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Battista : « Avec The Voice, j’ai trouvé la Corse ! »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 17 Mai 2015 à 21:47 | Modifié le Lundi 19 Décembre 2016 - 09:17


Elle a été la plus belle voix de la dernière saison de The Voice. Son Psaume de David, chanté en langue corse, lors de l’audition en aveugle du premier prime, a envouté le public, les coachs et Universal Music. Les quatre coachs ont rivalisé pour l’intégrer dans leur équipe. Elle choisit sa compatriote, Jennifer, qui l’emmène jusqu’en demi-finale. A peine éliminée, Battista Acquaviva sort un single et un clip. Son album « Les chants de libertés » sera dans les bacs le 1er juin sous le label Decca Records (Universal). Elle participera, ensuite, à la tournée d’été de The Voice qui traverse tous les Zéniths de France, ce mois de juin. En attendant, de retour chez elle à Ile Rousse pendant deux jours, la jeune chanteuse confie, à Corse Net Infos, ses impressions sur l’extraordinaire aventure qu’elle vient de vivre et son émotion devant la ferveur qu’elle a suscitée en Corse. Elle, nous offre, en vidéo, le teaser d’un des treize titres de son album.


La chanteuse Battista Acquaviva.
La chanteuse Battista Acquaviva.
- Vous avez été une des révélations de The Voice. Dans quel état d’esprit sort-on d’une aventure pareille ?
- Très bien ! Tous les touristes que je croise, quand je fais deux pas dans la rue, veulent des photos avec moi ! J’ai eu la chance de signer un album chez Universal, qui sort le 1er juin… C’est en espérant réaliser de tels projets qu’on accepte de faire The Voice. Je me suis régalée dans cette aventure. Surtout avec les professionnels qui nous entouraient, pas seulement les talents, mais aussi les 200 personnes qui, en coulisses, nous ont fait travailler, nous ont donné des cours de chant, nous ont habillés, coiffés, maquillés… et avec qui j’ai beaucoup appris. La première année, j’avais refusé de participer. Finalement, au bout d’un an, j’ai dit : « Oui ». Je suis contente d’avoir accepté, tout est bénéfique.
 
- Pourquoi avez-vous finalement accepté ?
- La première année, j’ai refusé parce que je ne voyais vraiment pas ce que je pouvais faire dans cette émission. Je ne savais pas quoi chanter, ni que je pouvais interpréter un chant corse lors du 1er prime. La deuxième année, j’ai accepté parce que je me posais beaucoup de questions sur les projets qui m’étaient proposés. Les projets corses étaient magnifiques. Les projets à l’étranger, en Belgique, à Vienne… étaient très élitistes. Ces concerts m’honoraient, mais ne correspondaient pas du tout à ce que je voulais faire.
 
- C’est-à-dire ?
- Je ne me voyais pas chanter tout le temps pour 200 personnes qui payaient 70 euros la place. Un chanteur a envie de chanter pour tout le monde, pas seulement pour quelques amateurs ou quelques intellectuels. Je veux chanter pour tous les gens, sans différence de couleur, d’âge ou de fortune. Après six mois de réflexion, je me suis dit que, peut-être, c’était ce que The Voice me proposait. L’occasion était la bonne.
 
- Comment avez-vous vécu l'audition en aveugle lors du 1er prime ?
- Après avoir décidé de participer à l’émission, j’ai passé l’été à me dire que les coachs ne se retourneraient pas ! Je m’y suis préparée. Quand ils se sont retournés tous les quatre, je m’étais tellement conditionnée pour garder mon self-control que je n’ai pas eu la réaction de joie qu’ont la plupart des candidats. Même si, bien sûr, j’étais très contente !
 
- Comment reçoit-on, en direct, devant des millions de téléspectateurs, les critiques des coachs qui ont parfois la dent dure ?
- Avec moi, je ne sais pas pourquoi, ils n’ont pas été durs du tout ! Ils m’ont toujours un peu encensée. Ils disaient que j’étais timide, mais que je pourrais chanter des bandes originales de film… Chaque fois, ils disaient quelque chose de bien. Lors du 1er prime, j’ai chanté Le psaume de David et les quatre coachs se sont retournés… Je n’avais jamais pensé que cela arriverait ! Que pouvais-je espérer de plus ! A partir de ce moment-là, j’étais prête à accepter les critiques. Tous les chanteurs en subissent, même les plus grands. J’ai toujours entendu des trucs pas possibles sur mes artistes préférés ! En comparaison, les critiques me concernant m’ont paru douces.

