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100e anniversaire du naufrage du Balkan : Une cérémonie du souvenir le 26 août à Calvi


Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Jeudi 16 Août 2018 à 15:45 | Modifié le Samedi 18 Août 2018 - 01:20


Il y a 100 ans, jour pour jour, le 16 août 1918, le navire à vapeur Balkan, affrété par la Compagnie Fraissinet pour assurer la liaison maritime entre Marseille et Calvi se faisait torpiller au Nord-Ouest de la Corse par un sous-marin allemand. Il y avait à bord près de 500 passagers et membres d'équipage. 102 seulement ont survécu à cette catastrophe, la plus importante jamais enregistrée en Corse. A l'occasion de ce centenaire et à l'initiative de la municipalité de Calvi, en collaboration avec la confrérie Saint-Erasme, une messe sera célébrée le dimanche 26 août à 11 heures en l'église paroissiale de Calvi et sera suivie à 12h15 d'un dépôt de gerbes à la stèle érigée route d'Ajaccio, sortie Sud de Calvi.


Photo repro
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Le navire à vapeur Balkan quitte Marseille pour Bastia le 15 août 1918 sous les ordres du commandant Giorgi, avec environ 450 passagers à son bord dont 300 permissionnaires et 150 civils, hommes femmes et enfants. L'équipage était composé de 32 hommes. Il prend la mer en même temps que le Pelion, courrier d'Ajaccio, et sont escortés du contre-torpilleur Boree. Au large de Toulon, le Boree est remplacé par un autre navire de guerre.
A 22h, nuit noire et mer calme. Le Pelion et son escorte quittent le Balkan et font route plus au Sud, vers Ajaccio. Celui-ci poursuit seul vers Bastia.

Explosion d’une torpille
A 1h35, à 8 milles au large de Calvi, le matelot de veille aperçoit sur tribord un sous-marin en surface qui se confond avec les flots et le signale immédiatement au commandant Giorgi qui est sur la passerelle. Presque aussitôt, une torpille frappe le navire par le travers du grand mât arrière, entre les cales 3 et 4. L'antenne radio tombe et l'officier radio, Armand Gavini, ne peut envoyer aucun message. De toutes façons, le drame est très rapide. Les passagers affluent sur le pont qui gite très fortement sur tribord. Moins d'une minute après l'explosion de la torpille, le bâtiment se dresse verticalement et s'enfonce dans les flots comme une flèche, entraînant équipage et passagers. La disparition est si rapide qu'aucun moyen de sauvetage n'a pu être mis en action.

Seulement 102 survivants
A la surface de la mer flottent néanmoins sept radeaux qui se sont détachés du navire et sur lesquels s'entassent les malheureux qui ont pu surnager. Mais il faut lutter pour sa survie, et des scènes tragiques se produisent. Quelques minutes plus tard, ne restent seulement que 102 survivants sur ces radeaux. Ils peuvent voir dans le lointain le feu de la pointe Revellata. Parmi eux, douze hommes d'équipage, dont un seul officier : le second mécanicien Pierre Anfriani qui prend la direction des opérations. Il relie les radeaux entre eux et, à l'aide de morceaux de planches en guise d'avirons, tente de gagner la côte. Les malheureux vont ramer toute la nuit, aucun navire n'étant en vue. Vers 10h du matin, ils ne sont plus qu'à 3 milles de la côte lorsque deux hydravions, qui patrouillent entre Calvi et l'Ile Rousse, les aperçoivent. L'un d'eux se pose, tandis que l'autre va chercher du secours. Quelque temps plus tard, une vedette arrive de Calvi et recueille les 102 rescapés.

L'officier Pierre Anfriani a survécu à deux torpillages !
Pierre Anfriani, seul officier survivant, avait déjà été torpillé le 9 avril 1917 sur l'Esterel près de Port-Vendres, et le 28 octobre 1917 sur le Marc Fraissinet entre Marseille et l'Orient. Il s'en sort vivant pour la 3ème fois !
Il recevra le témoignage de satisfaction suivant : « Après le torpillage du Balkan, a pris le commandement des radeaux surchargés de survivants, procédé à la répartition de ceux-ci, maintenu le moral des naufragés avec énergie et sang froid. A réussi à faire manoeuvrer tout le groupe de radeaux pour se rapprocher de la côte. Quand les secours sont arrivés, neuf heures après le torpillage, a refusé d'être recueilli avant les naufragés dont la situation lui semblait périlleuse. Déjà rescapé de deux navires torpillés ».

Selon le site d'Yves, le sous-marin torpilleur était l'UB 48 du KL Wolfgang Steinbauer.
La catastrophe du Balkan sera, avec environ 400 disparus, la plus importante jamais enregistrée sur les lignes de Corse.

A l'invitation du maire de Calvi, Ange Santini, de son Conseil municipal et de la confrérie Saint Erasme, une cérémonie du souvenir aura lieu le dimanche 26 août avec une messe en l'église Sainte-Marie Majeure à 11 heures, suivie d'un dépôt de gerbes à la stèle érigée route d'Ajaccio, sortie Sud de Calvi à 12h15.
 





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