Arrêté par l'armée américaine en Afghanistan, cet homme de 36 ans a violemment agressé le 2 mars Yvan Colonna, incarcéré depuis 2012 dans cette centrale, où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour sa participation à l'assassinat du préfet Erignac en 1998 à Ajaccio.
Franck Elong Abé a été mis en examen le 6 mars pour tentative d'assassinat terroriste. Une enquête administrative est également en cours. Yvan Colonna est dans le coma, son pronostic vital engagé.
L'agresseur a connu "un parcours très chaotique en début d'incarcération", marqué par plusieurs transferts, des violences envers son entourage "mais surtout (...) un nombre important de tentatives de suicide", a détaillé Laurent Ridel.
A son arrivée à Arles, à l'automne 2019, il est placé six mois à l'isolement et "son comportement va nettement changer", entraînant son passage en détention classique en avril 2020.
Il restait perçu comme "une personne qui n'était pas d'une stabilité totale au point de vue psychologique", mais il n'y avait eu "aucun signal objectif de dégradation" de son comportement, a assuré Laurent Ridel.
Les informations recueillies par les surveillants sur ces deux "détenus particulièrement signalés" (DPS) faisaient état de "rencontres épisodiques assez régulières", "ils pratiquaient parfois le sport ensemble", mais "pas d'anicroche, de dispute ou de conflit", a affirmé le directeur.
Plusieurs députés se sont étonnés qu'un détenu avec ce profil soit affecté à l'entretien des salles d'activité, raison pour laquelle un surveillant l'a fait entrer dans la salle de sport où se trouvait Yvan Colonna le 2 mars.
Laurent Ridel a rappelé qu'il était "interdit de motiver un refus de classement à une activité ou un travail au seul motif que le détenu est un terroriste islamiste radical".
Interrogé sur le dispositif de surveillance, l'agression ayant duré près de 10 minutes sans que personne n'intervienne, il a expliqué que le rôle prioritaire du "poste d'information et de contrôle" était de contrôler les entrées et sorties, et qu'il était "matériellement compliqué (...) de visionner parfaitement" les 54 caméras de surveillance du bâtiment en même temps.
"Je ne peux pas vous garantir qu'il y a une surveillance permanente, constante, de tous les détenus", a-t-il ajouté.
Au-delà d'éventuels dysfonctionnements dans l'administration pénitentiaire, plusieurs députés ont souligné la dimension politique du dossier, dans un contexte de refus réitérés de lever le statut DPS des condamnés corses pour terrorisme, faisant obstacle à leur rapprochement au centre pénitentiaire de Borgo (Haute-Corse).
"Ce drame ne se serait pas produit si Yvan Colonna avait été à la prison de Borgo, la responsabilité de l'Etat est immense", a estimé Paul-André Colombani, député nationaliste de Corse.
"Je souhaiterais que nous auditionnons le garde des Sceaux", a pour sa part demandé le député LR Eric Ciotti, ajoutant vouloir "isoler et regrouper les détenus islamistes".
.@fpupponi accuse l'administration pénitentiaire "d'avoir fait un demi-tour à 90 degrés" lors de la décision de maintien du statut de DPS pour Pierre Alessandri.
> L'élu évoque un "sentiment qu'il y a eu à un moment deux poids deux mesures".#DirectAN #Corse pic.twitter.com/E5vi7Kx9KS
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Agression d'Yvan Colonna : "Pour nous, le mot 'dysfonctionnement' est très faible concernant ce qu'il s'est passé", interpelle @JF_Acquaviva
> Le député s'interroge sur l'existence d'un "régime de faveur" envers Franck Elong Abé.#DirectAN #Corse pic.twitter.com/NBGr7VH04T
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"Il me paraît incroyable qu'un détenu pour terrorisme islamiste puisse bénéficier d'un statut d'auxiliaire en prison !", critique @DiardEric.
> "Il semblerait (...) que Franck Elong Abé aurait été écarté d'Al-Qaïda en Afghanistan pour son extrême violence."#DirectAN #Corse pic.twitter.com/Pg9XNWtjIW
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