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À l’approche des législatives, l’Association pour le droit à mourir dans la dignité veut convaincre


Julia Sereni le Jeudi 26 Mai 2022 à 21:09

Samedi 28 mai, l'Association pour le droit à mourir dans la dignité organise une réunion d’information, au Best Western de Bastia à 14 heures. L’occasion de faire le point avec son délégué régional, Robert Cohen, sur les possibilités d’évolution de la législation française sur le sujet.



Les membres de l'ADMD de Corse. Crédit : ADMD
Les membres de l'ADMD de Corse. Crédit : ADMD
Permettre à chacun de choisir sa fin de vie, c’est le combat de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD). Forte de ses 75 000 adhérents au niveau national, l’organisation multiplie les réunions, tractages, conférences et autres actions de lobbying auprès des élus, depuis sa création en 1980. En Corse, Robert Cohen est le délégué régional de l’association, qui compte 300 membres. Ce samedi 28 mai, il organise une réunion d’information à l’hôtel Best Western de Bastia, à 14 heures. L’objectif : faire le point sur la législation actuelle et sur les possibles avancées, suite à l’élection présidentielle.
 
« Ce qui ne nous convient pas dans la loi telle qu’elle existe, c’est que le patient n’est pas au centre, ce n’est pas lui qui décide », explique Robert Cohen. Actuellement, la loi Claeys-Leonetti de 2016 reconnait le droit du patient à une sédation profonde et continue jusqu’au décès, associé à une analgésie. « Concrètement, cela veut dire qu’on ne l’hydrate plus, qu’on ne lui donne plus à manger, et qu’on le met sous morphine. Cela peut durer trois jours comme trois semaines », indique Robert Cohen. « Ce que nous demandons, nous, c’est une piqûre léthale qui aboutirait à la même chose. La loi n’imposera rien, elle donnera juste une possibilité », poursuit-il.

Convaincre les élus

Autre revendication de l’association : rendre les directives anticipées « contraignantes ». Aujourd’hui, toute personne peut, si elle le souhaite, rédiger une déclaration écrite pour exprimer à l’avance sa volonté sur la poursuite ou l’arrêt des traitements en fin de vie. « Le problème, c’est qu’elles peuvent ne pas être appliquées en cas d’urgence vitale ou si on juge qu’elles sont inappropriées à la situation médicale », précise Robert Cohen. Par ailleurs, le délégué régional estime que ces directives devraient être recensées dans un fichier national, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
 
À l’approche des élections législatives, Robert Cohen entend bien porter les propositions de l’ADMD auprès des candidats, qui sont d’ailleurs, invités à la réunion bastiaise. Car depuis la loi Claeys-Leonetti précédemment citée, la législation sur la fin de vie n’a pas évolué. Et pourtant, pour le délégué régional, le texte était déjà, au moment de son vote, insuffisant. « François Hollande s’était engagé dans la proposition 21 de son programme à faire en sorte qu’une loi similaire à la loi belge qui permet l’euthanasie, le suicide assisté et le développement des soins palliatifs, soit votée. Il ne l’a pas fait. », regrette Robert Cohen.

93% des Français favorables

En avril 2021, une proposition de loi « donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie », défendue par Olivier Falorni, a été examinée à l’Assemblée nationale. Celle-ci n’a finalement pas été adoptée dans son intégralité, en raison des 3 000 amendements déposés sur le texte. « La proposition n’est pas passée, mais c’est tout de même une belle avancée », juge Robert Cohen. « Les trois députés nationalistes y étaient, d’ailleurs, sensibles », affirme t-il. Tout comme l’opinion publique, puisque selon un sondage Ifop  réalisé au moment de l’examen du texte, 93% des Français considèrent que la loi française devrait « autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ».
 
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a proposé la création d’une « convention citoyenne » sur le sujet. Une annonce qui n’est pas de nature à rassurer le délégué régional, qui cite Clémenceau : « Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission ». Toutefois, la récente nomination de Brigitte Bourguignon au ministère de la Santé est, selon Robert Cohen, « un signe encourageant ». Proche de Marie Humbert, qui avait aidé son fils Vincent Humbert, tétraplégique, à mourir, l’ancienne députée du Pas-de-Calais milite depuis plusieurs années pour une « exception d’euthanasie ». Pour l’avenir de son combat, le délégué de l’ADMD reste donc prudent, et attend les résultats des élections législatives. « En tout cas, sur ce sujet, il faudra agir dès le début du quinquennat », conclut-il.

















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