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Incendies, climat, agriculture : deux eurodéputés en déplacement en Corse


Léana Serve le Mardi 12 Mai 2026 à 17:35

En déplacement en Corse, les députés européens Grégory Allione et Jérémy Decerle ont rencontré ce mardi les pompiers du SIS de Haute-Corse et des représentants du monde agricole. Les deux élus ont défendu une même vision : renforcer la résilience de l’Union européenne face aux incendies, aux crises climatiques et aux enjeux de souveraineté alimentaire, en tenant compte des spécificités locales.



Les députés européens Jérémy Decerle et Grégory Allione sont en visite en Corse
Les députés européens Jérémy Decerle et Grégory Allione sont en visite en Corse

En déplacement en Corse depuis lundi, Grégory Allione et Jérémy Decerle, députés européens du groupe Renew Europe, poursuivent ce mardi une série de rencontres avec plusieurs acteurs du territoire. Après des échanges avec des responsables politiques locaux, les deux élus se sont rendus au Service d’Incendie et de Secours de Haute-Corse avant d’aller à la rencontre du monde agricole. Au cœur des discussions : la capacité de l’Union européenne à répondre aux défis liés aux incendies ou encore à la souveraineté alimentaire.
 

Ancien président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France et rapporteur sur la révision du mécanisme européen de protection civile (UCPM), Grégory Allione a largement axé son déplacement sur les enjeux de sécurité civile. Pour le député, la question du volontariat reste « le meilleur exemple de l’engagement citoyen », alors que certaines interprétations européennes du droit du travail suscitent régulièrement des inquiétudes chez les sapeurs-pompiers volontaires. « Faire apparenter le volontariat à un emploi intégrant le Code du travail serait dangereux », prévient-il. Une évolution qui pourrait fragiliser l’organisation, notamment en Corse, où près de 80 % de sapeurs-pompiers sont volontaires.
 

Le député européen plaide également pour un renforcement de la coopération entre les services de secours européens. Parmi les pistes avancées : la création d’un « Erasmus de la protection civile », inspiré du programme universitaire européen. L’objectif serait de permettre aux jeunes sapeurs-pompiers et aux écoles de formation d’échanger leurs pratiques afin d’harmoniser les interventions à l’échelle européenne. « Aujourd’hui, on a la capacité d’envoyer des pompiers corses dans le nord de la France et des pompiers du Nord en Corse, parce qu’on parle tous le même langage. L’Erasmus de protection civile, ce serait de faire travailler les académies entre elles pour qu'on ait le même corpus doctrinal. »
 

Le député européen met également en avant la nécessité de renforcer les moyens européens face à la multiplication des catastrophes naturelles. Il plaide pour une augmentation du budget de l’UCPM à 12 milliards d’euros pour la période 2028-2034, après être passé de 500 millions à 3 milliards d’euros après 2022. Des financements supplémentaires qui permettraient notamment de développer des capacités communes en matière de lutte contre les incendies, avec l’acquisition d’avions ou d’hélicoptères bombardiers d’eau, mais aussi « de matériel comme des éléments d’hôpitaux de campagne afin d’agir dans le cadre de catastrophes naturelles ou de pandémies ».


Grégory Allione : rencontre avec le SIS 2B
Grégory Allione : rencontre avec le SIS 2B

Le défi de l'agriculture

Autre sujet abordé lors du déplacement des deux députés : l’avenir de l’agriculture européenne et les enjeux de souveraineté alimentaire. Éleveur en Saône-et-Loire et membre de la commission Agriculture du Parlement européen, Jérémy Decerle a insisté sur la nécessité d’adapter les politiques européennes aux réalités des territoires insulaires comme la Corse. « Il y a ici une forme d’agriculture qui mérite d’être respectée et accompagnée, parce que c’est aussi un joyau et une richesse pour l’Europe », estime le député européen, évoquant notamment les filières de l’élevage et de la viticulture. Selon lui, la future politique agricole commune devra conserver « une ambition européenne forte » tout en tenant compte des spécificités locales.

Il a également alerté sur le défi du renouvellement des générations agricoles, qu’il considère comme l’un des principaux enjeux pour les années à venir. « Plus de la moitié des agriculteurs européens sont à cinq ou dix ans de la retraite et seulement 5 à 6 % ont moins de 35 ans », rappelle-t-il. Pour Jérémy Decerle, ce défi est encore plus marqué dans des territoires comme la Corse, où les contraintes foncières et économiques compliquent les installations. Le député plaide ainsi pour des dispositifs « plus ciblés » afin de faciliter à la fois l’installation des jeunes agriculteurs et la transmission des exploitations. « Il faut mettre des moyens financiers supplémentaires. Dans la politique agricole commune, il est demandé d’avoir un budget avec plus de 10 % consacré au renouvellement des générations. Une fois qu'on a le budget, on a tout intérêt à essayer de personnaliser les dispositifs en fonction des territoires et de leurs spécificités. »