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Agence de Développement de la Corse : 2017, une année inédite avec l’ingénierie financière


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Jeudi 19 Janvier 2017 à 21:02 | Modifié le Jeudi 19 Janvier 2017 - 23:16


Financement, structuration, innovation et accompagnement sont les maîtres mots pour mieux situer l’Agence de Développement de la Corse qui a connu une année 2016 particulièrement riche, avec bien sûr l’adoption, par l’Assemblée de Corse en décembre dernier, du Schéma Régional de Développement Economique d’Innovation et d’Internationalisation : le SRDE2I. Explications au sortir de la conférence de presse donnée hier au siège de l’ADEC


Agence de Développement de la Corse  : 2017, une année inédite avec l’ingénierie financière
A l’exception de Guillaume Guidoni, le staff de l’Adec était réuni autour du président Jean-Christophe Angelini, à savoir Jean-Charles Vallée, directeur général, André Villanova, directeur adjoint, Olivier Mosconi, responsable de la structure consacrée aux entreprises en difficulté, Jean-Louis Luciani, responsable de l’ingénierie financière et Florence Bonifaci, directrice de l’ADEC.
Une première constatation : l’année 2016 a été marquée par d’incontestables avancées dans la manière d’appréhender les problèmes économiques et surtout la relation avec acteurs et socioprofessionnels dans les projets accompagnés et les solutions proposées. Autant de dossiers qui, à ce jour, n’avaient trouvé aucun écho favorable auprès de l’institution territoriale.


Soutien à l’entreprise et à l’emploi
Il va sans dire que le nouveau schéma rehausse la stratégie économique de l’ADEC et surtout génère le passage d’une économie de rente à une économie de production. En clair, une sorte de révolution dans le domaine de l’ingénierie financière et de l’aide économique avec le SRDI2I, qui va permettre la création d’un certain nombre d’outils nouveaux pour financer l’activité économique et la vie des entreprises en même temps que la diversification des voies de développement de la Corse à bien des niveaux. C’est de qu’a expliqué Jean-Christophe Angelini au cours de la réunion :
« La course économique et sociale est engagée sereinement. Jusqu’à la dernière heure de 2017, nous poursuivrons nos actions ensemble et travaillerons de plus en plus en transversalité à travers un panel de dossiers que sont la forêt, la culture, le Comité de Massif, les transports et le numérique etc. Le 26 janvier prochain, à l’occasion de la première session de l’année, nous aborderons le Débat des Orientations Budgétaires, budget qui sanctuarise un périmètre financier pour notre agence considérable, de l’ordre de 20 millions d’euros contre 9,3 en 2015. Nous voulons aller plus loin, car l’Adec a pour fonction principale de participer au soutien à l’entreprise, à l’emploi, mais aussi à la diversification de l’économie. Nous avons mis en place un nombre importants de dispositifs et d’outils pour mener à bien nos missions. »    
Des grandes réformes au Riacquistu
Chaque participant s’est exprimé sur les nouvelles mesures à engager, celles d’urgence et les autres.
  • Des décisions fortes, comme l’augmentation de 45% du budget en crédits de paiement
  • Un plan d’action pour récupérer, internaliser des politiques stratégiques pour l’économie
  • La mise en place d’un nouvel organigramme
D’autres mesures opérationnelles ont été nécessaires pour répondre aux besoins de l’économie insulaire, au total une trentaine, parmi lesquelles :
La révision des dispositifs d’aide aux entreprises avec la création d’une plateforme d’emploi
La rationalisation des outils financiers avec la plateforme Corse Financement
L’organisation des assises des TPE et PME de corse
La maîtrise de l’outil statistique économique
Le soutien à la création d’entreprise et à l’entrepreneuriat
Faire de l’Economie Sociale et Solidaire un des moteurs du développement
Le Soutien en faveur de l’innovation

Un SRDE2I pour quoi faire ?

