- L’idée de cette expédition dans l’inconnu ?
-:L’idée était un travail sur moi, apprendre le chamanisme pour être un meilleur coach de vie. Faire aussi quelque-chose qui n’a jamais été fait : partir avec un saxophone au cœur de cette immense forêt amazonienne.
- On ne part pas dans de telles contrées sans assurances ?
- En amont j’avais négocié avec les gouvernements colombien, péruvien et brésilien pour me rendre dans ces tribus qui n’avaient jamais reçu la visite d’un blanc. Le choix des tribus m’a été imposé par les différents gouvernements. 3 tribus : Tikuna en Colombie, Natamu au Pérou et Marubo au Brésil. Des tribus de 60 à 150 personnes. A chaque fois emmené par un guide chamane.
- La première immersion en Colombie donc ?
- La tribu des Tikuni se situe à 3 heures de pirogue d’une ville carrefour appelée Leticia qui se situe sur un bras de l’Amazone, une localité de la taille de Bastia, à 1000 km de Bogota. Dans ce village j’étais logé dans une hutte, ouverte, un Maloco avec à l’intérieur un hamac pour dormir. Je suis accueilli par le Cacique, sorte de maire, élu pour 2 ans par les villageois. En amont il avait fait voter pour ou contre ma venue. Ce sera mon 1er contact avec la forêt primaire où pousse un arbre mythique aux multiples pouvoirs : Le Ceiba. Un arbre sacré pour eux, arbre du chamanisme, relié aux esprits. Il protège et guide avec l’esprit qui l’habite : La curupira. Il y a aussi un esprit maléfique mais il n’a pas de forme végétale, il circule au milieu des arbres et de la Canopé. Il n’y a pas beaucoup de ceiba sur l’Amazonie mais Tikuna en possède 4. Le but de pénétrer dans cette forêt avec Medardo, mon guide chamane, était de me connecter avec ma mère, décédée. Et là, surprise, c’est avec mon défunt père que j’entre en relation sous la forme d’un oiseau. J’y apprends qu’en fait il ne m’avait jamais voulu. A cette occasion Medardo m’a donné une grande leçon, celle de ne pas être obligé de régler nos problèmes avec nos parents ou autres du temps de leur vivant car cela peut se faire avec leurs esprits si on se met dans les conditions pour le faire, comme ici. Durant ce séjour je ferai découvrir le saxo aux enfants de l’école en parfaite communion. Je rencontrerai aussi des dauphins d’eau douce attirés par le son de mon saxo sur la pirogue. On les appelle des Boto. Il y a toute une légende autour d’eux. Cette forêt recèle de nombreuses plantes avec lesquelles les Tikuni se soignent. J’y suis resté une semaine. Une plongée dans une palette de couleurs des âmes de l’Amazonie. Le vert de l’amazone et des forêts primaires et secondaires, le rose des âmes incarnées par les Botos, le rouge du sang de mon cœur qui s’est connecté à cette culture de l’essentiel, du « ce qui est ».
- Deuxième étape au Pérou…
- Après une escale de quelques heures à Leticia, de nouveau 3 heures de pirogue pour aller dans la réserve Natamu au Pérou au sein d’une communauté très sauvage où les poissons sont mangés crus avec les viscères. Je n’ai pas essayé ! Dans cette tribu, contrairement à Tikuna, pas d’artisanat, pas de musique. Mon saxo ne m’a guère servi. Mais ils jouissent d’un territoire plus harmonieux, avec une forêt secondaire plutôt que primaire. Paradoxalement j’y ai trouvé plus de finesse. Dans cette forêt, auprès de Max, mon nouveau guide et chaman, je suis tout d’abord en échange avec mon père. Je sens une mue s’opérer et mon défunt père avec lequel je suis désormais connecté m’accompagne comme j’aimerais accompagner mes fils et ma fille. Mon rêve est de continuer à m’imprégner de ce « savoir parler aux âmes ». Je parviendrai aussi à la reconnexion avec ma mère, me voyant sortir de son ventre. Une connexion à ma naissance. Max me testera aussi me faisant dormir dans un hamac tendu entre deux arbres, à une vingtaine de cm du sol et à 4 mètres d’un caïman. Et pourtant je ressentirai cette nuit que rien ne pourrait m’arriver. Sur un bras de l’Amazone j’aurai la magie de dialoguer avec les oiseaux par le biais de mon saxo. Un moment extraordinaire. Durant ce séjour, je visionnerai l’histoire de ma famille et de certains parents que je ne connaissais pas. J’y ai découvert que les hommes de ma lignée se sont en fait servis des femmes pour grandir dans la société. A chaque fois, ces connexions de quelques minutes sont validées par les oiseaux qui viennent se poser et chanter prés de moi.
