cycle économique qui, jusqu’ici, n’était pas un cercle positif. Il était marqué par une économie dominée par la rente, largement dépendante de deux ou trois activités, et qui connaissait et connaît encore un taux de précarité et de sinistralité des entreprises, et des difficultés de toute natures. Le mouvement, que nous continuons d’engager, va commencer à produire ses effets. La décennie, qui suit, permettra d’accéder totalement à une économie ouverte sur le monde, une économie de prospérité et de partage et, je le crois résolument aussi, à une économie de plein emploi. Cela reste l’objectif de l’ADEC.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Réactions des chambres consulaires

Jean Dominici, Président de la CCI2B : « Un instrument précieux pour faire mieux ensemble »
« Cette convention sera un instrument précieux qui nous permettra de dépasser nos convergences naturelles et spontanées et de travailler de manière plus méthodique et organisée. La méthodologie précise, que nous suivrons à partir d’aujourd’hui, sera exemplaire et mettra en conjugaison les leviers respectifs de l’ADEC et des chambres consulaires, que ce soit sur le  plan humain, matériel et naturellement financier. Les axes de coopération sont nombreux, complémentaires et strictement définis en application des orientations du SRDE2I auquel vous avez eu la grande sagesse de nous associer étroitement. Ils iront de l’appui aux porteurs de projet à la création au développement et à la reprise ou transmission, au soutien des entreprises en mutation ou en difficulté, en passant par l’économie de proximité, l’organisation d’actions de promotion de nos territoires, la digitalisation ou encore l’internationalisation de notre économie et de nos entreprises. Nous allons dorénavant faire mieux, nous allons faire plus, et nous allons faire ensemble ! Ainsi, nous allons très rapidement concrétiser avec les communautés de communes, qui ont déjà manifesté leur intérêt pour ce partenariat, des conventions tripartites afin de nouer solidement l’ensemble des actions publiques en faveur de l’économie sur chaque territoire ».
 
Paul Marcaggi, président de la CCI 2A : « Une action au service des territoires et de leurs projets »
« Cette convention représente une grande espérance pour le maillage de toutes les microrégions. Le lieu de sa signature, Corte, est important. C’est une première parce qu’on peut parler de territorialisation. Cette convention consacre l’expertise de chacun en matière d’entreprise. En tant que CCI, nous avons vocation à travailler sur les dossiers en amont, nous avons commencé à le faire depuis des années, et nous sommes, aujourd’hui, détenteurs d’un savoir-faire qui donne déjà des résultats. Grâce à ce savoir-faire, nous pourrons, aussi, accompagner les intercommunalités. Notre défi est de mettre notre action au service des territoires et de leurs projets ».
 
Christophe Graziani, Directeur des entreprises et des territoires de la CCI 2B : « Un guichet unique pour trouver toute l’information disponible »
« Cette convention va changer complètement la donne et les habitudes de travail. Un schéma régional a été adopté, il donne les grandes lignes de la politique économique territoriale pour les années qui viennent. Les principaux acteurs du développement économiques vont, désormais, travailler de concert pour la mise en musique de ces politiques. Cela change beaucoup de choses ! Les premiers ravis sont les entreprises, les commerçants, les artisans... Concrètement, la mise en application d’un dispositif se fera, désormais, de manière concertée par le biais d’un guichet unique, un interlocuteur, des supports identiques, des échanges d’information entre les services… En un seul point, nos ressortissants trouveront toute l’information disponible. Ils gagneront du temps et seront plus efficaces. Les principaux leviers d’intervention ont été listés. Un gros travail est à faire sur les transmissions-reprises : 8 000 entreprises sur les 20 000 que compte la Corse sont à transmettre ou à reprendre dans les 10 ans. Créer c’est bien, mais il faut travailler à maintenir l’existant. La digitalisation de l’économie et l’utilisation du numérique, c’est également très important. Le soutien des entreprises en difficulté, la mutation économique… Tous ces sujets sont interdépendants et d’égale importance. C’est la même chose avec les intercommunalités avec lesquelles nous avons déjà signé des conventions. Des projets très concrets sortiront dans les semaines et les mois qui viennent. Le but est d’être au plus près des territoires ».
 
Denis Bellaiche, secrétaire général de la CMAC : « Le but est de définir une offre de services globale et homogène »
« Cette convention est la continuité d’un travail que nous avons effectué avec les Chambres de commerce avec qui nous avons défini des priorités sur le territoire. Comme c’est une convention triennale, elle permet une visibilité sur trois ans et nous donne les moyens d’être plus pertinents auprès des entreprises. Nous allons travailler avec les CCI pour proposer une offre de services globale qui portera, à la fois, sur l’économie et sur la formation. Nous mettrons, à cet effet, tous les moyens dons nous disposons. La Chambre régionale des métiers est engagée dans cette démarche pour offrir aux artisans des services homogènes sur toute la Corse. Pour cela, un travail est effectué depuis 2015 et pourrait aboutir, très prochainement, en 2018, à une disparition des Chambres départementales au bénéfice de la Chambre régionale. C’était la volonté de feu François Gabrielli qui était un président très attaché à une offre de services de proximité pour les artisans. Il s’était investi pour défendre les entreprises en difficulté. C’était l’une de ses priorités ».
 




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