La grève des marins CGT de Marseille est officiellement terminée. Jean-Félix Acquaviva, président de l’Office des transports de la Corse, a annoncé que la levée de la grève était imminente après plusieurs heures de discussions lors d’une table ronde multipartite. La réunion, qui a réuni les syndicats (CGT, SAMMM, STC), les compagnies Corsica Linea et La Méridionale, l’Office des transports et des représentants socio-économiques, a débuté en fin de matinée et s’est poursuivie jusqu’en fin d’après-midi. « On est arrivé à un protocole d'accord de sortie de fin de grève qui a été présenté et adopté par l’Assemblée générale de la CGT », explique Jean-Félix Acquaviva.
Il détaille : « L’Office des transports de la Corse n’a pas compétence sur les lignes du Maghreb, mais on ne peut pas se désintéresser de ces lignes dans la mesure où les compagnies exercent sur le Maghreb entre Sète
et le Maghreb, comme entre Marseille et le Maghreb, et que si la viabilité économique de ces compagnies sont atteintes par une prédation économique ou un dumping social d'une compagnie un peu low cost, on risque d'avoir un contrat de délégation de service public maritime que l'on gère de notre côté qui risquerait de ne plus être appliqué, faute d'opérateurs. De ce point de vue-là, on a dit qu'on voulait être médiateur et facilitateur d'une sortie de crise sur le Maghreb. »
La réunion a également été l’occasion pour l’Office des transports de la Corse de détailler ses engagements pour l’avenir de la continuité territoriale maritime. « On a proposé de ne pas attendre pour relancer des travaux publics dès le 25 février en séance tenante, pour faire évoluer ou anticiper l'évolution de la continuité territoriale maritime d'ici 2030 et pour l'après 2030, en posant sur la table l'ensemble des sujets : le devenir de l'outil naval, le financement pluriannuel de la dotation de continuité territoriale afin de le rendre pérenne, parce que pour l'instant, on attend l'officialisation de la rallonge de 60 millions d'euros cette année, mais on ne peut pas attendre chaque année pour savoir si on aura les moyens suffisants pour faire naviguer les bateaux, pour faire voler les avions. »
Jean-Félix Acquaviva poursuit : « Nous voulons également discuter de l'adaptation de la fiscalité environnementale ETS pour l'adapter à l'insularité, avec une exemption au départ à négocier à Bruxelles avec l'État français, éventuellement en donnant la main à la Sardaigne qui est d'accord, depuis une réunion qu'on a tenue hier, de faire force commune pour demander cette exemption à Bruxelles et pour adapter le système de décarbonation des navires à l'insularité. »
Il indique que l’Office des transports de la Corse « sera engagé dès le 25 février jusqu'au mois de juin ». « On aura une réunion avec le ministère des Transports, et on va prendre des initiatives pour l'exemption de la fiscalité ETS avec les deux états italiens et français pour arriver à une résilience de la directive, comme le demandent les acteurs économiques et sociaux, et arriver à un système plus adapté, parce que pour l'instant, les prix repartent à la hausse à cause d'une fiscalité qui est pénalisante pour l'ensemble des Corses, et nous n'avons pas à avoir ce caractère pénalisant, parce que c'est inadapté à l'insularité d'une part, et aussi au système de continuité territoriale. »
Pour rappel, les marins CGT de Marseille étaient entrés en grève lundi pour protester contre les autorisations accordées à la GNV et à la Corsica Ferries, qui opèrent sous pavillon international, notamment sur les lignes France-Maghreb et certaines dessertes de la Corse, hors cadre des obligations ou délégations de service public. Mercredi soir, les marins grévistes du SAMMM étaient entrés à leur tour dans le mouvement en retardant de plusieurs heures le départ pour Toulon de deux navires de la Corsica Ferries à Ajaccio et Bastia.
Le mouvement de colère s’était poursuivi jeudi avec le déroutage de deux navires de la Corsica Ferries vers Propriano et L'Ile-Rousse après avoir été empêchés d'accoster à Ajaccio et Bastia. Une réunion de conciliation s’était tenue jeudi matin à la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille avec les syndicats, les directions de La Méridionale et de la Corsica Linea et un membre du cabinet du ministère des Transports. Pas satisfaits des réponses apportées, les marins avaient continué leur mouvement de grève.
Face à cette situation, le ministère des Transports avait annoncé jeudi soir la désignation de deux médiateurs, Bernard Mazuel et François Lambert, « afin d'animer une consultation (...) pour définir des axes structurants donnant des perspectives concrètes sur le court et moyen terme aux acteurs concernés ».
-
Lucciana - 50 sépultures découvertes à San Parteo, mille ans d’histoire révélés
-
Festival du cinéma italien de Bastia - Avec « Criature », Cécile Allegra nous plonge dans la Camorra napolitaine
-
Handball N2 - Corte – Ile-Rousse à l’épreuve du leader marseillais
-
Crise des transports maritimes : La Corsica Linea appelle à "une reprise immédiate de l’activité"
-
Grève dans les transports maritimes entre la Corse et Marseille : le gouvernement nomme deux médiateurs









Envoyer à un ami
Version imprimable




