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Conseil municipal d’Ajaccio : Les finances, le parking et la Madunuccia qui veille…


Rédigé par José Fanchi le Mardi 10 Mars 2015 à 10:58 | Modifié le Mardi 10 Mars 2015 - 11:08


Trois dossiers importants ont été débattus lundi soir au conseil municipal. Le square Campinchi dont on espère à la Maison Carrée une sortie vers le haut et des frais que l’on disait mirobolants qui pourraient s’avérer « normaux », des audits organisationnel et financier dont il faudra impérativement tenir compte et enfin les festivités de la ville, « A Madunuccia » ouverture de la saison estivale de la cité impériale rehaussée par la présence du Cardinal Mamberti et le retour des « Magnifiques Anciens » afin de renouer avec une vieille tradition


Conseil municipal d’Ajaccio : Les finances, le parking et la Madunuccia qui veille…
Les affaires reprennent à la mairie. Les dossiers sont ouverts et chacun s’affaire autour du maire pour avancer, travailler, redonner vie à la ville, aux affaires, et assurer la pérennité de la cité pour les décennies à venir. Ce ne sera pas une mince affaire, chacun en est parfaitement conscient, mais c’est à ce prix que la nouvelle équipe en place pourra tenir ses promesses de campagne.
Avant le début de la séance de lundi, Laurent Marcangeli a tenu à rendre hommage à Paul Bertolucci, ancien footballeur de la Grande Epopée du GFCA et ancien élu de la ville, disparu il y a quelques jours. Une minute de silence a été observée par l’assemblée.  
 
Un an avant de récupérer le parking Diamant
A commencer par le square Campinchi, ce dossier de DSP qui a fait couler beaucoup d’encre et entraîné bien des débats depuis des mois. Après quelques semaines  d’hésitation, le conseil municipal a voté lundi soir un rapport de « report de résiliation de contrat »  avec les explications de Laurent Marcangeli : « La mairie récupère enfin le square Campinchi et le parking Diamant, sans pour autant renoncer au mode de gestion. Le contrat qui lie la ville à Q-Park doit prendre fin ce 12 mars, mais la ville n’est pas prête à gérer le parking Diamant. Si nous disions aux Ajacciennes et Ajacciens que nous étions prêts à le faire, ce serait pur mensonge. Il faudra donc reporter la date butoir d’une année et Q-Park continuera d’exploiter le parking jusqu’au 12 mars 2016. Les profits et économies réalisés seront bien entendu déduits des indemnités qui devront être versées à la société au moment de la résiliation du contrat. »
 
Sortir du chemin de croix…
Pour revenir au square Campinchi, il va très rapidement faire l’objet d’un gros « toilettage » dans un premier temps, cela courant avril ou tout début mai. Le député-maire a expliqué : « Nous voulons faire vite car la saison approche. Il y a bon espoir que nous sortions de ce dossier en toute transparence. Nous serons, je pense, en mesure de sortir d’un « chemin de croix » avec une solution équilibrée et raisonnable. J’ai bon espoir. Les rapports avec la société Q-Park, en dépit de la rupture, sont emprunts de respect et de responsabilité :
 
  1. Cette délibération vient de manière définitive affirmer qu’il n’y aura pas de parking sous-terrain. Le mois prochain, nous créerons un parking d’environ 220 places payantes pour que chacun y trouve son compte. Nous espérons ainsi affronter la saison estivale dans les meilleures conditions. Les engagements seront tenus.
  2. En ce qui concerne l’exploitation du parking Diamant, la ville en sera la gestionnaire mais cela se fera dès l’an prochain. Dans cette affaire, il faut que notre ville sorte par le haut. Nous sommes en pleines négociations et espérons d’ici peu voir le bout du tunnel dès lors qu’un accord sera intervenu sur le montant d’indemnisation avec la société. Des négociations discrètes sont menées actuellement et le conseil municipal sera informé de la marche de ce dossier. Dernier point, en ce qui concerne les sommes mirobolantes annoncées qui devraient être versées à Q-Park. Il n’en est rien. Un principe d’échéancier sera donc établi et s’il fallait envisager un autre scénario (justice) nous serions prêts à le faire à défaut d’autre solution.
  3. Le square Campinchi reprendra vie, il redeviendra le lieu de plaisir des Ajacciens, lieu où la qualité de vie sera présente. Ce qui sera fait le sera dans l’intérêt général.
 
