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Vers une nouvelle droite insulaire


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mercredi 8 Novembre 2017 à 19:32 | Modifié le Mercredi 8 Novembre 2017 - 19:44


L'élection pour la collectivité unique marquera nécessairement une recomposition en profondeur de la droite insulaire, qui, avec deux listes, veut renverser la tendance à l'échec


Vers une nouvelle droite insulaire
Quel que soit le résultat final, l'élection de l'assemblée unique permettre de redessiner les contours de la nouvelle droite corse. Ses deux listes partent avec un handicap certain, dont la représentation locale n'est en rien responsable. Au plan national, l'année a été en effet catastrophique pour les amis de Valérie Bozzi et de Jean-Martin Mondoloni.
   
La déroute de Fillon puis celle des législatives, il est dur de s'en remettre et de jouer à être optimiste. Mais certains diront que c'est un mal pour un bien. En effet, cela a épargné aux candidats qui en auraient été tentés de solliciter l'onction de la direction des Républicains – et on se souvient des conflits ouverts que cela avait occasionné du temps du RPR et de l'UMP, où la venue des ordonnateurs mandatés avait suscité des guéguerres grotesques et suicidaires.
Reconstruction en Corse, reconstruction sur le continent: le rapport sur la « refondation de la droite et du centre », rendu public mardi 7 novembre par Les Républicains est censé marquer la première étape sur le chemin de la régénérescence. Quatre mois de travail, 40 912 questionnaires remplis par les adhérents, 450 contributions écrites par les militants, 40 fédérations mobilisées, 8 ateliers nationaux et 18 experts associés... C'est « la société civile de droite qui s'est exprimée », a déclaré le transparent secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, pour expliquer la démarche lancée le 5 juillet. Résultat : un document de 85 pages sans concession, où militants et adhérents disent combien ils en ont gros sur le cœur.
   
En Corse, l'aggiornamento n'atteint pas cette dimension. La droite se veut réformatrice et non conservatrice, ainsi que dans l'air du temps un peu autonomisant. Face à un nationalisme euphorique, le seul problème, c'est que cette droite ne peut pas faire coïncider son « droit d'inventaire » avec une quelconque dimension critique interne qui aurait, si près de l'échéance, des effets dévastateurs. Pas la peine de rejouer, en local, le duel Copé-Fillon de 2012... Apurer les rivalités et les rancœurs, cela signifie-t-il la mise en place d'un pacte de non-agression au fil de la campagne, en laissant les électeurs décider du leadership ? Rien n'est moins sûr, et il n'est pas dit que certains pourront se faire violence jusqu'au bout en ce sens. Ce qui pourrait plaider en faveur de l'apaisement, c'est que les querelles antérieures sont venues du partage des pouvoirs acquis plus que de la quête de leur obtention. Quand on n'a rien à partager, on ne se dispute pas.
   
Les deux listes sont légitimistes, mais sans trop insister sur ce positionnement ; elles sont « d'ouverture », elles sont « société civile », elles sont « rajeunissement » et refus de « la pensée unique »... Elles présentent comme une révolution un changement de perspectives, étant entendu que par le passé on positionnait d'abord les notables élus avant de boucher les trous avec les non porteurs de voix... Dans leur argumentation, la parenthèse nationaliste a été marquée par la communication plus que par l'action, par l'envahissement idéologique plus que par la confrontation aux réalités. Mais, si l'on parle de combattre les « nationalo-indépendantistes », on mesure aussi les limites d'un hypothétique front républicain. Face à un souverainisme d'inspiration « française », un corsisme tempéré semble plus à l'ordre du discours.
   
Cette mise à jour du tableau de famille de la droite, on l'attend pour le lendemain de l'élection. Mais sera-ce suffisant  pour remettre en route un appareil ? Dans la construction verticale du mental libéral, où le bonapartisme est bien ancré, il faut nécessairement un chef. La contrainte du cumul des mandats fait que tous les ténors ne seront pas à l'assemblée ex-territoriale. Le chef potentiel viendra-t-il alors de l'extérieur ou de l'hémicycle ? Cela dépendra du résultat final, pense-t-on. Autant de questions qui seront bientôt d'actualité. Si ce nouveau visage du libéralisme tarde à se dessiner, le remède est tout trouvé : on pourrait faire appel au professeur Lantieri, sommité de la chirurgie faciale et pousseur de liste chez Jean-Martin Mondoloni. Si ce qu'il a sous la main ne lui suffit pas, il vous ajoute un bout de Le Pen, un bout de Macron, et en trois coups de bistouri il vous arrange le coup.  



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