(Photos Gérard Baldocchi)
Quelques jours après que le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) a révélé la découverte d’un dispositif combinant géolocalisation et écoute dans l’un de ses véhicules, présenté comme étant « d’origine policière », l’Associu Sulidarità affirme à son tour avoir retrouvé plusieurs dispositifs similaires dans des véhicules de militants de Nazione. Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi à Bastia, ils affirment que six véhicules auraient été concernés par ces découvertes. Selon eux, ces dispositifs auraient été placés dans « des véhicules privés et professionnels liés à des activités militantes, associatives et professionnelles ». Une découverte qui « dépasse largement le cadre d'un simple incident ».
Dans un communiqué lu à la presse, l’Associu Sulidarità, par la voix de Thierry Casolasco, son président, dénonce « une attaque politique contre des militants engagés et contre les libertés fondamentales ». Les deux organisations évoquent des « pratiques barbouzardes » et estiment que la pose clandestine de balises GPS et de dispositifs d’écoute « constitue une surveillance politique, une tentative d'intimidation, une volonté de fichage et une atteinte grave aux libertés individuelles ». Selon eux, cette surveillance « dépasse largement le cadre d'une prétendue procédure technique ou judiciaire » et viserait également la vie personnelle et professionnelle des personnes concernées. « C’est l’ensemble de la vie des militants qui est visé : leurs déplacements, leurs activités professionnelles, leurs engagements associatifs et politiques ainsi que leurs relations et leur quotidien. »
Ils établissent également un lien entre ces découvertes et la récente journée des prisonniers politiques organisée à Ajaccio par l’Associu Sulidarità. Lors de cet événement, militants, avocats et familles avaient « dénoncé les violences policières, les dispositifs judiciaires d'exception et les méthodes de surveillance » visant, selon eux, les militants indépendantistes corses. « Aujourd'hui ces pratiques perdurent dans le temps et ce malgré un discours étatique illusoire relatif à l'avenir politique de la question corse », précisent-ils, déclarant notamment que « le hasard du calendrier n'existe pas ».
Pour les représentants des deux structures, cette affaire confirme « l'installation progressive d'un système de surveillance accrue visant les mouvements patriotiques et au-delà, l'ensemble des contre-pouvoirs de la lutte de libération nationale ». « Pendant que la Corse continue son escalade dans le narcotrafic et subit l'emprise de bandes criminelles dans tous les domaines, les moyens policiers et judiciaires semblent une nouvelle fois mobilisés contre des militants engagés pour ce pays. En fait, l’État français organise en Corse, comme il l'a toujours fait dans toutes ses colonies, une déstabilisation permanente de la société et une criminalisation systématique de toutes les forces vives qui visent à libérer notre pays d'une dépendance mortifère. »
Dans ce contexte, l’Associu Sulidarità et Nazione refusent « que l'engagement militant devienne un motif de surveillance occulte » et « que les tentatives d'intimidation deviennent des outils de gestion politique de la Corse ». « Nous exigeons la fin des méthodes de surveillance clandestine et des dispositifs d'exception utilisés contre des militants engagés. Les faits de ces derniers jours démontrent une nouvelle fois qu'aucune issue durable ne pourra être trouvée à travers la répression et les logiques sécuritaires. La seule réponse possible est une réponse politique. Une véritable solution politique aurait dû être intégrée naturellement au dit « processus de Beauvau ». Or, cette dimension demeure absente. »
À l’issue de la conférence de presse, les responsables de l’Associu Sulidarità et Nazione ont indiqué ne pas avoir, à ce stade, déposé plainte. Ils ont par ailleurs présenté l’un des dispositifs retrouvés, dissimulé selon eux derrière le poste radio à l’intérieur d’un véhicule. Ils expliquent que « face à cette nouvelle dérive, notre réponse sera politique, collective et déterminée ». « Nous continuerons à dénoncer les logiques répressives, les juridictions d'exception, les violences policières, les pratiques de surveillance politique et toutes les tentatives visant à faire taire un peuple engagé pour ses droits et sa dignité. Nous affirmons notre solidarité totale avec les militants de Nazione visés et nous affirmons également notre détermination intacte à poursuivre le combat pour la souveraineté de notre peuple ! »
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