« Magnifiques Anciens »le retour
On ne va pas revenir sur la fête de Notre Dame de la Miséricorde, grand événement de la cité impériale cher à tous les Ajacciennes et Ajacciens. Le 18 mars prochain, avec l’accord du Conseil Municipal, en présence de son Eminence le Cardinal Dominique Mamberti, préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique et de son Excellence Monseigneur Olivier de Germay, Evêque de Corse, Laurent Marcangeli et ses adjoints renouvelleront solennellement la délibération du 15 novembre 1656, proclamée le 18 mars 1660 en la cathédrale d’Ajaccio, des cinq Magnifiques Anciens : Gio Valerio Colonna, Girolamo Scaffa, Pietro Sportino, Girolamo Pozzo di Borgo et Gio Battista Sambuceto.
Cette annonce a fait l’objet d’un débat entre le maire et l’ancien premier adjoint Paul-Antoine Luciani, cela à propos du vœu solennel des Magnifiques Anciens lors des cérémonies officielles d’ « A Madunuccia. »
Laurent Marcangeli souhaite que ces vœux qui s’adressent à la Vierge Marie Protectrice de la ville reviennent au goût du jour et soient donc prononcés comme le veut la tradition par le maire et ses adjoints.
Cela ne semble guère réjouir Paul-Antoine Luciani qui évoque la « superstition qui mène directement  vers des acquis républicains. » Lui-même a reconnu avoir participé aux cérémonies de la Miséricorde : « Cela reste avant tout une affaire personnelle… »
Peut-il y avoir accord entre les deux hommes ? Certainement pas mais bon…
La majorité a voté. L’opposition a joué de la non participation et du contre.
E cusi sia !
 
Contexte organisationnel complexe
Les audits commandés par le maire l’année dernière ont donc été rendus publics lundi soir et commentés par Marc Simeoni de la société Consultig, associé à Finance Consult. Le maire a présenté ces audits comme étant des outils indispensables destinés à permettre à des élus éclairés de prendre des décisions pour le bien commun des Ajacciens.
« Il y a malaise » certes, un malaise organisationnel grandissant a déclaré  Marc Simeoni qui s’est penché sur un ensemble de documents et travaillé avec une cinquantaine d’agents et autres contributions.
Une tâche difficile a assuré le commentateur tant au niveau du service de Ressources Humaines que des effectifs et du manque de personnel d’encadrement. Les consultants ont également pu observer les difficultés à justifier et à apporter des éléments de réponses cohérents aux grandes évolutions et fluctuations des heures supplémentaires et surtout les cas de longue maladie qui ont augmenté de 58,6% entre 2011 et 2013.
D’autres remarques ont été mises en exergue comme par exemple le manque de cohérence dans la constitution des niveaux hiérarchiques, l’absence de postes clefs non pourvus aux plus hauts niveaux hiérarchiques et autres problématiques organisationnelles.
Au final, un contexte financier difficile, un climat de travail complexe, une implication professionnelle émoussée mais prête à renaître, un système organisationnel insuffisamment informatisé, une absence de schéma général d’intégration de l’organisation, une structure opérationnelle cloisonnée, une circulation défaillante de l’information, absence de concertation etc.   
 
Finances dans le rouge !
La situation financière n’est guère reluisante, chacun en est conscient. Consult Finance précise une très nette dégradation de la situation financière de la ville, cela étant lié à une hausse des dépenses et surtout une baisse des recettes. Une liste des recommandations a été dressée. Elle est importante et prendra du temps pour sa mise en place. En ce qui concerne les dépenses de fonctionnement, il faudra parvenir à maîtriser les ressources humaines et contenir les subventions versées aux établissements publics locaux. Pour ce qui est des recettes, il convient de revoir la politique tarifaire de la ville  ou les taux d’abattement et bien entendu, envisager l’augmentation des taux sur le foncier bâti et non bâti.

Le point de vue du député maire
« Nous tirons de ces audits une forme de confirmation. Les critiques que nous avions formulées lorsque nous étions dans l’opposition s’avèrent réelles. Elles ne constituent pas en elles-mêmes un motif de satisfaction, bien au contraire. Ces audits constituent un instrument que nous allons mettre au service de la politique que nous allons devoir mener. Elle est contrainte par les situations financières de la ville, par l’état dans lequel nous sommes au niveau national avec le recul des dotations. Nous allons réformer et moderniser notre administration, en permettant qu’elle serve au mieux les intérêts de la ville et de ses habitants, qu’elle réponde à son obligation de service public, et que celles et ceux qui travaillent le fassent dans de bonnes conditions et bien entendu, faire en sorte que la structure financière de la ville soit plus saine. L’audit présenté aujourd’hui montre un certain nombre de rigidités, de maux dont la ville souffre, et pour arranger cela, il faut changer de méthode, cela le plus rapidement possible. Nous voulons d’ailleurs le faire dans le cadre du débat d’orientation budgétaire qui aura lieu prochainement. Cet audit, ce n’est pas une condamnation, un réquisitoire, c’est un point de départ, c’est juste une photographie de la situation dans laquelle se trouve Ajaccio aujourd’hui. A nous de nous montrer suffisamment performants en tant que majorité municipale. »
J. F.     




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