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Bastia : La CGT des Douanes dénonce une vedette sans équipage !


Rédigé par Philippe Jammes le Lundi 18 Juin 2018 à 15:50 | Modifié le Lundi 18 Juin 2018 - 18:05


Alors que mercredi, l’administration des Douanes inaugurera la nouvelle vedette des douanes "DF 25 Libecciu" au Vieux-Port de Bastia, la CGT monte au créneau lundi matin pour dénoncer le manque de moyens humains pour utiliser, comme il se doit, ce nouveau navire de 110 tonnes, 28 m de long, doté des dernières technologies et respectueux des normes environnementales. Une vedette construite par le chantier Socarenam de Boulogne sur mer.


Bastia : La CGT des Douanes dénonce une vedette sans équipage !
« Le ministère de l’action et des comptes publics pour l’administration des douanes et droits indirects vient de doter la Corse d’un nouveau moyen maritime » souligne , commandant en second du navire et représentant CGT des Douanes à Bastia. « Ce navire s’avère être un outil de pointe pour la surveillance et la protection du littoral Corse et aujourd’hui la Haute-Corse et plus particulièrement la ville de Bastia dispose d’un navire à la hauteur des enjeux locaux en matière de lutte contre les fraudes comme en matière de défense du littoral insulaire. L’action de l’Etat en mer prend toute sa mesure sur les côtes corses : il faut défendre les parcs marins et les aires marines protégées, défendre le littoral des pollutions menaçantes générées par le transit dans le canal de Corse, préserver les ressources par la police des pêches, faire respecter la réglementation pour sécuriser les plans d’eau, et assurer une capacité d’assistance hauturière dans les missions de sauvetage. L’arrivée de ce moyen est le fruit d’une volonté politique locale forte de défendre les mil kilomètres de côte qui bordent la Corse. Les représentants du peuple en Corse, les acteurs locaux, les agents des douanes en charge de la protection du littoral et de la lutte contre les fraudes, sont les artisans de l’arrivée de ce navire ».
Une victoire donc pour la CGT notamment qui rappelle qu’en 2005, l’administration des Douanes projetait de supprimer la vedette et les effectifs Bastiais. L’intervention de la CTC puis, des élus à l’assemblée nationale avait permis d’annuler ce projet. 


« Il s’agit bien d’une victoire pour la Corse » se réjouit Arnaud Collot, « mais l’arrivée de ce navire ne s’est pas faite sans la fermeture de l’unité garde-côte de Porto Vecchio et le reclassement de ses agents, sans la suppression de ses effectifs, la suppression de cette vedette et la suppression des crédits qui lui étaient affectés.  
Ceci est une perte sèche pour les gardes côtes de Corse.  Ainsi  les deux unités restantes de Corse que sont Ajaccio et Bastia se voient augmenter leur charge de travail pour protéger et défendre un territoire amputé d’un moyen, et ce sans l’équipage, sans le carburant  et sans le budget jadis affecté à Porto Vecchio
». Aujourd’hui les Douanes en Corse offrent un paradoxe : Bastia possède la plus récente unité du parc français et outre mer et Ajaccio, la plus vieille.  


« Combien de temps avant que ce navire choyé par un équipage conscient de la situation n’en puisse plus et que chacun commente à regret qu’aucun navire n’est éternel ? Peut-on aujourd’hui  parler de victoire quand l’ensemble du système tient sur l’engagement et l’implication d’agents dont les fiches d’heures explosent,  dont la capacité à encaisser la pression,  la capacité d’adaptation, la réactivité deviennent le principe universel de fonctionnement d’une administration garde côte en panne et à la dérive ?  Aujourd’hui la vedette de Bastia, faute d’effectifs, appareille à minima et en mode dégradé.  Aujourd’hui la vedette d’Ajaccio, moyen vétuste et ne correspondant plus à son époque est portée par son équipage et fait ses dernières patrouilles.  Pour les aires marines protégées, les parcs marins,  les usagers de la mer qu’ils soient pêcheurs, touristes, exploitants de navires, pour lutter activement contre les trafics, pour protéger le territoire français, pour les côtes de Corse, il faut que soient augmentés les effectifs et les budgets et il faut que soit renouvelé le moyen d’Ajaccio ». 




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