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​Karl Zéro : « Il y a un peu du Vrai Journal dans le festival du film politique »


Rédigé par Vincent Marcelli le Mercredi 24 Octobre 2018 à 00:03 | Modifié le Mercredi 24 Octobre 2018 - 00:03


La 2e édition du Festival du Film Politique se déroule le week-end prochain, à Porto-Vecchio. Une manifestation dont on dit, après seulement une année d’existence, le plus grand bien. Une aura que l’on doit aux quatre personnes qui sont à l’origine du projet. Parmi elles, Karl Zéro, l’ancien emblématique boss du « Vrai Journal », sur Canal Plus. À une semaine des trois coups de la deuxième édition, il analyse la manifestation…


- Comment est né le festival ?
- Jérôme Paoli, l’un des fondateurs de la manifestation, avait travaillé pour Le Vrai Journal, sur Canal Plus. On était, depuis, restés liés d’amitié et l’on se voyait régulièrement lorsque je venais en Corse. Puis, l’idée est venue, de créer un festival du film politique, un thème qui n’existait pas en France. Ce qui est drôle, c’est qu’un an seulement après la première édition, nous avons déjà deux festivals concurrents.

- Pourquoi en Corse ?
- La Corse est la terre de la politique. Je n’ai jamais vu aucun peuple parler autant et aussi souvent de ce thème. C’est quelque chose qui est vraiment particulier et que l’on ne retrouve pas dans les autres régions. Cet attrait pour la question politique dans les rues et les cafés alimente régulièrement les conversations. Et comme le festival est censé apporter des débats, échanges d’idées, le pas a très vite été franchi.

- Le choix de Porto-Vecchio ?
- Georges Mela, le maire a proposé sa participation en mettant à notre disposition les deux salles de la cinémathèque. Il a été ravi de nous accueillir et nous avons été ravis de venir.

- Un festival où l’on retrouve l’esprit « contrepied » qui vous animait avec Le Vrai Journal ?
- Tout à fait ! Il était hors de question de bâtir un festival comme il en existe des milliers partout ailleurs. J’ai souhaité, avec les personnes qui m’entourent puisque nous sommes quatre à avoir créé ce projet (Jérôme Paoli, Daisy D’’Errata, Anne-Catherine Mendez et moi-même) apporter une touche personnelle. Cela reste bon enfant, sans prise de tête et l’on choisit des films parfois très engagés que beaucoup de festivals refuseraient de mettre en avant. Quelque part, il y a un peu du Vrai Journal dans cette manifestation. Cela se retrouve également dans le choix des personnes appelées à se rencontrer. Pour exemple, les fils de Simone Veil et Joey Star. C’est, à travers le choix de réunir des personnes différentes, le choc des cultures.  

- Quelle analogie entre le rôle de l’acteur et celui de l’homme politique ?
- L’acteur joue un rôle et redevient, ensuite, lui-même. Le politique est, à l’inverse, toujours dans le même rôle. Il est, à ce titre, un plus grand acteur que l’acteur lui-même et ne peut pas retirer ce costume. L’acteur qui se plante dans un film, peut se rattraper dans le suivant. Bon ou mauvais, le politique est toujours sous pression. Et si, par malheur, il commet une erreur, difficile de remonter la pente.

- Comment s’effectue la programmation ?
- Nous visionnons des films, regardons ce qui se fait dans cette thématique, notamment à l’étranger puisque le festival se veut international, nous rencontrons des producteurs et distributeurs. Et nous faisons, in fine, en sorte de choisir les films qui nous semblent le mieux tout ce qui se passe autour de nous.

- L’édition 2018 ?
- Six films et six documentaires sont en compétition.  Le public pourra voter sur le site du festival concernant les docs. Et nous aurons, par ailleurs, des séances spéciales avec notamment « Kursk », une « Première » mondiale, qui retrace la tragédie du naufrage sous-marin russe K141.  Tous ne  sont pas forcément des films politiques à proprement parler. « Utoya 22 juillet », par exemple, raconte le massacre de jeunes étudiants dans un camp travaillistes. C’est plutôt un film d’horreur ! D’autres films, tels que « Silvio et les autres » ou «Un peuple et son Roi » restent bien évidemment dans cette thématique, tout comme les films engagés comme « Décapitalisation », un film très virulent.

- Quel est l’objectif du festival ?
- Réunir des personnes d’horizons divers afin de parler de politique, passer un bon moment, regarder des films, les élire et partager tout cela avec les habitants de Porto-Vecchio, l’Extrême-Sud et tous ceux qui veulent bien se déplacer. C’est une expérience qui, l’an dernier, fut très agréable à vivre. Pourquoi s’arrêter !




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