- Avez-vous choisi comme marraine Jennifer parce qu’elle était Corse ?
- Pas du tout ! Je n’y ai pas pensé un seul instant ! J’ai trouvé chez Jennifer une douceur qui me parle et qui règne dans ma famille. Je voulais retrouver cette même douceur pour travailler. J’aime les gens qui aiguillent les autres avec tact et diplomatie. Le regard et la douceur extrême de Jennifer m’ont touchée.

- Se remettre en jeu à chaque émission est-ce une épreuve angoissante ?
- On n’y pense pas tellement ! On ne se dit pas qu’on remet tout en jeu ! On se dit qu’une nouvelle fois, on va chanter devant des millions de personnes. C’est énorme ! On s’en rend compte quand on sort du jeu, on voit les réactions, y compris à Paris en marchant dans la rue. Par contre, ce qui est difficile, c’est qu’on s’attache à l’équipe de production et aux personnes qui, en coulisses, s’occupent de nous. Je n’aurais jamais cru m’attacher autant !
 
- Après chaque émission, regardiez-vous votre prestation en différé ?
- Oui ! Les premiers temps, les émissions étaient en différé. Mais, je n’aime pas trop me regarder, même si cela fait partie du travail. C’est ennuyeux de s’écouter ! Une fois, je me suis endormie devant la télévision ! Cela signifie que j’étais apaisée. Je faisais ce que tout chanteur a envie de faire : aller vers les gens. Même si parfois on commet des erreurs, on ne choisit pas la bonne chanson… c’est plutôt rassurant !
 
- Avez-vous subi des pressions de votre entourage pour gagner ?
- Non ! Ma famille est très détachée de ce milieu. Elle est mon roc et mon soutien. Elle n’avait pas trop envie que je participe à ce jeu, même si elle y a, finalement, pris goût. Je ne suis pas non plus strass et paillettes ! Je n’ai, donc, pas eu de pression comme certains candidats plus jeunes que leurs parents poussaient. Je ne disais pas qu’il fallait à tout prix que je réussisse. J’ai, d’abord, participé pour aller vers les gens, je ne savais pas si la Corse me regarderait. Quand j’ai vu à quel point la Corse me suivait, cela m’a bouleversée ! Je ne m’y attendais pas ! Je ne m’attendais pas à recevoir autant de messages de soutien. C’était vraiment incroyable !
 
- Comment avez-vous vécu votre élimination en demi-finale ?
- Je l’attendais depuis longtemps ! J’ai été repérée par Universal Music lors du 1er prime quand j’ai chanté Le psaume. J’ai commencé, alors, à travailler doublement sans rien attendre. Je ne savais pas qu’Universal me proposerait d’enregistrer un album. J’ai été surprise d’arriver jusqu’en demi-finale. A chaque fois, je me disais : « Ah bon ! Encore une semaine ! ». Je savais que mon élimination arriverait à un moment donné ou à un autre. On ne peut pas toujours gagner.
 
- Pourquoi étiez-vous surprise ? Votre voix magnifique n’est-elle pas un atout ?
- Oui ! Mais, ma voix ne correspond pas forcément aux critères de la Pop musique. Une voix est toujours populaire, mais mon chant est un peu atypique. Le casting de The Voice, c’est 10 000 demandes envoyées, 5000 à 6000 dossiers examinés… Presque tous les candidats, qui ont terminé le jeu, ont été sollicités par la production. Nous étions surpris, d’une part, parce qu’on nous a demandé de venir, et, d’autre part, parce que nous avons, au final, aimé participer.
 
- Qu’avez-vous appris de ce jeu ?
- Ce jeu m’a appris à construire mon identité. Il m’a montré que mon intuition était bonne. A savoir que je suis meilleure en chant corse, le français n’est pas une langue dans laquelle je suis le plus à l’aise pour chanter, certaines chansons Pop me vont, d’autres pas… J’ai été confortée dans mes choix artistiques. Je me suis pliée au jeu, j’ai interprété des chansons qui ne me convenaient pas forcément, mais je l’ai fait de manière ludique. J’ai beaucoup appris à tous les niveaux. Les professeurs de chant nous donnent une autre idée de ce que nous pouvons faire. Cela ouvre considérablement l’esprit.

