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À Borgo, les TPE et PME corses face au défi de la transition numérique


Léana Serve le Mardi 28 Avril 2026 à 11:55

À Borgo, l’EPCI de Corse a organisé une étape du Tour France Num, un dispositif national qui vise à aller au contact des TPE et PME du territoire. L’objectif est de les sensibiliser à différents enjeux de la transition numérique, comme la cybersécurité et la sobriété numérique.



(Photos Gérard Baldocchi)


Aller à la rencontre des TPE et PME insulaires pour leur proposer des solutions en matière de transition numérique : c’est le but de l’événement qui s’est tenu mardi matin à l’institut méditerranéen de formation de Borgo. Organisée par l’Établissement public du commerce et de l’industrie (EPCI) de Corse, cette action s’inscrit dans le cadre du Tour France Num, une initiative portée par le dispositif du même nom, géré par la Direction générale des entreprises et le ministère de l’Économie, et qui vise à « sillonner les régions pour aller à la rencontre des TPE et PME en leur donnant accès gratuitement à des ateliers pratiques, des conseils d’experts du numérique et des acteurs locaux ». « On se rend compte que ces entreprises passent souvent sous les radars, parce qu’elles n’ont ni les moyens humains ni les moyens financiers de répondre à ces évolutions », explique Elisa Martelli de l’EPCI.
 

Parmi les sujets abordés durant la matinée : la cybersécurité, l’un des enjeux majeurs pour les entreprises, et notamment les plus petites. « La majorité des entreprises ne se sentent même pas concernées, alors qu’en Corse et ailleurs, ce ne sont plus les grosses entreprises qui sont touchées, mais les petites », précise Elisa Martelli. « Les grosses entreprises ont un service au niveau de la cybersécurité, elles sont au point, et quand on sait que 90 % du tissu économique local est constitué de TPE et PME, ce sont elles qui sont attaquées. »

Pour pallier le problème, les entreprises peuvent appliquer des solutions simples. « La règle de base, c'est qu'à partir du moment où on est connecté à un réseau, on est exposé au danger, et il faut sortir de cet état d’esprit où on pense que rien ne va nous arriver », souligne Frédéric Vesperini, analyse cyber au sein du CSIRT Corsica. « Il faut déjà sensibiliser les chefs d'entreprise : si vous savez qui peut vous attaquer, comment, pourquoi, quelle est sa manière de vous attirer dans ses filets et de vous piéger, vous savez comment répondre, et ça passe par des gestes simples, par exemple ne pas cliquer sur tout et n'importe quoi, se méfier des mails, des messages de personnes qu'on ne connaît pas. »


Autre sujet abordé lors d’un atelier pratique : la sobriété numérique. « Quand on parle de sobriété numérique, on parle d’abord des impacts environnementaux du numérique », indique Alexia Chiaverini, chargée de mission sobriété numérique dans le cadre du programme Alt IMPACT. « On n'en a pas forcément conscience mais le numérique pollue énormément, et notamment la fabrication et la fin de vie des terminaux, donc les téléphones, les montres connectées… Le message de la sobriété numérique, c'est recentrer et questionner le besoin et allonger la durée de vie des matériels qu'on utilise régulièrement, par exemple un téléphone que la plupart des personnes gardent moins de quatre ans alors que pour amortir le coût par rapport à son impact environnemental, il faudrait le garder sept ou huit ans. Et c’est d’autant plus important que l’obligation de facturation électronique arrive et les entreprises vont être obligées d’aller vers des usages 100 % numériques. L’enjeu, c’est de réduire son parc informatique, mais c’est aussi une question d'économie d'argent, parce qu’on part sur des grands volumes, et ça a un coût pour les entreprises. »

Pour certains participants, l'événement était l’occasion de prendre des conseils avant la création de leur entreprise. « Ça leur permet de participer gratuitement à des ateliers afin de rencontrer des acteurs locaux et des experts », précise Elisa Martelli. « Ils sont dans leur entreprise, souvent ils n'ont même pas de salariés, et ils se demandent comment faire pour tel ou tel sujet. Par exemple, la facturation numérique, toutes les entreprises, quelle que soit la taille, seront touchées. Mais on se rend compte que pour le moment, tout le monde ne répond pas encore présent, d’où l'intérêt de France Num dans cette étape. »