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Conférence sociale : La charte des prix bas a-t-elle été appliquée par la grande distribution ?


Nicole Mari le Jeudi 28 Novembre 2019 à 19:15

Les Gilets jaunes affirment que la charte des prix bas, issue de la Conférence Sociale et signée par les représentants insulaires de la grande distribution, n’aurait toujours pas été appliquée. Deux questions orales, posées en ouverture de la session des 28 et 29 novembre à l’Assemblée de Corse, ont interpellé le président de l’Exécutif à ce sujet. Gilles Simeoni a répondu par un point d’étape et livré les résultats d’une étude effectuée sur les trois derniers mois, qui certifie la baisse des prix dans la plupart des hypermarchés signataires. Il affirme que le dispositif sera amélioré et donne rendez-vous à la prochaine conférence sociale qui se tiendra en janvier 2020.




Photo Michel Luccioni.
Photo Michel Luccioni.
Le pavé dans la mare a été lancé, le 16 novembre dernier, par les Gilets jaunes, mobilisés pour fêter leur premier anniversaire : la charte, garantissant les meilleurs prix sur un panier de 233 produits de première nécessité et signée en grande pompe le 29 mars dernier par la Collectivité de Corse et les représentants insulaires de quatre grandes enseignes de distribution - Leclerc, Carrefour, Auchan et Casino - n’aurait pas été appliquée. Les signataires s’étaient, pourtant, engagés à la mettre en œuvre sans délai. C'était une mesure emblématique, pour ne pas dire une avancée majeure obtenue par la « Conférence Sociale pour le respect des droits fondamentaux des citoyens de Corse » que l’Exécutif corse, avec le CESEC (Conseil économique, social, environnemental et culturel de la Corse) et l’Assemblée de Corse, avait engagée dès les premières mobilisations des Gilets jaunes. Ce mouvement s’était élevé contre l’explosion des prix du carburant, arrivés à un niveau jamais atteint, et contre la flambée des prix des biens de consommation qui maintient les ménages les plus modestes de l’île dans la précarité. Qu’en est-il et que s’est-il passé ? Lors des questions orales, jeudi matin, à la session de novembre de l’Assemblée de Corse, deux élues de la majorité - Muriel Fagni pour Femu A Corsica et Laura Furioli pour Corsica Libera - ont demandé des explications à l’Exécutif.

Muriel Fagni. Photo Michel Luccioni.
Muriel Fagni. Photo Michel Luccioni.
Des inquiétudes partagées
Muriel Fagni presse l’Exécutif de faire, « pour rassurer la population », un point d’étape global. « Cette Conférence sociale a donné lieu à d’importants travaux associant les collectifs citoyens de lutte contre la précarité et les acteurs économiques concernés, et a abouti à la rédaction d’une résolution solennelle, votée à l’unanimité par l’Assemblée de Corse. La résolution a permis de présenter un diagnostic partagé et des propositions communes pour lutter contre la précarité avec l’engagement des grandes enseignes corses de la distribution. Cela montre une fois de plus les spécificités sociétales d’une Corse qui a travaillé main dans la main avec ses responsables politiques dans un format innovant, lequel a permis de déboucher sur des actions concrètes. Aujourd’hui, nous partageons les inquiétudes des Gilets jaunes. C’est pourquoi, il nous semble important de faire publiquement un premier bilan en la matière ».
Dans la foulée, Laura Furioli s’axe sur le suivi des prix en grande distribution. « Dans la pratique et pour plus de visibilité et de transparence, devait donc être apposé, aux produits concernés, un autocollant jaune, signe pour le consommateur du respect des engagements pris par l’Assemblée de Corse et la grande distribution. Or, cette mesure n’a, pour l’heure, toujours pas été mise en œuvre. Pouvez-vous nous indiquer à ce jour, les mesures d’ores et déjà mises en place, nous éclairer sur d’éventuels blocages, et nous détailler les mesures à venir afin de s’assurer de l’effectivité de cette charte ? ».

