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Bastia : Julien Morganti (MCD) n'est plus adjoint au maire de Bastia


Rédigé par le Mardi 28 Juillet 2015 à 20:14 | Modifié le Mercredi 29 Juillet 2015 - 03:34


Julien Morganti, benjamin du conseil municipal de Bastia, n'est plus le 4e adjoint au maire de la ville. L'assemblée communale a en effet voté largement (26 contre le maintien, 8 pour et 4 non participations), lundi soir, contre son maintien à son poste au terme d'un débat au cours duquel les trois camps - celui de la majorité, celui de François Tatti et celui de l'opposition de gauche - ont usé de mots forts pour dire tout ce qui les séparait désormais. Plus d'infos à venir.


Trop petite lundi soir la salle du conseil municipal réservée au public. Et inutile d'espérer le moindre strapontin. Il est vrai que l'ordre du jour avec notamment le vote du maintien en fonction de Julien Morganti (MCD), au poste de 4ème adjoint au maire de Bastia avait mobilisé nombre de ses amis et partisans de François Tatti.

On connaissait l'issue. Et le résultat du vote (8 pour le maintien, 26 contre, 4 non participation avec 3 absents) n'a surpris personne même pas les amis de l'adjoint "banni" qui l'ont applaudi au départ comme à son arrivée dans la salle.

 

Par-delà cet acte, qui rompt définitivement les faibles liens qui unissaient encore le camp de la majorité municipale et les amis de François Tatti, cette séance du conseil municipal avec à son ordre du jour d'autres sujets bien plus importants et engageant la ville sur divers plans, aura permis aux uns et autres plus que de laver leur linge (sale?) presque en famille de se dire certaines vérités. Avec des mots qui n'étaient pas particulièrement tendre.

 

C'est Gilles Simeoni, le maire de Bastia, qui a ouvert le feu égrenant les mille et un griefs à l'encontre de François Tatti sans jamais vraiment le citer. 

" La majorité municipale considère qu'un certain nombre d'élus appartenant initialement à cette majorité n'ont pas respecté le contrat de mandature que nous avions passé. Il y a eu plusieurs difficultés publiques."

La première ?

Décembre 2014 avec le départ du groupe du MCD de quitter le conseil municipal avant l'ouverture de la session sans avertir ni maire, ni majorité.

Deuxième ?

A l'occasion du document d'orientations budgétaires. Le président du groupe MCD a exprimé en conseil municipal sans en avoir averti le maire ses "plus extrêmes réserves" vis à vis du document.

La troisième ?

La difficulté politique du refus du président du MCD de signer l'accord politique que les trois composantes de la majorité se proposaient de défendre à l'occasion des élections départementales. 

"La encore nous avons choisi de ne pas donner de dimension publique ou polémique à cette nouvelle entorse à la logique et à la discipline majoritaire".

Et puis il y a eu le pic de crise que Gilles Simeoni évoque dans notre vidéo.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

"Je vous ai dit qu'il n'était pas concevable de feindre de continuer à appartenir à la majorité et d'avoir des propos de cette nature, réitérés, venant au détour de plusieurs comportements qui étaient autant de manquements graves au contrat que nous avions passé" a martelé Gilles Simeoni en s'adressant à François Tatti.

"J'ai alors demandé aux élus de votre groupe et plus particulièrement à ceux qui ont des fonctions qui leur ont été conférées de par leur appartenance à la majorité municipale de dire si oui ou non ils étaient solidaires de ces propos ou si je pouvais attendre d'eux une expression publique visant à l'apaisement, une expression privée visant à regretter ces mots. Je l'ai dit notamment à Mme Pellegri, qui a toujours eu un comportement loyal avec la majorité municipale tout en appartenant à votre groupe. Je l'ai dit également à M. Morganti dès le 10 Juin. J'ai attendu la réponse. Elle n'est jamais venue."

Gilles Simeoni a donc considéré que le "délai imparti pour clarifier avait largement expiré" et qu'on "ne pouvait pas continuer dans une situation d'hypocrisie totale."

Le maire de Bastia a donc décidé de trancher. Dans les conditions imposées par la loi. Avec le plus grand respect des individus. Le respect constant des différences politiques et idéologiques que nous choisi d'assumer dans le cadre d'un contrat. "Vous avez décidé de ne pas respecter ce contrat. J'en ai tiré les conséquences". 

Et donc de proposer à l'assemblée communale ce vote pour ou contre le maintien du 4ème adjoint.


A l'heure du débat Philippe Peretti au nom du groupe Bastia Social et Solidaire a rappelé que le conseil municipal avait été élu sur un programme ambitieux qui s'accompagnait d'une méthode de travail et donc d'un contrat de mandature… Le maire de Bastia et sa municipalité doivent pouvoir compter sur la représentation majoritaire de la ville. On ne peut pas jouer la CAB contre la ville. Et la ville contre la CAB. Les projets solidaires impliquent la solidarité des hommes. La décision que nous allons prendre est une position logique qui ne porte en aucune façon sur la personne de l'élu concerné".