- Votre premier album chez Universal sort le 1er juin. De quoi s’agit-il exactement ?
- L’album s’appelle : « Les chants de libertés ». Nous voulions faire un disque sur les chants de révolution, mettre deux ou trois titres corses et ouvrir sur le monde. L’album comporte un hymne arménien très populaire, un chant bulgare qui parle de liberté et de montagne, des chants révolutionnaires comme le chant basque Hegoak… Egalement, le chant péruvien El condor pasa, parce que l’oiseau qui étend ses ailes et s’envole est vraiment le symbole de la liberté. Et, puis, évidemment : Bella Ciao pour rendre hommage à l’Italie et A Catena pour la Corse, ces deux chants sont accompagnés par les voix d’I Chjami Aghjalesi. J’ai voulu, aussi, inclure Le psaume de David qui a marqué mes débuts à The Voice.
 
- Pourquoi avez-vous choisi des chants de révolution ?
- Je voulais faire partager mon amour pour les musiques du monde. Quand j’étais enfant, mon père organisait, en Corse, un festival qui recevait, année après année, des chanteurs venant de toutes les parties du monde. J’ai, ainsi, rencontré : Le mystère des voix bulgares, des musiciens arméniens… En même temps, j’ai voulu, en neuf langues différentes, rendre un hommage à la liberté. J’ai toujours aimé les chants de révolution. Mon groupe préféré, I Chjami Aghjalesi, en a toujours chanté. C’est magnifique qu’il m’ait accompagnée sur deux chansons !
 
- L’enregistrement de cet album, en cours de jeu, a-t-il modifié la donne ?
- Oui ! Enregistrer un album avec Universal Music est un honneur ! J’étais impatiente de faire connaître mon univers à un large public : une voix corse, un peu lyrique, des chansons que je chéris et qui montrent que la Corse n’est pas isolée dans sa quête de liberté. Le Chili, la Grèce… sont aussi sur ce chemin ! Sur l’édition Deluxe, j’ai rajouté un très beau chant grec que ce peuple chantait lors de la chute du régime des Colonels. Cela me tient à cœur ! En nous ouvrant sur le monde, nous montrons que la Corse est dans une communauté de destins avec d’autres peuples qui sont, eux aussi, en quête de liberté et de fraternité.
 
- Porter cette voix de la Corse est-ce très important pour vous ?
- Oui ! Les Corses sont souvent considérés comme les derniers Indiens en voie de disparition ! Les gens de l’extérieur ne se rendent pas compte que la Corse vit, qu’elle a un cœur et que son cœur bat ! Même si des choses sont difficiles à maintenir, qu’il faut lutter pour la sauvegarde de la langue, le statut de résident… C’est important de le montrer !
 
- Avez-vous signé pour d’autres albums ?
- Pour l’instant, non ! Mais, il y a, dans cet album, une chanson que j’ai composée et qui s’appelle Cielo. J’espère qu’elle m’ouvrira d’autres horizons… mais je n’en attendais pas tant… Cet album, c’est déjà énorme !
 
- Comment appréhendez-vous la tournée d’été de The Voice pour laquelle vous avez été retenue ?
- Les répétitions commencent le 22 mai. La tournée s'effectuera pendant le mois de juin dans toute la France. Elle nous permettra de rencontrer le public qui nous a soutenus pendant l’émission et de passer dans tous les Zéniths de France. Nous avons appris à faire un show télévisé, maintenant nous allons apprendre à faire, ensemble, un spectacle vivant. C’est une façon formidable de clore la saison !
 
- Avez-vous d’autres projets dans l’immédiat ?
- Comme la mise en place de l’album prend du temps, je n’ai, pour l’instant, programmé qu’un concert, le 11 août à l’Ermitage de la Trinité à Bonifacio. Cette invitation en Corse-du-Sud me tient beaucoup à cœur. J’irai avec un énorme plaisir. Pour l’instant, rien n’est prévu en Haute-Corse. Le 29 octobre, je serais au Bataclan à Paris.
 
- Pour clore sur une note plus personnelle, votre vie a-t-elle changé depuis The Voice ?
- Oui ! Bien sûr ! Même si je reste la même, je trouve extraordinaire qu’avec une émission pareille, les gens nous reconnaissent dans la rue, nous disent qu’ils nous aiment, qu’ils ont voté pour nous… Certains messages sur Internet sont sublimes. Ce qui m’émeut surtout, c’est que j’ai trouvé la Corse ! Les Corses se sont pris au jeu, ils m’ont tellement soutenue… Qu’est-ce qu’un chanteur peut vouloir de plus ! On fait ce métier pour toucher le maximum de gens !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Teaser du titre : Hasta Siempre, tiré de l'album "Les chants de liberté".




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