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Archéologie. Dominique Garcia (Inrap) : "la Corse est un espace à part par son histoire singulière"


Livia Santana le Mercredi 17 Novembre 2021 à 13:45

De passage pour un séminaire au musée archéologique de Lucciana le président de l'Inrap, Dominique Garcia retrace pour CNI les principales découvertes réalisées par l’archéologie préventive sur l'ile qui ont permis de mieux connaître l'histoire de la Corse et de sa place stratégique au coeur de la Méditerranée



Dominique Garcia, président de l'Inrap et le directeur général délégué Daniel Guérin
Dominique Garcia, président de l'Inrap et le directeur général délégué Daniel Guérin
- L’Inrap (institut national de recherches archéologiques préventivess’apprête à fêter ses 20 ans. Qu’est-ce que ça a apporté sa création à l’archéologie en Corse ?
- Il faut savoir que nous sommes un établissement public qui réalise des fouilles en amont des aménagements. On essaie de concilier deux actions fortes : l’aménagement du territoire et la préservation de la mémoire historique. Sur la Corse, depuis trois ans, nous avons réalisé une centaine de fouilles dans les endroits où le patrimoine risquait d’être détruit. Les archéologues de l’Inrap sont intervenus pour l’étudier, le valoriser au sein des musées en faisant des conférences, en partageant les découvertes sous l’autorité de la DRAC (Ndr; la direction régionale des affaires culturelles) qui prescrit ces fouilles. Sur le plan plus technique, vingt ans plus tard, l’Inrap en Corse c’est une base à Vescovato, une dizaine de spécialistes qui sont sur place en permanence, des jeunes Corses qui participent aux opérations. En fait, c’est une nouvelle école de l’archéologie corse qui prend le flambeau et qui vient réécrire pour l’intérêt de tous ces nouvelles histoires.

- Vingt ans de fouilles menées en Corse, quelles sont les découvertes majeures réalisées ?
- En Corse, il y avait un petit déficit sur les fouilles préventives mais cela s’est accéléré donc on a fait beaucoup plus de découvertes. Aujourd’hui on a retrouvé des traces de l’âge de bronze. Les liens qu’entretenait l’île avec la Sardaigne, les particularités de la culture corse à cette période ont été raconté dans les travaux de Kévin Pesce-Quilichini. On a aussi trouvé des témoignages de la présence grecque ou encore Etrusque à Aléria, ce qui ne se trouve nul part ailleurs sur le territoire national. Récemment,  nous avons fouillé une tombe parfaitement conservée à Aléria, aussi trouvé le sanctuaire au dieu Mithra à Lucciana. Nous faisons donc des découvertes régulières qui permettent de donner un éclairage sur le terrain et qui montre aussi une place forte pour la Corse au sein de la Méditerranée. 

- Justement, les découvertes en Corse ont-elles révélé les secrets de la Méditerranée ?
- La Corse est un véritable laboratoire à ciel ouvert. Par exemple, les étrusques n’étaient pas des états nation entourés d’une frontière mais plutôt des cités qui étaient reliées entre elles. Aujourd’hui, en Italie on fouille très peu de tombes étrusques donc les recherches que nous avons effectué sur la tombe d’Aléria permettent d’illustrer de manière parfaite les rites funéraires du monde étrusque, de mettre en perspectives les fouilles anciennes déjà réalisées mais également d’éclairer de manière large la civilisation étrusque telle qu’elle est connue en Italie. Cette dimension européenne et méditerranéenne des fouilles en Corse est ce qui fait qu’elles sont très intéressantes.

- Quand on dit que la Corse est au coeur de la Méditerranée, cela se ressent dans les trouvailles ? 
- L’Inrap intervient dans toutes les régions du territoire national mais la Corse est un espace à part par sa localisation géographique et par son histoire singulière. Souvent les vestiges que nous avons en Corse nous ne les retrouvons pas ailleurs et les indices retrouvés nous connectent à la Sardaigne, à l’Italie et au Sud de la Méditerranée. 

- Quels sont les trésors qui, à votre avis, restent à découvrir ? Les surprises que cette île nous réserve ?
- Il y a sans doute encore des trésors, la multiplication des fouilles permettra encore d’écrire de nouvelles pages de l’histoire. Les grands défis dans les années qui viennent se concentrent surtout sur la période Médiévale. Les sites médiévaux sont souvent sous les villages corses, il y aura sans doute à l’avenir des fouilles à l’intérieur de ces villages. Au sein de l’Inrap nous avons aussi une cellule d’archéologie sous-marine et bien entendu les côtes de la Corse qui sont au coeur des trafics méditerranéens livreront des vestiges importants ce qui permettra de mieux connaître l’histoire, valoriser un patrimoine.

-Vous avez souvent affirmé que par les fouilles et vos recherches vous aimez comprendre comment se construit l’identité d’un peuple. Quelle est donc l’identité corse ?
- On remarque une mouvance, des influences extérieures ce qui constitue une ouverture et une originalité de l’île. Nous avons publié un ouvrage chez Flammarion, La fabrique de la France non pas pour écrire un roman national de plus, au contraire pour pointer que ces faciès régionaux ont montré des dynamiques culturelles fortes grâce à l’apport des migrations, de contacts, de conflits. Dans ce livre, la Corse a donc droit à de belles pages puisqu’elle est l’expression de ces apports.

200 fouilles par an en Corse
Si au niveau national l'Inrap réalise en moyenne 2.200 diagnostics et plus de 200 fouilles par an, seulement en Corse sur les 4 dernières années, c'est une centaine d'opérations qui ont été réalisées. Grace à ce dynamisme depuis 2018 d'ouvrir un centre de recherche a ouvert  à Vescovato.





















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