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Autotests dans les grandes surfaces : la colère des pharmaciens corses


Julia Sereni le Mardi 28 Décembre 2021 à 19:48

Les grandes surfaces peuvent désormais commercialiser des autotests de dépistage anti-Covid, et ce, jusqu’au 31 janvier 2022. Une nouvelle qui provoque la colère des pharmaciens, jusqu’alors seuls autorisés à les vendre.



Autotests dans les grandes surfaces : la colère des pharmaciens corses
L’annonce lui a « scié les jambes ». Pour Sandrine Leandri, pharmacienne ajaccienne et trésorière de l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) de Corse, l’arrivée des autotests en grande surface est une bien mauvaise nouvelle. « Je pensais qu’on était tous unis par la volonté de faire de la sécurité sanitaire, pas du commercial », lâche-t-elle.

« En grande surface, le conseil derrière, il est où ? »

« Un test n’est pas un produit d’appel comme une boîte de chocolats ! », s’agace Sandrine Leandri. La pharmacienne est formelle, l’autotest est un dispositif médical, et à ce titre, il doit être vendu par un professionnel de santé. « En grande surface, le conseil derrière, il est où ? », s’inquiète-t-elle. « Nous, notre métier, c’est vendre à la bonne personne au bon moment et expliquer comment faire. Eux, ils vont faire du volume ! Je ne pense pas que la caissière va expliquer comment on met le coton-tige dans le nez, comment on lit le test, etc », poursuit Sandrine Leandri.
 
Autre point d’inquiétude, le prix. Aujourd’hui, le prix maximum de vente d’un autotest est fixé à 5,20 euros. Certaines enseignes comme Système U, Leclerc ou Lidl ont d’ores et déjà annoncé qu’elles commercialiseraient les autotests à prix coûtant. « Forcément la grande distribution va jouer sur le prix », commente Sandrine Leandri. « C’est de la santé publique qu’on fait, pas du prix » Enfin, ce qui révolte la professionnelle de santé, c’est « le fait que la grande distribution ait pu faire du stock d’autotests », alors que les pharmacies en manquent cruellement sur le terrain, « depuis des semaines ». « C’est hallucinant », estime Sandrine Leandri.

« il ne faut pas s’étonner que les pharmacies se révoltent »

 À la pharmacie des Alizés, toujours à Ajaccio, le constat est le même. « Des tests dans les grandes surfaces, pourquoi pas, s’ils ont la chance d’en avoir, car malheureusement nous, nous sommes en rupture depuis trois semaines », indique Lucie, préparatrice en pharmacie. « Ce serait d’abord plus évident qu’il y en ait dans les pharmacies ! » Pour la jeune femme, « il ne faut pas s’étonner que les pharmacies se révoltent »« Pourquoi faisons-nous des études si les dispositifs médicaux peuvent être vendus n’importe où ? », interroge-t-elle. « Il faut que les gens prennent conscience qu’ils achètent dans des lieux qui ne sont pas prévus pour. »

Si toutes deux se défendent de vouloir conserver un monopole, elles ne cachent pas que cette nouvelle mesure ne fait qu’ajouter à un « ras-le-bol » général de la profession. « Les tests, les vaccins, en pharmacie, on est au bout de notre vie là », soupire Sandrine Leandri, en guise de conclusion.













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