Avec ce schéma que l’on peut considérer comme étant une innovation majeure (loi NOTRe), l’ADEC va pouvoir individualiser et payer directement les aides aux entreprises, ce qui va permettre d’accélérer les délais de traitement et de paiement des aides, d’assurer la transparence de l’allocation de fonds publics aux instruments financiers et enfin d’assurer la traçabilité du remboursement des fonds affectés aux instruments financiers.
« Pour nous permettre de poursuivre la dynamique engagée l’an dernier et d’assurer la mise en œuvre des dispositions et orientations du schéma, l’Adec réalisera un certain nombre d’actions qui, rappelons-le, sont inscrites au calendrier de cette année :
  • Poursuivre le soutien aux projets de développement économique des territoires engagés dans une stratégie globale et cohérente
  • Refonte et développement de Corse Financement
  • Mise en place d’une politique de soutien à l’innovation
  • Développement et pérennisation de l’Incubateur Territorial
  • Amplification du développement des écosystèmes productifs autour de filières
  • Renforcement des activités liées à l’économie sociale et solidaire
  • Développement des plans régionaux pour la reprise-transmission
  • Mise en place de la plateforme emploi
  • Réforme du dispositif de soutien aux zones d’activité
  • Révision du dispositif CORSEXPORT
  • Soutien à l’entrepreneuriat
  • Mise en réseau des Chambres Consulaires
  • Mise en œuvre de la nouvelle compétence transférée de l’Etat aux régions pour l’accompagnement à la création d’entreprises (Nacre)
Tour de table
Olivier Mosconi, le patron du SFIDA, chargé des entreprises en difficulté : « Dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat et la cellule de détection et traitement des entreprises en difficulté, il s’agit de compléter l’action des dispositifs de première instance mobilisés pour traiter l’urgence sur les dossiers des entreprises en difficulté (plans d’étalement), par des plans de sauvetage de relance ou de consolidation de restructuration, de cession-transmission mais aussi de soutien à l’investissement, cela pour consolider les entreprises qui ont eu des difficultés. Depuis le lancement officiel du SFIDA, ce sont près de 90 entreprises qui ont été accompagnées… »


André Villanova, directeur général adjoint : « Avec 50 salariés, nous gérons un budget de l’Adec. Avec les nouveles dispositions, c’est une tâche nouvelle qui permet d’individualiser les aides à la formation des personnels qui vont pouvoir évaluer et agir plus vite…»


Florence Bonifaci, directrice de l’Adec : « Notre tâche consiste à accompagner les entreprises et leur reprise, l’installation ainsi que la mission de prospection à l’international. En avril prochain, nous allons partir à la rencontre de plusieurs entreprises équivalentes à Corse Composite et nous nous rendrons au salon international de l’aéronautique de Montréal… »


Jean-Louis Luciani, responsable de l’ingénierie financière a évoqué la situation (avec la Direccte) et le mécontentement des auto-entrepreneurs.  : «Nous n’avons à ce sujet que très peu de moyens d’action. Le statut de micro-entreprise est considéré – à tort ou à raison – et plutôt à raison, comme étant de la concurrence déloyale. Il y avait La problématique du financement des entreprises, sans oublier le serpent de mer du montant et du niveau des charges patronales qui pèsent sur les entreprises. Il est vrai que sur ces volets, même si nous les avons suivis de près - on comprend les revendications qui sont les leurs -  nous n’avons, au-delà des messages que nous faisons passer au Gouvernement, que peu de moyens d’action. Dans ces revendications, n’oublions pas les difficultés que ces socioprofessionnels faisaient apparaître, des difficultés de financement, notamment bancaires, récurrents. Sur ce sujet, cette mobilisation, suivie de près par le président de l’ADEC, s’est traduite par la mise en place des assises qui se sont tenues à Ajaccio au printemps dernier. Elles ont notamment donné une enveloppe PEI qui a été définie pour ces questions, particulièrement du financement des entreprises. Le SRDE2I a marqué une volonté très forte de faire en sorte que l’Adec, au travers de son outil (Corse Financement) puisse s’emparer de ces questions pour aller beaucoup plus loin que ce qui a été fait ces dernières années… »


Jean-Charles Vallée, directeur général de l’ADEC : « Avec l’arrivée de la collectivité unique, nous disposerons d’un outil opérationnel qui met en œuvre une politique sur le territoire. L’ADEC est la seul agence en France qui dispose d’un statut de prérogatives particulières. Aujourd’hui, c’est un outil percutant avec des pouvoirs économiques étendus mais une stratégie jamais adoptée depuis 1992. Aujourd’hui, nous avons trois éléments essentiels : les compétences, une agence renforcée, une stratégie économique pour aider. On arrive à faire converger tous ces faisceaux. L’Agence sera déterminante, car il s’agit là d’une situation inédite en France : l’ADEC est la seule à faire de l’ingénierie financière… »
J.-F. V.



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