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Chirac, la Corse, les Corses


Jacques RENUCCI le Jeudi 26 Septembre 2019 à 20:01

Entre Aleria, l'affaire Erignac et le processus de Matignon, Jacques Chirac a suivi les affaires corses avec une certaine prudence




Chirac, la Corse, les Corses

Lorsqu'en 1974 il a été nomme Premier ministre par Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac a 41 ans – le plus jeune Premier ministre pour le plus jeune président de la Ve République. Dans son discours de politique générale, il déclare : « Le gouvernement doit poursuivre hardiment une politique de déconcentration et de décentralisation. Une large autonomie devra être donnée aux collectivités locales. »

De l'espoir à l’époque pour la Corse ? Pas si simple... L'île, au-delà du destin qu'elle revendiquait toutes tendances politiques confondues, a été durant plusieurs décennies un enjeu stratégique entre les diverses factions qui ont occupé le pouvoir.

Celui qui est passé par le ministère de l'agriculture est ancien député de la Corrèze ; il connaît bien le rural, mais il apprécie plus le prisuttu que les problèmes de l'île, quitte à se servir de ceux-là dans ses luttes d'influence. En août 1975, Aleria. Jacques Chirac n'apprécie pas l'intervention des forces de l'ordre, décidée par le ministre de l'Intérieur Michel Poniatowski, et ses conséquences. Mais en même temps l'occasion est trop bonne pour tacler le clan giscardien majoritaire, qui est gêné de l'image désastreuse donnée par l'événement.

 

« L'âme corse »
Le 12 septembre, Valéry Giscard d'Estaing écrit à Jacques Chirac : il lui demande de « tenir compte de la sensibilité particulière de l'âme corse. » Chirac prend le contre-pied devant le groupe parlementaire de l'UDR : « La régionalisation est une espèce de romantisme qui peut conduire aux pires excès dans un pays où les particularismes restent grands », dit-il.

Le parcours sera long, avec l'île en filigrane... Dans ses mémoires, Françoise Giroud fait remarquer que « la première tuile » du Premier ministre fraîchement nommé a été la Corse. Il y en aura d'autres.

Après les responsabilité nationales (démission en 1976 et fondation du RPR), et avant le retour au premier plan de la Nation, il y a eu les Corses, ceux qui lui ont dégagé le terrain à l'Hôtel de Ville de Paris en 1977 (Roger Romani, Jean Tiberi, Jean Colonna, Stéphane Marchetti, et à l'extérieur Charles Pasqua) et qui constitueront sa garde rapprochée dans la capitale. Dix ans après sa première expérience, Chirac retrouve Matignon sous la présidence de François Mitterrand.

 

Un plébiscite présidentiel
En 1995, le statut de la Corse proposé par les socialistes dès 1982 est au point mort depuis que la notion de « peuple corse » a été censurée par le Conseil constitutionnel. Dans sa campagne pour l'élection présidentielle, Chirac défend la République une et indivisible. Si statut particulier il y a, ce sera seulement par la position géographique de l'île, et non selon quelque autre considération. La Corse ne tient pas rigueur à Jacques Chirac de cette position tranchée. Au contraire, elle le plébiscite à 60% des voix, meilleur pourcentage du pays, une confiance qu'elle renouvellera à l'élection suivante.

 

Le 9 février 1998, Jacques Chirac est à Ajaccio pour un hommage solennel à Claude Erignac. Ce sera sa seule visite officielle sur une terre qui lui est acquise. Il y dénonce « la folie meurtrière, la politique du pire, la dérive mafieuse », des mots qui sonnent comme d'actualité... Mais ce dossier compliqué qui arrive, il le suivra à distance, comme il avait auparavant préféré déléguer « les affaires corses », avec Charles Pasqua aux manettes. Car, si Chirac est « un bulldozer », comme le définissait Georges Pompidou, c'est un bulldozer prudent.

 

Les paillotes et Matignon
Pour lui, chaque décision a son « tracé politique » dans l'opinion. Ainsi, en juin 2000, il passe des vacances luxueuses à l’Île Maurice. La presse s'en empare. Qu'est devenu l'homme de la « fracture sociale », celui qui avait, selon sa propre formule «une partie du cœur à gauche ? » Pour détourner la polémique, une cible : la Corse et les accords de Matignon. Il ne veut pas laisser le champ libre à son Premier ministre Lionel Jospin. S'il ne faut pas se montrer hostile à des évolutions jugées nécessaires, « les réformes doivent respecter les principes de notre République et son unité dont le Président est le garant », dit-il. Selon son entourage, l'affaire des paillotes pourrait affaiblir celui qui sera son rival lors de la présidentielle de 2002. Dominique de Villepin (cité par Claude Angeli dans « Chirac et sa fille ») déclare à propos de Jospin : « Cette sale histoire va le plomber. Cette fois, c'est certain, il est atteint. » Et de suggérer au Président de préparer un voyage en Corse et, dans la foulée, d'organiser des présidentielles anticipées.


Dans cet état d'esprit, l'île devient un enjeu de politique nationale lorsque Chirac refuse en février 2001 l'inscription du projet de loi sur la Corse à l'ordre du jour du conseil des ministres ; il demande au Parlement de l'amender. Tout cela pour prendre en défaut son Premier ministre et montrer qu'il n'est pas le maître du calendrier, fût-ce celui d'une parmi les plus pauvres des régions françaises.



En Balagne dans les années 80




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