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Bastia : « We love arabs » à La Fabrique, mais après ?


Rédigé par Philippe Jammes le Mardi 24 Janvier 2017 à 13:53 | Modifié le Mardi 24 Janvier 2017 - 22:32


« La Fabrique de théâtre », rue Notre Dame de Lourdes à Bastia, ouvre enfin sa saison ces jeudi 26 et vendredi 27 janvier à 21 heures avec une pièce intitulée : « We love arabs » de Hillel Kogan / Adi Boutrous .


François Bergoin, directeur artistique de La Fabrique
François Bergoin, directeur artistique de La Fabrique
Ce spectacle, c’est l’histoire drolatique d’un chorégraphe israélien qui choisit un danseur arabe pour créer une pièce porteuse d’un message de coexistence et de paix. Une entreprise (réussie) de démolition du mur des préjugés et une dissection des comportements ordinaires exécutée avec humour et subtilité. Le spectacle de Kogan et Boutrous est une rareté nécessaire : intelligent, réfléchi, drôle et lapidaire, il est aussi une charge politique sans concession. Ce spectacle parle de l'anxiété, de la peur, des clichés et de l'hypocrisie qui accompagnent trop souvent les relations entre Juifs et Arabes. Il pose à sa manière la question de savoir si des œuvres d'art abstraites, et notamment des œuvres dansées, peuvent véhiculer un message social et politique.


S'emparant de textes intelligents et subversifs qui, d'un côté, amènent le spectateur à se regarder dans le miroir de ses présupposés et, de l'autre, distribuent des piques acérées sur les dessous du monde de la création artistique, Kogan et Boutrous distribuent les coups de griffes en n’oubliant pas de se payer leurs propres têtes. Hillel Kogan est un artiste prolifique et engagé aux innombrables talents. La danse est pour lui une philosophie dont on n’oublie pas les leçons d’humour et la vision du monde. Cette pièce est l'aboutissement d'un parcours indépendant, engagé et salutairement provocateur.
Cette pièce ouvre donc, avec beaucoup de retard « pour des raisons d’inconnues budgétaires », la saison de Catherine Graziani et François Bergoin, créateurs de « La Fabrique ». Comme beaucoup d’associations et de Centres Culturels (6 en Haute-Corse), la structure de nos deux passionnés ne peut vivre sans subventions. Elles existent, certes (CTC, CT2B, mairie) mais pas en quantités suffisantes. « La Fabrique » s’étonne aussi de la disparité de certaines de ces subventions allouées.


Quand celle-ci touche 1500 €, d’autres en touchent presque dix fois plus. Un mystère qui pourrait bien faire l’objet d’une pièce, si tant est que ses créateurs aient les moyens de la monter. Faisant preuve d’optimisme, François Bergoin a mis en place  une belle petite programmation. Ainsi après « We love arabs » (26 et 27 janvier), les 16 et 17 février, une pièce italienne : « Reality », puis en mars, « Occident » et « La photographie », en avril, « Le chagrin des ogres », en mai « Les Zumins » et en juin « Fabrique des étincelles ». Le programme s’étoffe  avec la projection de plusieurs films : « Les Ogres » de Lea Fehner  (14 février), « Terra di I Tormenti » de De Gaulle Eid (28 mars), « La Pivellina » de Tizza Covi & Rainer Frimmel (11 avril), « Güres » d’Edoardo Malvenuti (23 mai)…  
2 séances à chaque fois à 14h30 et 19h30 en la présence  des réalisateurs ou des acteurs pour en débattre ensuite.
Au micro de CNI, François Bergoin commente cette nouvelle saison.





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