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Antoine Alessandri fait revivre"Les Chênes Verts"


Rédigé par Jacques RENUCCI le Vendredi 7 Décembre 2018 à 18:43 | Modifié le Vendredi 7 Décembre 2018 - 21:22


Un livre sensible et prenant sur la colonie de vacances installée à Vico dans les années cinquante et au-delà


Antoine Alessandri fait revivre"Les Chênes Verts"

Pour beaucoup de lecteurs nés dans les années cinquante, le nom des Chênes Verts de Vico évoquera quelque chose. Cette colonie de vacances, où le séjour avait le goût du bonheur, est évoquée avec fraîcheur dans le livre d'Antoine Alessandri « Les Chênes Verts ou ma belle colonie de vacances. »

L'auteur déroule ses souvenirs avec le ton juste que donne la mémoire heureuse. Car c'est bien là ce qui ressort de cette lecture : on n'est pas face à quelque nostalgie passéiste, mais on est transporté  par la chronique d'une jeunesse encore marquante et vivace.

Antoine Alessandri, en apparence, n'a qu'à laisser se dérouler le fil de ses réminiscences, avec un style qui s'adapte sans effort à la pente du temps. Tout commence à l'école primaire de garçons Pascal-Paoli, qui se trouvait montée du tribunal à Ajaccio. A la récréation, les petits jouaient devant le tribunal et les grands investissaient la place Abattucci. On prend plaisir à suivre le quotidien de ces gamins dans une ville à leur mesure, où ils allaient pêcher au port, faire du chariot à roulements à billes dans les rues et se baigner au Ricanto... Antoine Alessandri déroule un catalogue de plaisirs simples, dont le point culminant était le séjour estival aux Chênes Verts, un véritable château où tout était organisé pour que les enfants venus de toute l'île profitent au mieux du séjour. Et pas question d'y dépérir : une pesée à l'arrivée, une pesée au départ, comme une preuve pour les parents qu'ils avaient bien « profité. » En fonction de l'âge et du sexe, les organisateurs constituaient des équipes et des groupes, placés sous le contrôle d'un moniteur, qui se voyaient assigner un « territoire » et une tente de type militaire. Les journées étaient longues (lever à 7h30, en musique – du jazz ou du classique - « diffusée par haut-parleurs sur l'ensemble du domaine ») mais bien remplies. Les sanitaires étaient spartiates, l'eau fortement rationnée, les tables rudimentaires (des planches sur des tréteaux), mais qu'importe, un bien-être partagé était de rigueur.

Aux Chênes Verts, on apprend à vivre en société, à respecter des règles de conduite, à participer à l'effort collectif : on débarrasse les couverts, on range les tentes, on manie des outils, on ratisse le terrain, on nettoie les allées, bref on s'investit dans un effort commun avec une bonne humeur partagée. Antoine Alessandri détaille le fil de jours de la colonie, son rythme ritualisé où discipline et esprit ludique vont de pair. De nombreuses photos illustrent son propos, des photos de lieux et de personnes où l'on est sûr qu'ils seront nombreux à se reconnaître, ou à découvrir leurs parents dans leur jeune âge, celui de l'insouciance, des besoins raisonnables et des joies sans prétention.

Antoine Alessandri signera son livre à la librairie La Marge, rue Emmanuel-Arène à Ajaccio, ce samedi 8 décembre à partir de 17 heures.

 

«  Les chênes verts ou ma belle colonie de vacances » par Antoine Alessandri – Éditions A Fior di Carta – 12 euros




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