« C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que nous sommes aujourd’hui réunis pour rendre hommage à Madame Joséphine Martelli. Vous avez consacré une grande partie de votre vie à ce village avec constance, fidélité et amour », a-t-il déclaré, rappelant un parcours marqué par un engagement progressif, du secteur du tourisme à la vie publique.
Il a retracé les différentes étapes de cet engagement. « Vous vous êtes engagée pleinement dans la vie publique comme adjointe, puis comme maire pendant de nombreuses années, avec discrétion, détermination et sens des responsabilités».
Mais au-delà des fonctions, le maire insiste sur l’empreinte laissée. « Vous avez su prolonger cet héritage avec votre propre vision, en vous appuyant sur une collaboration étroite avec les associations culturelles et un engagement fort au sein de la communauté de communes».
Dans un passage particulièrement fort, il souligne la place des femmes en politique.
« Dans un monde où les responsabilités publiques étaient largement occupées par des hommes, vous avez su prendre votre place… et ce chemin aujourd’hui existe».
Enfin, évoquant un lien plus intime, il confie. « Vous m’avez transmis une exigence, une attention aux autres et une certaine idée de l’engagement public. »
« Vous n’êtes pas de celles qui occupent une fonction »
Prenant la parole, le préfet Michel Prosic a inscrit cette distinction dans une portée plus large, celle de la reconnaissance nationale.
« La Légion d’honneur, c’est la reconnaissance par la République des femmes et des hommes qui se sont engagés au service des autres, avec courage, bienveillance et exemplarité».
Mais très vite, son discours se personnalise et se fait plus incisif. « Madame Martelli, vous n’êtes pas de celles qui occupent une fonction. Vous êtes de celles qui transforment un lieu, qui lui donnent une âme, une direction, une ambition».
Il retrace alors un parcours riche. La direction du VVF de Lozari dès 1977, des responsabilités intercommunales, la présidence de l’office de tourisme, avant d’évoquer l’engagement à Pigna, « là où votre action a trouvé son expression la plus intime ».
Le préfet insiste sur une vision rare. « Vous avez fait le pari de la culture. Vous avez compris qu’un territoire ne vit pleinement que s’il reste fidèle à ce qu’il est».
Et de souligner l’impact concret. « On ne passe pas par Pigna, on s’arrête à Pigna, on y vit, on en parle».
Autre point marquant, la transmission du pouvoir. « Vous n’avez pas été propriétaire de votre mandat, vous en avez été légataire. Et vous avez su le transmettre».
Avant de conclure. « La Légion d’honneur vient honorer une détermination, une vision et une manière d’agir, faite de constance, de discrétion et de fidélité à l’intérêt général».
« Je n’ai rien fait seule »
Très attendue, la réponse de Joséphine Martelli a pris un ton radicalement différent, empreint de simplicité et de sincérité.
« Je suis très émue… mais je n’ai rien fait toute seule », a-t-elle d’abord tenu à rappeler, refusant toute personnalisation de son action.
Elle évoque immédiatement le collectif.
« Ce que j’ai fait, je l’ai fait avec des collaborateurs précieux, avec les élus, avec la population de Pigna, avec le conseil municipal».
Puis elle revient à ses racines, dans un passage particulièrement touchant. « Je suis la fille d’un berger… un père qui m’a donné la force. Parce que dans la vie, il en faut de la force pour assumer les responsabilités, surtout dans les moments difficiles».
Son fil conducteur est clair, le devoir. « C’est par devoir que j’ai assumé ces responsabilités… toujours le devoir».
Elle retrace ensuite son parcours, du VVF à son retour au village, à la demande de sa sœur.
« Il était de mon devoir d’aider mon village… et de ne pas décevoir ceux qui m’ont fait confiance ».
Mais au-delà du parcours, elle insiste sur l’esprit. « Avec enthousiasme, avec affection et amitié… parce que le travail, sans cela, n’a pas de sens». Enfin, dans une conclusion forte, elle élargit la portée de cette distinction. « Je veux dédier cette Légion d’honneur à toutes les femmes qui, dans le monde, se battent encore pour leur liberté».
Une distinction au-delà d’un parcours
Interrogé sur la symbolique de cette distinction, le préfet Michel Prosic a rappelé. « Elle vient reconnaître le service rendu à la nation, souvent au détriment de la vie personnelle, au nom de l’intérêt général».
Joséphine Martelli, elle, en donne une lecture plus collective. « Cette médaille fait honneur à tout le village, à tous ceux avec qui j’ai travaillé, et à ma famille. »
Un héritage transmis
Depuis 2023, Jerôme Casalonga a repris le flambeau. Il insiste sur ce qu’il a reçu. « Un savoir-faire, une exigence, une manière de gérer… et une vision».
Et de conclure avec une image simple mais lucide. « Écouter le passé pour penser l’avenir… et continuer à faire vivre ce qui a été construit».
Au-delà de du cadre de la distinction honorifique cette cérémonie rappelle également une réalité souvent oubliée derrière les titres, les années d’engagement concret, de décisions, de renoncements et de transmission qui façonnent un territoire.
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