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Après la récolte des clémentines, la crise sanitaire bloque 320 Marocains en Corse


Livia Santana le Mercredi 19 Janvier 2022 à 17:17

Depuis deux semaines 320 travailleurs saisonniers marocains ne peuvent pas repartir de l'île en raison de la fermeture des frontières de leur pays d'origine. Malgré deux tentatives, la préfecture de Haute-Corse n'a pas réussi à débloquer la situation. Dans l'attente, des agriculteurs insulaires ont prolongé leur contrat et continuent à les héberger.



crédit photos : APRODEC-Clémentine de Corse
crédit photos : APRODEC-Clémentine de Corse
Ils sont arrivés comme chaque année en octobre pour ramasser les clémentines dans les champs de la plaine orientale mais depuis début janvier, rentrer chez eux au terme de leur contrat de travail, relève du parcours du combattant. A cause de la situation sanitaire, les 300 travailleurs saisonniers marocains se heurtent à la fermeture des frontières de leur pays closes depuis deux mois. Pourtant prévus les 11 et 19 janvier, aucun des deux vols reliant Bastia à Casablanca, affrétés pour leur retour par la compagnie Air Corsica, n’a pas pu décoller. L’ambassade du Maroc refuse l’entrée sur son territoire, même à ses ressortissants. 
 
Pour que la situation de ces 300 personnes soit en règle, un protocole au niveau national a été établi. « Afin d’assurer la stabilité de leur situation juridique, nous avons fait il y a une dizaine de jours, des autorisations provisoires de séjour et pour certains des autorisations de travail », explique le préfet de Haute-Corse, François Ravier.
A ce jour, 77 demandes ont été déposés, 20 dossiers sont réglés, les autres sont en cours d’instruction. Concernant les 220 travailleurs restants, ils sont toujours en règle puisqu’ils possèdent déjà des titres de séjours pluriannuels qui ne sont pas achevés.
 
Les agrumiculteurs corses dans l’embarras
 
Face à cette situation, les agrumiculteurs insulaires ont essayé, tant bien que mal, de prolonger les contrats des travailleurs marocains. C’est le cas de Vincent Marcadal, exploitant basé à Aleria, qui avait embauché une trentaine de saisonniers pour une durée de trois mois : « J’ai essayé de les placer sur des travaux comme du nettoyage, de l’épierrage…c’est compliqué parce que pour cela je n’ai pas besoin d’autant de personnes, alors j’essaie de faire tourner les équipes pour donner un peu de travail à tout le monde. »


Selon le président de la filière clémentine corse, Jean-Paul Mancel, une partie des 300 travailleurs auraient même été employés pour le maraichage des fruits d’été. Sur son exploitation, 8 Marocains sont bloqués. « J’ai essayé de leur donner un peu de travail. On répare des fossés, les dégâts liés aux inondations, c’est des travaux que j’ai du mal à faire avec mes permanents. J’ai toujours de la main d’œuvre, alors j’en profite mais si ça continue trop longtemps je ne pourrai pas continuer à les employer », déplore-t-il.
 
Si tous les agrumiculteurs n’ont pas pu donner de travail, tous se sont cependant engagés à continuer à les loger. « C’est la moindre des choses », lance Jean-Paul Mancel qui emploie certains saisonniers depuis 14 ans. « Ils sont presque devenus des permanents de l’entreprise, ici ils se sentent un peu chez eux », poursuit-il.

Du côté, des saisonniers l’attente commence a être longue. « Ils nous demandent tous les jours où ça en est. Mais nous, on a aucune information provenant du Maroc. Ils ont très envie de rentrer chez eux et se sentent délaissés par leur pays », regrette Vincent Marcadal, l’exploitant d’Aleria. 
 
Dans l’espoir que le Maroc rouvre ses frontières, deux vols pourraient être affrétés pour le début février. « Nous travaillons dans ce sens », indique le préfet de Haute-Corse.

















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