Figure incontournable de la scène française depuis quinze ans, Feu! Chatterton s'est imposé avec un univers mêlant rock et poésie. Le groupe se produira ce 27 juillet à Patrimonio à l’occasion du dernier jour du festival des Nuits de la Guitare. À la veille du concert, Clément Doumic, guitariste du groupe, revient sur cette nouvelle tournée, la création de leur dernier album et la liberté artistique qui guide Feu! Chatterton depuis ses débuts
- Vous allez vous produire en Corse à l’occasion des Nuits de la Guitare. Qu’est-ce que cela vous évoque de jouer dans un cadre comme celui de Patrimonio ?
- À chaque fois qu’on a l’occasion de jouer dans des paysages naturels et fantastiques comme ça, on est preneurs parce qu’en plus de l’expérience du festival avec la musique, qui est déjà une expérience unique en soi, on essaie de créer des moments uniques en fonction du public et des régions. On sait qu’on va déjà avoir le paysage avec nous et c’est fou. En plus c’est seulement la deuxième fois qu’on joue en Corse malgré nos quinze ans de carrière et je pense qu’il y a une forme d’aboutissement de venir jouer à Patrimonio, où on n’est jamais allés même s’il paraît que c’est incroyable. Je pense que ça s’inscrit dans une lignée de festivals qui ont un cadre exceptionnel comme Les Nuits de Fourvière ou Musilac.
- L’été est rythmé par les festivals pour vous. Est-ce qu’il y a une atmosphère particulière dans les festivals en plein air que vous ne retrouvez pas ailleurs ?
- Malgré le fait qu’on fasse un concert et qu’on fasse un peu la même chose, c’est des exercices qui sont assez différents. Déjà dans la préparation, on joue moins longtemps, en général une heure, on concentre les forces et on essaie vraiment d’aller à l’essentiel de notre musique, contrairement à des salles où on a plus le temps de développer. L’extérieur joue aussi énormément en festival, le fait d’être en plein air, de communier avec des gens qui sont là pour faire la fête. Il y a quand même quelque chose de cet ordre-là en festival, c’est l’été, les gens sont en vacances, tout du moins les gens sortent pour respirer. La plupart du temps, on joue en journée parce qu’il fait nuit à 22h30, donc il y a un aspect lumineux en festival qui apporte beaucoup de fraîcheur au concert. Et il y a toujours cette découverte en festival que j’adore, parce que certaines personnes sont venues pour nous, mais il y a beaucoup de gens qui aiment découvrir des choses, qui sont venues pour des artistes et qui découvrent notre musique. Tout ça apporte de la fraîcheur au concert.
- Vous allez présenter Labyrinthe, votre quatrième album, qui marque une nouvelle étape dans votre parcours. Qu’aviez-vous envie d’explorer avec ce disque ?
- Déjà, on a toujours envie d’explorer quand on fait un nouvel album, parce que sinon on ne ferait pas de nouvel album. Je pense que cette fois, on avait envie d’aller le plus à l’essentiel possible à la fois dans les textes, dans la musique, la production, les arrangements. À chaque fois, on a vraiment essayé d’aller à l’os de ce qu’on voulait dire, textuellement et musicalement. Et pour ça, on a notamment eu la chance de travailler avec Alexis Delong, un producteur qui a réalisé la moitié des chansons avec nous et qui nous a insufflé aussi une façon de produire la musique, plus directe. C’est par exemple le fait de ne pas avoir honte de garder des prises qui ont été faites dans notre chambre, vraiment d’aller explorer la musique et de ne plus être dans cette démarche d’aller dans un gros studio et tout enregistrer ensemble comme on l’a été pendant longtemps. On s’est donné beaucoup plus de liberté là-dessus, ce qui fait qu’on a pu produire chaque chanson jusqu’au bout, et on a pu aller au bout de certains styles. Je pense qu'on n’aurait pas osé le faire avant.
- Quelles ont été vos inspirations pour construire cet album ?
- On est allé chercher des choses qui sont à la fois très actuelles, je pense à de la pop internationale comme The Weeknd, et en même temps, on garde l’esprit très à l’ancienne avec des ballades, dans Mille vagues, par exemple. Pour la création de l’album, on a un peu côtoyé des musiciens de musique répétitive, ça a été une inspiration pour certaines chansons comme Monolithe, Sous la pyramide. On a aussi des inspirations brésiliennes. En fait, les inspirations sont très éclatées. Elles l’ont toujours été, mais je pense que sur cet album elles le sont encore plus et elles sont encore plus assumées.
- Vous composez à cinq depuis vos débuts. Comment avez-vous trouvé cet équilibre dans la création ?
- On n’a pas d’organisation et je pense que c’est quelque chose qui nous tient à cœur. C’est quelque chose qu’on n’avait pas du tout conscientisé avant, mais quand on regarde un peu dans le rétroviseur, on voit que du premier album à celui-là, on n'a jamais eu de méthode pour écrire des chansons. Ça a toujours fluctué en fonction de nos humeurs et de là où on se trouvait. Je pense que la seule chose qu'on essaie de faire, c'est de se laisser surprendre par nous-mêmes, mais de provoquer quand même des rencontres. Concrètement, parfois c’est des bouts de chansons qu’on va faire tout seul dans notre chambre et qu’on va proposer aux autres, ou alors qu’on va écrire à deux en vacances. Parfois, il y a certains morceaux qui sont nés à cinq après une expérience qu’on a eue nous-mêmes. Par exemple, on a composé Mille vagues après le décès de notre manager. En fait, on n’a vraiment pas de méthode, pas de technique, pas de limite. C'est très brouillon.
- Vous avez réussi à construire un univers très identifiable. Est-ce que préserver cette identité artistique est quelque chose d’important pour vous ?
- Au début, on voulait vraiment faire de la musique à texte avec des compositions qui sont intelligentes. Je pense qu’aujourd’hui, on a surtout une volonté de prendre du plaisir à faire de la musique, et surtout la première question qu'on se pose, c'est de savoir si la chanson qu'on est en train de faire nous procure des émotions. Et ça, c'est vraiment le premier indice pour savoir si la chanson qu'on construit est bonne. C’est quelque chose qui est vraiment très personnel. Je pense que la musique est construite comme ça.
- Après cette tournée estivale, sur quoi allez-vous vous concentrer ? Avez-vous déjà de nouveaux projets en préparation ?
- On est en train de travailler sur une réédition de l’album Labyrinthe. On a déjà quelques chansons qui sont en train de s'écrire et on espère sortir cette édition à l’automne prochain, c’est un gros projet. Ensuite, on a évidemment la tournée qui continue en salles, en zéniths et en arenas. On va refaire deux Bercy, les 8 et 9 février 2027 et on continue. On est toujours en train de créer de nouvelles bases.
-
Incendie à Biguglia - 150 hectares parcourus, un important dispositif restera mobilisé toute la nuit
-
Restonica : le feu a parcouru 900 hectares
-
Incendie à Biguglia : 100 hectares parcourus, le feu reste actif sur un secteur
-
« Au rythme de la vie » : Cécilia Aubert présente sa première création à Corte
-
Corte, Oletta, Biguglia… les foyers d'incendie se multiplient










Envoyer à un ami
Version imprimable