- Le Brésil pour finir….
- Je resterai cette fois une nuit à Leticia avant de repartir. Mon guide Sebastian qui va m’accompagner chez les Marubo est en fait le petit ami de mon guide à Leticia : Krystyna. 1h30 de pirogue seulement cette fois. Les Marubo constituent un très vaste territoire et refusent d’appeler leur fleuve l’Amazone car ils considèrent que le fleuve a été nommé à tort par le conquistador Francisco de Orellana, qui avait été subjugué par la résistance des femmes locales, les amazones. Ils appellent donc ce fleuve le Rio Solimoes. Pas grand monde dans ce village où je ne me sens pas où je ne sens pas non plus mon guide. J’ai l’impression d’une secte. J’ai vraiment eu envie de me barrer dès que je suis arrivé. L’intuition que quelque chose ne collait pas mais comme j’avais eu une autorisation spéciale pour y aller grâce à Sebastian j’ai pris sur moi de rester pour ne pas mettre non plus Krystyna dans l’embarras. Je suis passé par des moments très difficiles, beaucoup de blues, de ras le bol, et à chaque fois la forêt primaire m’a appelé pour y aller afin de ressentir ce qui se passait. J’ai rencontré un chamane, très froid, à la drôle d’histoire. Il avait été capturé par une autre tribu qui voulait le tuer. A force d’argumenter il avait été relâché et devenu une sorte d’ambassadeur d’un organisme auprès d’elle pour la préserver et préserver la forêt. Je dormirai dans une Maloca très rustique avec lui à côté, recevant des malheureux et faisant des incantations. En fait il assoit son pouvoir sur eux par le chamanisme et les soins qu’il prodigue. Il me fera découvrir le rapé et l’ayahuasca qui m’a décollé la tête. Ici ce qui m’a sauvé, c’est la forêt primaire. Quand j’étais mal je m’y repliais. J’ai vraiment fini à bout. Je n’ai pas eu de révélation mais j’ai pris une leçon d’humilité dans ce 3e village. Ça m’a permis de comprendre que j’avais encore bien des choses à comprendre, à apprendre et donc ça n’a pas gâché mon séjour. Une expérience qui te remet à l’endroit. Et je vais y retourner. Je me suis aussi rendu compte que dans certaines tribus de l’Amazonie Elon Musk avait fait des ravages avec Starlink. Si celle de Max ou celle des marubo où j’étais ont refusé son offre internet, une autre, non loin, a accepté et les dégâts sont considérables, j’ai pu le vérifier. Bilan : Les hommes regardent du porno, les jeunes demandent à quitter le village pour aller dans des villes.
- Votre ressenti de ces trois semaines ?
-;Je me connais mieux, j’ai eu des connexions avec mes ancêtres. J’ai découvert l’Amazone, la nature et finalement, grande surprise, je me rends compte que j’ai eu plus de rapports avec les animaux qu’avec les humains. J’ai appris à parler avec les esprits, pris conscience de mes possibilités. Je possède aujourd’hui d’un nouveau bagage pour les coachings et je pense organiser de tels séjours avec certains.
- Des projets ?
- Là je vais me reposer à Ghisoni, me recueillir sur la tombe de mes parents puis avec des potes à Pino dans le Cap Corse. On va d’ailleurs donner un concert jazz rock le 29 juillet guitare, saxo, piano, chant. Ensuite je partirai pour Paris pour mon travail. Je pense écrire un polar à partir de cette expérience et dénoncer aussi un scandale sur l’importation du bois entre la France et le Brésil. Je vais aussi faire des démarches auprès des gens pour leur prouver qu’ils sont multiples et qu’il ne faut pas genrer les choses. Enfin je vais coacher un jeune, champion du monde junior de Free Ride, Edgar Cheylus, qui se prépare aux JO de 2030. Notre objectif : La médaille d’or.
-
Bastia : l’opposition émet des doutes sur le bilan de la régulation des meublés touristiques
-
Des ATR 72 transformés en bombardiers d’eau : Corsica Technics s’engage aux côtés de Kepplair Evolution
-
En Corse, la loi sur « l'aide à mourir » continue de diviser
-
Trois départs de feu sur la commune d’Appietto, d’importants moyens engagés
-
Pollution de l'air : les particules fines en hausse, la vigilance s'étend à toute la Corse














Envoyer à un ami
Version imprimable






