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Corse in Fronte : "Aujourd'hui seule la Corse parle de paix…"


Rédigé par Marie MAURIZI le Samedi 10 Février 2018 à 23:07 | Modifié le Dimanche 11 Février 2018 - 00:13


Core in Fronte lors d'une conférence de presse à Ajaccio ce samedi, a donné son sentiment sur la visite d’Emmanuel Macron en Corse. Le mouvement n'attend rien "d'un État qui de tout temps c'est toujours comporté comme un État colonial, niant par là même les principes internationaux du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".


Corse in Fronte : "Aujourd'hui seule la Corse parle de paix…"
"La Corse, ne veut pas être considéré comme des îles des DOM TOM, elle veut avoir un statut d'autonomie avec un pouvoir législatif comme les îles de méditerranée. Le président Macron veut une loi littoral  allégée, qui ouvrira la porte, entre autre, à la spéculation" : Paul-Felix Benedetti l'a bien souligné, son groupe, ne laissera pas faire n'importe quoi.   

De l'Europe, le militant attend un audit historico-économique sur la situation de la Corse et l'examen juridique des droits internationaux à la souveraineté des Corses.
Il s'explique: "la Corse n'est rattachée à la France que, par  un traité secret entre Gêne et le Royaume de France qui n'a jamais été validé au niveau international. Ce traité avait des closes suspensives de rachat, serait-il possible que des collèges d'experts se penchent sur le sujet? La seule  expertise proposée est celle sur la pertinence de l'enseignement du corse dans les écoles et de savoir où vont les 9 millions d'euros donnés par l'Etat... c'est scandaleux!"


 

Pè una Corsica fata da per noi
A la suite de la visite du président de la République française, en Corse, Core In Fronte "considère le discours d'Emmanuel Macron comme non acceptable et néocolonial, même si celui-ci était prévisible après la visite de Mme Gourault en janvier dernier à Aiacciu.
L'affront et la provocation sont à a hauteur de tous ceux qui ont pensé, naïvement, qu'Emmanuel Macron était un homme politique moderne, grondin voire ami de la Corse. Le pacte Girondin n'est d'ailleurs qu'un terme vide de sens et une référence franco-française auquel nous préférons le pacte paoliste."

 

"Plutôt que de rentrer dans une phase de résolution politique d'un conflit de plus de 40 années à laquelle la majorité des Corses aspire, le président Macron en attise les braises encore chaudes et, à l'apaisement proposé par la Corse, oppose le mépris républicain français. La présence de certains personnages dans la délégation présidentielle démontre, à elle seule, le chemin qu'il compte emprunter et qui est celui bien connu des colonies françaises, de la fermeté."
Pour Core in fronte "la proposition d'Emmanuel Macron confirme la justesse" de son analyse politique "et témoigne que nous n'avons rien à attendre d'un État qui de tout temps c'est toujours comporté comme un État colonial niant, par là même, les principes internationaux du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes."

 

Toujours selon le mouvement "avec l'assouplissement potentiel de la loi littoral, il renoue aussi avec la stratégie grossière visant à annihiler le peuple corse, l'écrasant sous le poids de l'argent roi et l'arrivée massive d'étrangers fortunés".
A ce titre, Core in Fronte  "réaffirme son soutien inconditionnel aux associations de défense de l'environnement ( U Levante, U Polpu, ABCDE ...) qui défendent au quotidien l'intégrité et l'inaliénabilité de notre patrimoine naturel. Nous serons toujours à leurs côtés en toutes circonstances."

 

Sur la question des prisonniers politiques, une fermeture totale sur l'amnistie est à présent actée. Core in Fronte ne l'avait au demeurant jamais demandé.
Nous ne pouvons accepter cependant qu'une vengeance d'État soit de règle, notamment pour les membres du commando Érignac. Au-delà des faits, aussi graves soit-il, rien ne justifie à leur encontre des décisions uniques au plan judiciaire.
La France doit appliquer ses propres règles, et libérer les patriotes corse au terme de leur période de sûreté sans les soumettre à la réglementation du FIJAT qui assimile des militants politiques à des terroristes islamistes.

 

Finalement rien de nouveau, si ce n'est qu'en conscience et en responsabilité, les Corses commencent à sortir du brouillard après 250 ans d'aliénation. Ils l'ont d'ailleurs démontré aux dernières élections territoriales, au deux tours du scrutin, mais aussi avec sérénité et détermination dans la rue le 3 février dernier.

 

Aujourd'hui, seule la Corse parle de paix, laissant la France poursuivre sa politique coloniale et répressive. Or il est temps de comprendre, collectivement, qu'aucun dialogue réel, qu'aucun processus de paix, ne peut être unilatéral et que la France n'a jamais eu l'intention de négocier quoi que ce soit. En tant que force d'occupation, elle inventera toujours les règles du jeu en fonction de ses intérêts propres.

 

La société corse devra se mobiliser au quotidien, pour refuser l'assimilation politique et culturelle à laquelle, elle est promise. La Corse doit définir son propre rapport au Monde, sans passer par le prisme français. Elle doit refuser le rouleau compresseur libéral, dont Emmanuel Macron est un chantre.Une mobilisation internationale sera aussi nécessaire pour dénoncer la faillite de la démocratie française qui ressemble de plus en plus à l'Espagne de Rajoy ou à la Turquie d'Erdogan.

 

Core in Fronte prendra toute sa place dans ce chantier à venir, et appelle l'ensemble des forces patriotiques à la convergence des luttes pour oeuvrer ensemble à l'invention de notre propre modèle de société, à notre propre contrat social libérateur pour l'individu et l'ensemble du peuple corse.

Nous réaffirmons notre attachement indéflectible aux fondamentaux de la lutte nationaliste issue de "A leva di u settanta" avec pour objectif final la souveraineté, seule source de progrès pour la Corse, par un processus par étape passant, dès 2022 par une autonomie de plein droit avec pouvoir législatif et fiscal, avant un processus d'autodétermination à l'horizon 2032.

 

En attendant, nous devons, dès aujourd'hui commencer à construire notre Nation dans tous les domaines: l'énergie, avec une option sur le renouvelable tournant le dos aux énergies fossiles, l'eau, avec une politique de grands travaux, l'éducation, avec un modèle alternatif en immersion totale, la santé, les déchets, la création d'une banque publique, un renforcement du PADDUC la mise en place d'une agriculture productrice..."





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