Dès le 3 septembre 2026, les élèves de CE2, CM1 et CM2 de l’école de Bastelicaccia ne suivront plus 1h30 d’anglais hebdomadaire comme auparavant. Le volume horaire sera désormais partagé entre 45 minutes d’anglais et 45 minutes de portugais. Un changement présenté comme une expérimentation pédagogique. Pour l’Inspection académique, le projet s’inscrit dans un cadre de coopération internationale ancien avec le Portugal et dans une volonté de diversification des langues enseignées à l’école.
L’inspecteur d’académie en charge des écoles, Dominique Poggioli, rappelle qu’il ne s'agit en aucun cas de remplacer l'anglais, mais d'enrichir l'offre linguistique proposée aux élèves. « C'est une nouvelle offre culturelle et linguistique que nous proposons, en lien avec les équipes enseignantes de l’école de Bastelicaccia, mais aussi de Mezzavia et d’Alata. Comme on peut développer des projets pédagogiques en danse, en mathématiques ou en histoire-géographie, nous développons ici un projet autour des langues vivantes », explique-t-il.
L'objectif est, selon lui, de diversifier les apprentissages tout en conservant le volume horaire prévu par les programmes. « Les élèves continueront à bénéficier de 90 minutes hebdomadaires consacrées aux langues vivantes, réparties à parts égales entre l'anglais et le portugais », précise l’inspecteur. À l’instar de l’école de Pietralba, qui elle enseigne déjà des cours d’espagnol.
L’Éducation nationale défend un projet de diversification linguistique
Pensé comme un véritable parcours linguistique, le dispositif ne s'arrêtera pas à l'école primaire. Les trois établissements concernés relèvent du secteur du collège du Stiletto, où les élèves pourront poursuivre leur apprentissage du portugais dès la sixième, dans un premier temps sous la forme d'un atelier, avant l'ouverture d'une véritable filière à partir de 2027. Une continuité pédagogique que l'Inspection académique présente comme l'un des principaux atouts de cette expérimentation.
L'administration met également en avant les bénéfices du plurilinguisme. « Les langues se renforcent mutuellement. Introduire une deuxième langue vivante ne se fait pas au détriment ni de l'anglais, ni du français, ni du corse, bien au contraire », affirme Dominique Poggioli. L'inspecteur rappelle aussi que le portugais, parlé par près de 250 millions de personnes dans le monde, constitue une ouverture culturelle supplémentaire pour les élèves.
Si plusieurs parents regrettent d'avoir été informés seulement à la fin de l'année scolaire, tous ne remettent pas en cause le projet et comprennent même le bien fondé de la démarche. Après avoir rencontré la conseillère pédagogique et le coordinateur du dispositif, Céline Ceccaldi, une des représentantes des parents d’élèves, dit avoir mieux compris les objectifs de l’expérimentation. « Ils nous ont expliqué l'intérêt du programme, l'intérêt pédagogique, linguistique, culturel... Nous, on avait besoin de ces informations-là pour comprendre la décision. »
Elle estime d'ailleurs que le débat s'est rapidement polarisé alors que tous les parents ne partagent pas les mêmes inquiétudes : « La grande majorité des représentants des parents d’élèves est pour cette initiative, tout comme beaucoup de parents au sein de l’école. »
Une contestation plus marquée sur le fond et la méthode
Pour cette maman d'élève, le dispositif ne doit donc pas être résumé à une simple diminution du temps consacré à l'anglais, mais à une ouverture vers une nouvelle langue, avec un enseignement assuré par un intervenant dédié et pensé autour de l’oral et de la découverte culturelle.
Mais chez d'autres parents d’élèves, le projet suscite aussi une opposition plus ferme. Pour Sylvain Piotrowski, lui aussi représentant élu des parents d’élèves à l’école de Bastelicaccia, la réforme pose avant tout une question de méthode et de priorité pédagogique : « On nous annonce une décision venue d’en haut, sans document, sans véritable concertation. On nous dit que c’est acté, mais on ne nous donne pas le cadre. »
Ils s'interrogent également sur la réduction du temps consacré à l'anglais. « Le niveau d'anglais des élèves français est déjà fragile. Est-ce que retirer 45 minutes d'anglais permettra vraiment de l'améliorer ? », questionne Sylvain Piotrowski, qui estime que cela relève d'un débat d'égalité des chances : « J'ai des familles qui m'appellent quasiment à l'aide en me disant : 'Mais attendez, pour nous, c'est important, l'anglais.' Bien sûr, parce que c'est une langue internationale. Donc moi, en tant que papa, je respecte l'institution de l'Éducation nationale en me disant : 'C'est eux les spécialistes de la pédagogie.' Mais en tant que papa aussi, je me dis que tous les enfants n'ont pas le niveau requis. »
Une pétition qui « demande de suspension du dispositif bi-langue anglais-portugais dans les écoles Corse » a d’ailleurs été lancée et a recueillie, à ce jour, 66 signatures.
