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Ajaccio : Le nouveau radar de la Punta opérationnel


Rédigé par José Fanchi le Mercredi 26 Septembre 2018 à 17:38 | Modifié le Mercredi 26 Septembre 2018 - 18:04


Détecter et quantifier les fortes précipitations, seul un radar de ce type, inauguré mercredi à la Punta peut le faire. On serait tenté de dire « era ora » tant les radars météorologiques sont devenus indispensables dans la vie de tous les jours. On se souvient du phénomène météo de la place Miot, le 14 octobre 2016 et de sa violence comme l’a rappelé le directeur de cabinet de la préfète de Corse, Guillaume Lericolais lors de son intervention. On peut à présent parler de la pluie et du beau temps avec justesse


(Photo Michel Luccioni)
(Photo Michel Luccioni)
Il va sans dire que l’installation de ce radar (le même qu’à Aleria) est une étape importante de la mise en place de la vigilance « crues » sur la Corse, prévue en 2020. Voilà donc l’île bien couverte par ces deux structures pour les deux versants d’Aleria et de la Punta, dont la surface sur laquelle le radar détecte les précipitations est très importante.


La façade Ouest totalement couverte
Cette installation intervient dans le cadre du projet PUMA lancé en 2011 et cofinancé par Météo France et le ministère de la transition écologique. Le radar constitue un outil d’observation important, comme l’a souligné Frédéric Atger, directeur interrégional de Météo-France pour le Sud-Est :
« Le radar a été placé ici au sommet de la Punta parce qu’il permet d’avoir une portée maximale sur l’ensemble de la façade Ouest de la Corse. Le relief de la Corse fait que le radar d’Aleria n’a qu’une portée réduite essentiellement à la partie orientale de l’île. D’où la nécessité de combler la façade Ouest pour la détection des précipitations. »


- En clair, On va être plus précis dans les prévisions ?
« Exactement ! Dans la détection des précipitations et en temps réel bien sûr car le radar détecte et envoie des impulsions (comme ceux sur le bord des routes) mesure leur puissance et nous renseigne. En croisant ces informations avec les données au sol, on est capable d’avoir une mesure des quantités de pluies au sol assez précises et de manière continue dans l’espace. C’est un peu comme si l’on avait des pluviomètres partout…Ce radar est exactement le même que celui du tennis de Roland Garros voire plus important dans l’observation. On est capable de dire au kilomètre près, ce qui se passe. La prévision est immédiate. On a des images toutes les 5 minutes avec ce genre de radar. »


- Le changement est donc profond pour la capitale régionale ?
« Certainement dans la mesure où cela constituait un manque. Lorsqu’on regarde la carte de la couverture de l’hexagone, il y a des zones plus ou moins bien couvertes et ces dernières années nous avons comblé les manques, comme cela a été fait dans les Alpes du Sud et maintenant sur l’Ouest de la Corse. »
Rappelons que le radar a été installé en décembre 2017 et a commencé à produire ses premières données en janvier 2018, date à partir de laquelle, il a fallu une phase de six mois de mise en place, de qualification, d’ajustement et de différents réglages si bien qu’au milieu du mois de juillet dernier, le radar a été qualifié et est officiellement opérationnel.


(Photos Michel Luccioni)

Comment ça marche ?
En ce qui concerne le phénomène « pluie-inondation », la mise en vigilance est décidée par Météo-France en concertation avec le SCHAPI qui est le  Service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévision des inondations. Pour le phénomène inondation, le SCHAPI décide seul du niveau de vigilance sur les cours d’eau qu’il suit. Pour les phénomènes « vent violent », « orages », vague-submersion », « canicule », « grand froid » et autres « avalanches » et « neige-verglas », Météo-France prend seule la décision du niveau de vigilance en fonction de l’intensité des phénomènes attendus, de leur localisation et du contexte.

Les observations sont disponibles en temps réel auprès du service en charge de l’élaboration des prévisions. Ces dernières sont diffusées aussitôt au public et aux acteurs en charge de la prévention des risques. Les observations du radar d’Ajaccio sont ainsi disponibles en 2 minutes via une liaison télécom rapide au concentrateur radar de Météo-France. Les mesures quantitatives de précipitations calculées à partir de ces observations sont mises à disposition des prévisionnistes des services de prévision des crues, du SCHAPI et de Météo-France en 3 minutes.

Plusieurs intervenants sont venus saluer l’installation de cet indispensable outil de prévision. Etienne Ferrandi, maire d’Alata a souligné l’important changement dans le domaine des prévisions, relayé par Mme Anne Debart, directrice adjointe de Météo-France ou encore Xavier Luciani, conseiller territorial, représentant Gilles Simeoni et Guillaume Lericolais, directeur de cabinet de la préfète de Corse, qui ont salué également l’importance de cet équipement qu’ils ont jugé primordial pour pouvoir anticiper les phénomènes météorologiques.


Un radar à 2 millions d’euros
Le radar installé sur les hauteurs de la ville (780 mètres) est de type Doppler bipolarisé en bande C.  Son diamètre est de 3,7 mètres et sa portée de 250 km.
Le coût du projet s’élève à 2 millions d’euros (1,1 pour le radar et 0,9 pour les infrastructures) financé à parts égales par Météo-France et le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.
J. F





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