Jean-Baptiste Raffalli a rappelé qu"une délégation ce n'était pas seulement un geste de confiance. Si pour gagner il faut faire une addition, pour une délégation il faut faire des soustractions. On prend les voix de chaque groupe et au donne le nombre de délégations à la hauteur des voix que ce groupe a obtenu. Aujourd'hui nous rentrons selon moi dans une phase de cohabitation qui durera 4 ans : si la majorité existe bien en sièges, électoralement sur la ville vous vous séparez d'un groupe important avec les 15% obtenu par celui de M. Morganti."

Joseph Massoni (Bastia Avant tout) a dit pour sa part à l'assemblée que son groupe "approuvait unanimement la décision du maire de Bastia." Une décision qu'il fallait prendre impérativement pour garantir la cohésion municipale et pour pérenniser l'action que nous effectuons depuis un an et demi au service des Bastiais. Le travail en équipe est un fleuve qui peut s'assécher s'il n'est pas alimenté par la confiance".



Bastia : Julien Morganti (MCD) n'est plus adjoint au maire de Bastia

Vint ensuite de l'intervention de François Tatti.

Au-delà des propos retenus dans notre vidéo, le président du MCD a estimé que tous les éléments présentés par Gilles Simeoni "ne forment pas une explication suffisante à la rupture du contrat de mandature."

"Tout le monde a bien compris que ce que vous visez c'est autre chose" a ajouté François Tatti à l'adresse du maire de Bastia."Vous voulez éliminer un part qui vous a fait élire et qui demain peut être un obstacle à quelque chose".

Pour François Tatti les non-dits que l'on a deviné derrière le propos de Gilles Simeoni sont liés à d'autres élections. Départementales. Territoriales.

"Mais sacrifier l'union municipale de Bastia au titre de vos ambitions c'est gravissime" a -t -il ajouté.

Pour François Tatti Gilles Simeoni n'aurait qu'un seul objectif : "créer un autre clan!"

Je connais ça, j'ai vécu ça, j'en ai souffert. Je pensais qu'aujourd'hu j'avais à faire à des gens qui ne voulaient pas reproduire ces schémas or le constat est très simple : en accomplissant cet acte de rupture sans raison vous rejoignez ces gens du système que vous prétendez combattre".

Et François Tatti a poursuivi : " Vous devenez un homme du passé. Les Bastiais vous voient tel que vous êtes vraiment accaparé essentiellement par le pouvoir et l'ambition."

Puis est venu dans la discussion le cas de Leslie Pellegri. Pour François Tatti elle a fait savoir que les propos tenus par Gilles Simeoni dans la presse sur le fait qu'elle resterait travailler au sein du conseil municipal "était faux" et "qu'elle quitterait les fonctions de conseillère municipale".
Après avoir rendu un hommage, appuyé à Julien Morganti, François Tatti, qui estime que désormais Gilles Simeoni n'est plus majoritaire à Bastia, au maire de la ville de retourner devant les électeurs.


Dans la foulée Jean Zuccarelli a rappelé qu'en 2014 Gilles Simeoni avait présenté un attelage plus qu'un programme. On le comprend et on le déplore. On le comprend parce que vous ne pouviez pas en 48 heures préparer un programme cohérent pour la mandature On le déplore parce que depuis avril 2014 nous n'avons pu trouver trace du plan que vous seriez sensé dérouler pour permettre à notre ville ville de se développer et de s'épanouir.

L'attelage s'est désuni. Depuis des mois les masques n'en finissent plus de tomber. En vous coupant officiellement d'une partie de votre coalition,  vous ne pouvez plus vous prévaloir aujourd'hui du soutien d'une majorité de Bastiais."

Et de s'interroger : "Qu'en sera t-il demain avec les autres membres de votre majorité. Et à la CAB ? Et au niveau régional où vous voulez reproduire le modèle bastiais. Mais quel modèle !"

En tout cas pas question pour lui de prendre part ce vote.
 

 

"Il y a un proverbe qui dit " on peut tromper un temps tout le monde, on peut tromper quelqu'un tout le temps mais on ne peut pas tromper tout le temps tout le monde" : c'est ce que nous vérifions ce soir"  a lancé pour sa part à l'assemblée Francis Riolacci.

Une alliance bâtie sur le mensonge : c'est ce qu'est la majorité municipale pour Francis Riolacci. "Et donc elle ne tient pas. Le seul ciment c'était votre appétit commun de pouvoir, y compris en passant des alliances contre nature qui ne résistent pas".

"Bienvenue dans l'opposition de gauche" a lancé Francis Riolacci à François Tatti et à ses amis en dénonçant au passage ce procès politique public.