L’inspecteur d’académie en charge des écoles, Dominique Poggioli, rappelle qu’il ne s'agit en aucun cas de remplacer l'anglais, mais d'enrichir l'offre linguistique proposée aux élèves. « C'est une nouvelle offre culturelle et linguistique que nous proposons, en lien avec les équipes enseignantes de l’école de Bastelicaccia, mais aussi de Mezzavia et d’Alata. Comme on peut développer des projets pédagogiques en danse, en mathématiques ou en histoire-géographie, nous développons ici un projet autour des langues vivantes », explique-t-il.
L'objectif est, selon lui, de diversifier les apprentissages tout en conservant le volume horaire prévu par les programmes. « Les élèves continueront à bénéficier de 90 minutes hebdomadaires consacrées aux langues vivantes, réparties à parts égales entre l'anglais et le portugais », précise l’inspecteur. À l’instar de l’école de Pietralba, qui elle enseigne déjà des cours d’espagnol.
L’Éducation nationale défend un projet de diversification linguistique
Pensé comme un véritable parcours linguistique, le dispositif ne s'arrêtera pas à l'école primaire. Les trois établissements concernés relèvent du secteur du collège du Stiletto, où les élèves pourront poursuivre leur apprentissage du portugais dès la sixième, dans un premier temps sous la forme d'un atelier, avant l'ouverture d'une véritable filière à partir de 2027. Une continuité pédagogique que l'Inspection académique présente comme l'un des principaux atouts de cette expérimentation.
L'administration met également en avant les bénéfices du plurilinguisme. « Les langues se renforcent mutuellement. Introduire une deuxième langue vivante ne se fait pas au détriment ni de l'anglais, ni du français, ni du corse, bien au contraire », affirme Dominique Poggioli. L'inspecteur rappelle aussi que le portugais, parlé par près de 250 millions de personnes dans le monde, constitue une ouverture culturelle supplémentaire pour les élèves.
Si plusieurs parents regrettent d'avoir été informés seulement à la fin de l'année scolaire, tous ne remettent pas en cause le projet et comprennent même le bien fondé de la démarche. Après avoir rencontré la conseillère pédagogique et le coordinateur du dispositif, Céline Ceccaldi, une des représentantes des parents d’élèves, dit avoir mieux compris les objectifs de l’expérimentation. « Ils nous ont expliqué l'intérêt du programme, l'intérêt pédagogique, linguistique, culturel... Nous, on avait besoin de ces informations-là pour comprendre la décision. »
Elle estime d'ailleurs que le débat s'est rapidement polarisé alors que tous les parents ne partagent pas les mêmes inquiétudes : « La grande majorité des représentants des parents d’élèves est pour cette initiative, tout comme beaucoup de parents au sein de l’école. »
Une contestation plus marquée sur le fond et la méthode
Pour cette maman d'élève, le dispositif ne doit donc pas être résumé à une simple diminution du temps consacré à l'anglais, mais à une ouverture vers une nouvelle langue, avec un enseignement assuré par un intervenant dédié et pensé autour de l’oral et de la découverte culturelle.
Mais chez d'autres parents d’élèves, le projet suscite aussi une opposition plus ferme. Pour Sylvain Piotrowski, lui aussi représentant élu des parents d’élèves à l’école de Bastelicaccia, la réforme pose avant tout une question de méthode et de priorité pédagogique : « On nous annonce une décision venue d’en haut, sans document, sans véritable concertation. On nous dit que c’est acté, mais on ne nous donne pas le cadre. »
Ils s'interrogent également sur la réduction du temps consacré à l'anglais. « Le niveau d'anglais des élèves français est déjà fragile. Est-ce que retirer 45 minutes d'anglais permettra vraiment de l'améliorer ? », questionne Sylvain Piotrowski, qui estime que cela relève d'un débat d'égalité des chances : « J'ai des familles qui m'appellent quasiment à l'aide en me disant : 'Mais attendez, pour nous, c'est important, l'anglais.' Bien sûr, parce que c'est une langue internationale. Donc moi, en tant que papa, je respecte l'institution de l'Éducation nationale en me disant : 'C'est eux les spécialistes de la pédagogie.' Mais en tant que papa aussi, je me dis que tous les enfants n'ont pas le niveau requis. »
Une pétition qui « demande de suspension du dispositif bi-langue anglais-portugais dans les écoles Corse » a d’ailleurs été lancée et a recueillie, à ce jour, 66 signatures.
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