Après Miomo, Olzu ou encore Théoule-sur-Mer, c’est à Santa Severa que Stella Mare, la plateforme de l’Université de Corse, a relâché des oursins violets ce lundi. Aux abords de la marine de Luri, 70 000 juvéniles ont été remis à l’eau, à moins de trois mètres de profondeur, dans le cadre du projet SPINA II, financé par le fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture. « C’est vraiment l’aboutissement de plusieurs années de travail », explique Pierre-Mathieu Nicolaï, directeur de Stella Mare. « On travaille sur l’oursin depuis pratiquement 15 ans, et depuis plusieurs mois à Luri avec la commune. »
La zone n’a en effet pas été choisie au hasard : « On avait une zone ici qui était très riche historiquement en oursins, mais on a une baisse des stocks assez importante depuis quelques années », précise-t-il. « On voit des personnes d'un certain âge qui nous disent qu'il y a une quarantaine d'années, la difficulté était de rentrer dans l'eau sans marcher sur un oursin, mais aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il y en a vraiment très peu. C'est constaté par les habitants, par les pêcheurs récréatifs, les pêcheurs professionnels… »
Pour tenter d’enrayer ce phénomène, les scientifiques ont mené une reproduction en milieu contrôlé. 50 oursins adultes ont été prélevés il y a un an afin d’être reproduits en écloserie dans les locaux de Stella Mare. « Aujourd'hui on ramène les bébés, les 70 000 juvéniles d'oursins qu’on va remettre à l’eau. » Et pour maximiser leurs chances de survie, le site a été minutieusement préparé. « On a fait plusieurs repérages, notamment avec des drones et en installant des bouées », détaille Romain Bastien, responsable d'ingénierie. « Au fur et à mesure, on les met dans un bac qui permet de les endormir pendant deux ou trois minutes, et une fois que c’est fait, on amène les caisses aux plongeurs qui vont répartir les oursins à la main au fond de l’eau, dans des endroits où ils peuvent se cacher. »
Une opération qui s’étale sur plusieurs heures. « On a commencé en fin d’après-midi, et ça va se poursuivre jusqu’à ce soir, probablement vers minuit. Le fond a été marqué volontairement pour ne pas repasser deux fois au même endroit et être très efficace la nuit pendant le relâché, mais c’est une opération assez longue quand même, et il faut des gens aguerris pour pouvoir le faire correctement. Ça demande quand même un peu de technique parce qu’il faut être capable à la fois de plonger, de gérer son équipement, son matériel, et de faire cette action de restauration, de ne pas être repassé au même endroit. »
Un suivi régulier
Relâcher les oursins ne constitue que la première étape. Dès les prochains jours, un suivi scientifique sera mis en place afin d’évaluer la survie et la croissance des juvéniles. « On a des équipes de plongeurs, et il y aura des suivis à J3, J5, J7 et ensuite tous les mois », poursuit Pierre-Mathieu Nicolaï. « On a marqué les oursins avec une technologie qu'on a développée à Stella Mare, et on peut voir avec de la fluorescence quels oursins sont les nôtres, lesquels sont totalement sauvages, et ça nous permet de voir les taux de survie et aussi les taux de croissance de nos oursins. »
Dans leurs dernières opérations, « il y avait entre 5 et 20 % de taux de survie ». « Ça peut paraître peu quand on le dit comme ça, mais c’est énorme, parce que les oursins, une fois qu'ils vont survivre, vont devenir adultes, ils vont pondre à leur tour, et on réamorce un cercle vertueux. On est sur une expérimentation, on est là pour les observer et voir comment ils vont se comporter, grandir et recoloniser la zone. Et demain, quand on aura vraiment plus de données, on pourra imaginer des restaurations qui seraient encore plus passives et surtout plus adaptées aux besoins du territoire de chaque zone spécifique. »
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