Gilles Simeoni. Photo Michel Luccioni.
Gilles Simeoni. Photo Michel Luccioni.
Un logo Gilets jaunes
Avant de répondre directement, le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, revient sur l’historique des démarches entreprises, notamment la création de deux groupes de travail chargés d’élaborer « un diagnostic identifiant les raisons des surcoûts et de proposer des mesures concrètes permettant de supprimer ou de compenser le différentiel de prix entre la Corse et le continent. A la différence de ce que l’on a pu voir ailleurs, nous nous sommes emparés de cette problématique et décidé d’apporter ensemble une réponse politique à la hauteur des problèmes. Nous avons obtenu des engagements forts de quatre grandes enseignes à opérer une diminution du coût par rapport à la valeur seuil où se situent au moins 25% des prix les plus bas. Le 29 mars, nous avons signé la charte avec 21 magasins. Avec une réserve, certains Leclerc n’appliquent pas la charte, les magasins étant des franchises, Leclerc ne peut les obliger. Je rappelle que le principe de la charte est basé sur un engagement volontaire. Le 3 juin, nous avons créé et transmis aux enseignes le logo rappelant le dispositif qui devait être apposé sur les 233 produits du panier ». Ce fameux logo, constitué d’un gilet jaune avec la tête de maure et le slogan « A bon pattu », que les Gilets jaunes cherchent en vain.
 
Une baisse des prix
Le président Simeoni rappelle également qu’un suivi des prix a été confié à Corsica Statistica, un service d’analyse de l’ADEC, et à l’opérateur indépendant Nielsen. Le but est d’effectuer des relevés mensuels pour contrôler si les baisses ont bien été appliquées sur les produits dit secs, les produits frais devant, comme le prévoit la charte, tenir compte de la politique des prix des producteurs corses, leur baisse des prix se fera par étape. Les premiers relevés sont tombés en septembre, deux autres ont été effectués en octobre et novembre. « Plus de 3600 prix par mois ont été relevés dans les 21 magasins des quatre grandes enseignes. Il apparaît que le nombre de produits, qui ont une valeur inférieure ou égale au 1er quartile (25% des prix les plus bas) a augmenté sur les 3 mois : sa part est passée de 55% en septembre à 69% en novembre. L’analyse du prix global du chariot de produits par magasin met en évidence la bonne tenue des enseignes par rapport aux prix pratiqués sur le continent puisque 15 des 21 établissements se classent parmi les 25% les moins chers de France ». Si la situation est très contrastée entre les magasins, l’analyse montre « une vraie volonté, même si elle reste progressive, de respecter les engagements. La part des prix parmi les moins chers de province augmente peu à peu. Elle atteint même 90% pour deux enseignes », explique Gilles Simeoni.
 
Des engagements tenus
La baisse dépend néanmoins de la taille des magasins : « La part de produits dont la valeur est inférieure ou égale au 1er quartile de prix est de 74% en hypermarchés, mais seulement de 36% en supermarchés ». Entre octobre et novembre, toutes marques confondues, les deux circuits de vente affichent une même tendance à la baisse des prix : « Les prix des produits de grande consommation vendus en grande distribution sont globalement en baisse, de l’ordre de 0,2%. De fait, les distributeurs locaux, qui se situaient déjà dans des fourchettes de prix raisonnables au regard des prix relevés sur le continent, voient la part de produits vendus sous le seuil des 25 % les moins chers du continent augmenter une fois de plus », conclut le président de l’Exécutif. L’engagement est, donc, tenu, estime-t-il, pour une démarche qui se met en place par étape. « Le suivi dans le temps du dispositif permettra d’adapter son fonctionnement. L’objectif est de mobiliser plus de magasins dans les semaines à-venir et de travailler sur le frais en lien avec les producteurs locaux. Nous devons améliorer la communication et l’utilisation du logo afin d’inciter d’autres magasins à nous rejoindre ». Gilles Simeoni promet des chiffres précis et une analyse par famille de produits pour la prochaine Conférence sociale qui se tiendra en janvier 2020, un an jour pour jour après la première réunion avec les Gilets jaunes et tous les acteurs concernés.
 
N.M.



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