Après plusieurs mois de travaux, le chantier de déconstruction de l’ancienne usine d’amiante de Canari touche à sa fin. Une réunion publique a été organisée ce mardi à la salle des fêtes du village afin de présenter à la population le bilan des opérations menées sur ce site sensible du Cap Corse. Exploitée de 1948 à 1965 par la Société minière de l’amiante, l’usine a transformé pendant près de 20 ans les fibres extraites de la carrière voisine avant d’être abandonnée sans remise en état. 60 ans plus tard, l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), missionnée par l’État, a engagé un vaste chantier de sécurisation du site, comprenant notamment la démolition des trois bâtiments industriels.
Débuté en novembre 2025, le chantier, confié à un groupement d’entreprises, entre désormais dans sa phase finale. Le repli des installations est en cours et la circulation sur les deux voies de la RT80 doit être totalement rétablie d’ici la fin du mois de mai. Présentée par les services de l’État comme une opération « hors norme », l’intervention a mobilisé en moyenne 13 personnes en continu et a conduit à la production de 7 000 tonnes de gravats mis en sécurité dans l’emprise du site, le tout pour un budget total de 5 millions d’euros, entièrement financé par l’État. Selon Arnaud Millemann, secrétaire général de la préfecture de Haute-Corse, l’un des objectifs principaux des travaux était de ne pas avoir d’émission d’amiante dans l’environnement. « Des bâtiments à flanc de falaise en bord de mer à ce point dégradés, c'est déjà techniquement compliqué, mais l’enjeu central, et c'est aussi pour ça qu'on déconstruisait, c'est de ne pas avoir d'émissions d'amiante dans l'environnement. »
Une attention particulière a ainsi été portée au suivi de l’empoussièrement lié à l’amiante avant le démarrage du chantier et pendant les opérations de démolition. « Trois dispositifs ont été mis en place pour s'assurer qu'il n'y avait pas de dépassement au-delà de la norme légale de 5 fibres par litre. Le premier, c’est sept collecteurs qui ont été placés dans les hameaux et les villages les plus proches de l'usine, et qui ont pris 840 mesures depuis un an pour faire un état initial et pendant les travaux afin de constater le respect du cahier des charges, c'est-à-dire pas d'émissions dans les lieux habités par la population. Le deuxième, c’est l’installation de capteurs directement sur les salariés présents sur le site. Et le troisième, c’est un certain nombre de capteurs qu'on a quand même voulu mettre en périphérie du site, si certaines activités ou certaines journées avec des aléas climatiques induisaient des dispersions d'amiante. Là, on a eu quelques petits dépassements inférieurs à 10 fibres par litre qui ont donné lieu à une adaptation des mesures de prévention, notamment un renforcement des brumisateurs d'eau qui permettent de capter les fibres, de les plaquer au sol et de les recycler. »
Un suivi post-travaux doit être engagé à partir du mois de juin, avec 520 nouvelles mesures prévues jusqu’en juin 2027. À terme, le site restera néanmoins inaccessible. « Ça reste un site dangereux qui sera inaccessible à la population. C’est pour ça que l’ADEME continuera dans les prochaines années à assurer la gestion et l'entretien du site pour le compte de l'État. » En parallèle, une fresque mémorielle doit être réalisée au mois de juin. « Elle va être peinte par une association sous la direction des deux maires, et il s’agira d’une fresque qui montrera les visages de ceux qui ont travaillé dans des conditions, évidemment, extrêmement difficiles dans cette usine. »
La réunion publique de ce mardi a quant à elle permis de continuer à aller à la rencontre de la population, « un engagement qu'on prend quand on fait ce genre de chantier ». « On est sur un site qui est quand même un enjeu patrimonial important pour les habitants du Cap et de la Corse en général. On avait très tôt voulu être dans une transparence et une concertation totale, donc on avait animé un certain nombre de réunions avec la population, avec les entreprises aussi, pour expliquer le choix du groupement et la façon dont le chantier allait se dérouler. Et comme un dispositif pour s’assurer que les gravats qui ont été recouverts n’émettent pas d’amiante, c’est aussi important d’aller voir la population. »
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