Pour le représentant du Parti communiste "les Bastiais ont été trompés" par " une alliance fondée sur un mensonge" a répété Francis Riolacci qui, après avoir taquiné les 3% dont avait été crédité dans un sondage Emmanuelle de Gentili et avoir rappelé que Jean-Louis Milani avait réalisé le score le plus "médiocre" de la droite bastiaise, a renouvelé sa demande de retourner devant les électeurs?

 

Pour Jean-Louis Milani le cas évoqué était " sérieux mais exceptionnel" : la mandature précédente avec le retrait de délégation à François Tatti avait connu la même situation. "Il s'agit d'une crise de la majorité qui, je vous rassure M. Zuccarelli. je vous rassure M. Riolacci, je vous rassure M. Tatti, sera surmontée. Car  cette majorité est déterminée et soudée derrière le maire" a poursuivi Jean-Louis Milani.

L'adjoint au maire n'a pas manqué ensuite, en écho des propos de Francis Riolacci, de rappeler que la majorité avait été "historiquement" validée par le suffrage universel et que cette validation a été confirmée aux élections départementales - "on vous a pas vus" - et ce n'est qu'au terme "du mandat que les électeurs, et eux seuls, jugeront si nous sommes aptes à rester ou si la majorité d'aujourd'hui doit partir."

Puis Jean-Louis Milani s'est fait ardent défenseur de cette majorité en tonnant et en lançant à qui voulait l'entendre. "Cette majorité municipale s'est scellée autour d'un projet pour Bastia et pour les Bastiais bâti sur des principes telles la transparence et l'équité. Mais pour les appliquer il est primordial que la liberté prévale entre les différentes composantes de la majorité. Ça n'a pas toujours été le cas"

Et d'ajouter :''Je ne parle pas beaucoup, mais je suis témoin de beaucoup de choses. Et je peux le dire haut et fort : le contrat de mandature n'a pas été respecté par certains!"


 

Gilles Guerrini du groupe Inseme per Bastia a rappelé pour sa part comment après le score réalisé au premier tour des dernières municipales  le mouvement avait "proposé un contrat politique à des gens qui courageusement ont accepté de venir avec nous. Nous avons eu aussi le courage de nous ouvrir à des gens qui n'étaient pas obligatoirement d'accord avec nous.Mais nous avons pris le risque de choisir une nouvelle voie pour la Corse. Ce contrat ils le respectent. D'autres s'en sont légèrement éloignés. Dès lors on ne peut pas avoir un vote différent à la CAB et un vote différent au conseil municipal". Le groupe a donc décidé d'aller dans le sens de la demande du maire, et son porte-parole a souligné qu'il y avait à Bastia une majorité prête à travailler pour faire avancer la ville à partir des projets qu'elle va mener.

 

Dernière intervenante dans le débat Emmanuelle de Gentili a commencé par rendre hommage à Julien Morganti, "un homme compétent, disponible qui a fait preuve de beaucoup d'investissement dans la fonction qui a été la sienne."

Ce qui est en question ce n'est pas l'homme. " C'est la cohérence, la cohésion, la loyauté dans le cadre d'une alliance politique décidée en 2014" ce que n'a pas appliqué, selon Emmanuelle de Gentili, François Tatti qui doit aujourd'hui faire face à son isolement tant à la CAB qu'au conseil municipal. Pour la première adjointe au maire "il ne peut y avoir de divergences entre l'appréciation qu'il y a à la Ville et qu'il y a à la CAB. Les représentants de la communauté d'agglomération représentent la majorité bastiaise. La ville et la CAB ont eu impérieuse nécessité de travailler dans le même sens dans la mesure où tout blocage à la CAB entraîne blocage à la ville."

Aujourd'hui nous sommes solidaires de l'action du maire de Bastia, nous sommes une majorité à trois dimensions qui renforcent les projets et l'action au quotidien."

Le mot de la fin est revenu à Gilles Simeoni qui a dit sa détermination à travailler au service de Bastia et des Bastiais.

"Nous avons bien fait de nous unir autour de valeurs et d'un contrat de mandature d'un même projet pour Bastia. C'est un choix que je continuerai de défendre parce que il a été validé par le peuple, l'ensemble des forces de progrès, parce qu'il a crée une dynamique et un espoir immenses. J'avais dit que la route serait longue, qu'elle serait difficile, que les difficultés ne manqueraient pas et qu'il y aurait certainement des déceptions et des désillusions. Ce qui arrive aujourd'hui tait partie des déceptions. Et des désillusions. La majorité municipale a travaillé au service de tous dans le respect strict du contrat de mandature et au-delà de la lettre et de l'esprit de mandature, il y a une valeur qui est essentielle à la construction de relations politiques durables : c'est la loyauté".
L'assemblée communale a ensuite voté.
On sait ce qu'il est advenu.





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