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Commission de contrôle de la CTC : Marie-Antoinette Brunelli-Santoni démissionne


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 2 Mai 2013 à 22:53 | Modifié le Jeudi 2 Mai 2013 - 23:32


La Commission de contrôle et d'évaluation, créée en 2002 et présidée par un élu de l’opposition, donne à l'Assemblée de Corse (CTC) un pouvoir de tutelle sur ses offices et agences. A la tête de cette Commission depuis le début de la mandature, l’élue territoriale du groupe de droite, Rassembler pour la Corse, Marie Antoinette Santoni-Brunelli, vient de donner sa démission. Son but est de provoquer un électrochoc face à un Exécutif peu soucieux des travaux de ladite Commission.


Marie-Antoinette Santoni-Brunelli, élue territoriale du groupe "Rassembler pour la Corse"
Marie-Antoinette Santoni-Brunelli, élue territoriale du groupe "Rassembler pour la Corse"
Elle n’en est pas à son premier coup d’éclat à la tête de la Commission d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée de Corse (CTC). Déjà, lors de la session de novembre dernier, Marie-Antoinette Santoni-Brunelli avait rendu les conclusions de ses travaux et dénonçait la création non autorisée par les élus de la CTC de 57 emplois dans les six offices et agences, notamment l’Office de l’environnement. « Tout emploi créé dans les offices et agences doit être validé par l’Assemblée de Corse à l’occasion du vote du budget primitif. C’est la règle », rappelle-t-elle. Elle n’avait alors reçu pour toute réponse de l’Exécutif, qu’une surprise de bon aloi teintée de raillerie, le président Paul Giacobbi insinuant qu’elle ne savait pas lire un tableau. L’élue de droite était revenue à la charge, un mois plus tard, lors du débat sur le budget et avait réclamé, en vain, plus de moyens pour mener à bien les contrôles.
 
Dénoncer un ostracisme
Devant la sourde oreille chronique de l’Exécutif, l’élue de droite se dit victime d’ostracisme et empêchée de pouvoir évaluer normalement le fonctionnement des institutions, notamment la politique d'embauche dans les offices et agences. « Le président de l’Exécutif a, jusqu’à présent, refusé tout rendez-vous », ajoute-t-elle. Obstinée, elle a déposé une motion demandant à l’Exécutif de respecter les règles. « De façon tout à fait inattendue, ma motion a été rejetée à deux reprises par la Commission permanente. C’est un cas unique dans l’histoire de la CTC ». La motion est, donc, passée à la trappe puisque, pour pouvoir être soumise aux élus, elle doit, en effet, d’abord, obtenir le sésame de la Commission permanente.
 
Provoquer un électrochoc
Marie-Antoinette Santoni-Brunelli a donc décidé de frapper un grand coup. « La majorité territoriale ne veut pas entendre parler de ce problème d’emplois non autorisés. C’est un déni de démocratie. Dans ces conditions-là, je ne peux plus et je ne veux plus exercer mon rôle de présidente de la Commission de contrôle parce que je n’ai pas les moyens d’aller jusqu’au bout de ma mission », explique-t-elle.
L’élue de droite voudrait que sa démission provoque « un électrochoc » et incite les élus à s’emparer du problème. « L’Assemblée de Corse n’a plus de droit de regard sur les emplois créés dans les offices et agences. En ce sens, on peut parler de recrutement en catimini. L’Exécutif doit prendre ses responsabilités et revenir devant l’Assemblée pour informer les élus de toute création de poste », poursuit-elle.
En attendant, un nouveau président sera désigné dans les rangs de l’opposition. Marie-Antoinette Santoni-Brunelli espère qu’il réussira à « renouer le dialogue avec l’Exécutif » et à restaurer le droit de tutelle des élus de la CTC sur les offices et agences. Un rapport de la Commission de contrôle sera présenté lors de la session des 6 et 7 juin prochains. Affaire à suivre…
N.M.



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