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Arte Mare : « Les Chatouilles est un film de vie ! »


Rédigé par Laurent Hérin le Vendredi 12 Octobre 2018 à 19:11 | Modifié le Samedi 13 Octobre 2018 - 23:54


Les Chatouilles, premier film d’Andréa Bescond et Eric Métayer était diffusé en avant-première ce vendredi au Théâtre de Bastia dans le cadre du Festival Arte Mare. L’occasion pour CNI de rencontrer les deux réalisateurs venus le présenter sur l’île de Beauté.


Les Chatouilles est présenté dans le cadre du Festival Arte Mare à Bastia. C’est la première fois que vous venez ici ? Sur l’Île ?
Eric Métayer : Non, je connais bien la Corse. J’ai travaillé il y a quelques années comme moniteur de voile à Santa Giulia et Rondinara. J’en garde un excellent souvenir. Je me suis pas mal promené, même si je connais moins le nord de l’île.
Andréa Bescond : J’ai un souvenir de la Corse, je devais avoir 13 ou 14 ans. J’étais venue faire une randonnée, dans le sud aussi, entre Porto Vecchio et Figari. Une marche harassante mais quel bonheur, le soir, de se retrouver dans une auberge et de déguster des spécialités locales. Surtout après une longue journée de marche [rires].
 
Et le Festival ?
E.M : On en avait entendu parlé, un peu. Mais on ne vient pas du monde du cinéma. On connaît plus, par exemple, l’Aria et Robin Renucci.
 
Justement, vous venez du théâtre et c’est votre premier film. Mais aussi un premier passage à Cannes, où vous étiez en lice pour la Caméra d’Or (qui récompense le meilleur premier film), et de nombreuses récompenses – le prix d’Ornano à Deauville, Hambourg, Namur, etc.
E.M : On en est les premiers étonnés d’un tel accueil. Ce premier film, ces prix, cet accueil, on le prend comme un “cadeau de bienvenu“. Et c’est plutôt agréable !
 
Un premier film donc mais qui est le prolongement d’une pièce et même d’un livre. Une suite logique ou un hasard ?
A.B : Une pièce oui, le livre est seulement la transposition du texte. Un spectacle où je joue seule sur scène. Il a été créé en 2014 et présenté une première fois à Avignon. On tourne avec depuis. Même pendant l’écriture du scénario pour le film, je continuais à me produire sur scène. Mais voilà, la dernière approche – février 2019 – du moins, pour moi. Le spectacle va continuer avec une nouvelle actrice qui est en pleine répétition.
 
Extrêmement sensible et trop souvent tabou, le sujet du film est celui des violences sexuelles sur les enfants. Et ici, particulièrement, dans l’environnement familial.
Oui, il ne faut pas oublier que la plupart des violences sexuelles sont commises, non pas par des inconnus mais par des personnes de l’entourage. Je parle bien entendu ici d’une expérience personnelle mais ce qui m’intéressait, dans la pièce comme dans le film c’est l’angle que j’allais utilisé. La façon d’aborder la « reconstruction » du personnage.
On a pensé et construit ce film comme un message d’espoir mais sans qu’il soit pédagogique pour autant. C’est une expérience, une réaction face à ce drame. Mais chacun doit pouvoir le vivre comme il l’entend. Par contre, on serait très heureux que le film serve de base de discussion dans le milieu scolaire.
 
Au contraire de la pièce ou vous interprétez tous les rôles, vous faites ici appel à un casting 5 étoiles : Karin Viard, Clovis Cornillac, Pierre Deladonchamps mais aussi Carole Franck dans le rôle de la psy ou encore Gringe en pote ?
Karine [Viard, NDLR] a très vite dit oui. Pour un premier film c’est une chance. Et derrière, ça a suivi très vite. En plus, Clovis Cornillac par exemple a pris du poids avec le succès de Belle et Sebastien 3 tandis que Pierre Deladonchamps était dans trois films à Cannes ! On mesure alors encore plus la chance de les avoir vu rejoindre notre casting.
Mais de la même façon que nos producteurs nous ont proposé de faire le film après avoir vu la pièce, les acteurs disaient très vite oui aussi après le spectacle. C’est une magnifique carte de visite.
 
On ressort de ce film complétement bouleversé mais aussi avec une pêche incroyable. Avec l’envie de prendre les gens dans ses bras, de parler, de rire et de danser !
C’est un film de “vie“ avec une énergie vitale en effet. Les propos sont forcément dur par moment, sur certaines scènes mais c’est un film qui parle avant tout de vivre, d’aller de l’avant. Comme dans le spectacle, on retrouve cette énergie et ça en fait un film très physique – avec une utilisation incroyable de la danse, NDLR. On a eu la chance aussi de travailler avec une super équipe que ce soit les acteurs ou l’équipe technique. C’était notre premier film, on a plus l’habitude du théâtre mais on proposait plein de choses. Et Pierre ou Karine nous disait : « allez, go, on essaye ». Ils nous faisaient confiance. Notre chef ‘op aussi, Pierre Aïm – La Haine, Polisse, Le Caire Confidentiel, etc. –, qui, malgré toute son expérience, nous suivait dans nos délires [rires]. On a réussi à instaurer un esprit de troupe, un peu comme au théâtre. On détectait les problèmes et on laissait le temps à chacun de les régler. C’est important ce lien « humain » dans le travail. On a tourné sur une courte période, 35 jours. Pour l’anecdote, Karine Viard parle des Chatouilles en disant : « Notre film. » Ce fut une vraie expérience collective.
 
Avant même la sortie du film on peut parler d’un succès – public, critique. Cet accueil vous donne-t-il envie de prolonger l’aventure cinéma ? Ou de partir vers tout autre chose ?
On fait déjà la promo du film, on l’accompagne jusqu’à sa sortie. Et on espère même après. Mais, en parallèle, on prépare une nouvelle pièce de théâtre qu’on espère présenter à Avignon en 2019. Mais on espère bien revenir très vite au cinéma. Tous les deux.
 
Les Chatouilles sort sur tous les écrans le 14 novembre.
 
Le Festival Arte Mare se poursuit jusqu’à samedi avec une grande soirée de clôture – remise des prix, projections, dégustation et boum dans le Péristyle. Le programme est en ligne ici.





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