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Véronique Arrighi : "Nous réaliserons la territorialisation des SIS au terme de la mandature "


La rédaction le Lundi 20 Septembre 2021 à 20:06

Première femme à occuper la présidence d'un service d'incendie et de secours (SIS) dans l'île, en l'occurrence en Corse du Sud, Véronique Arrighi, conseillère territoriale appartenant à la nouvelle majorité, dévoile quelques perspectives de sa feuille de route pour le SIS2A. Prônant le dialogue social et l'échange entre les différents acteurs, elle affirme la nécessité d'une politique inclusive, mais aussi d'une promotion du volontariat. Elle annonce que des premiers jalons sont en cours pour mutualiser les actions des deux SIS aux fins d'une fusion et d'une territorialisation des services au terme de la mandature.



Veronique Arrighi. (Photo Michel Luccioni)
Veronique Arrighi. (Photo Michel Luccioni)
- Vous êtes la première femme désignée en qualité de présidente du SIS 2A. Le prenez-vous comme un symbole ?
-
Il est vrai que je suis la première femme à occuper ce poste ! Toutefois, l’accession d’une femme à une telle responsabilité ne devrait plus susciter ce questionnement récurrent. Les femmes sont présentes à des postes importants au niveau international. Leur place au sein du Service d’incendie et de secours de Corse du Sud y est, d’ores et déjà, significative, c'est donc une évolution à poursuivre. Je n’y vois aucun symbole, si ce n’est la volonté qui est la mienne d’assumer le mandat qui m’a été confié par le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni. Si l’on voulait vraiment y voir un symbole, ce serait l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais je le répète, cela ne devrait plus être un sujet. 
 
- En cette rentrée, quel bilan faites-vous de la saison "Feux de forêt" ?
- Il est beaucoup trop tôt pour tirer un bilan. Les mois de septembre et d'octobre peuvent réserver de mauvaises surprises. Je note toutefois, à ce stade, concernant les départs de feu qui sont intervenus, la réactivité remarquable du dispositif opérationnel avec des attaques aéroterrestres rapides et massives. Il ne faut toutefois pas baisser la garde. Je souhaite que ce bilan soit tiré le moment venu au niveau des deux services d’incendie et de secours, en liaison étroite avec les préfets des deux départements qui exercent l’autorité opérationnelle. C’est, en tous cas, ce que je proposerai. L’établissement de ce bilan global en fin d’été, dès l’atténuation du risque, permettra un temps d’échanges et de retours d’expérience enrichissants sur l’ensemble du territoire insulaire entre les différentes parties prenantes.
Cette volonté de réflexion globale au niveau du territoire de la Corse est en ligne avec la volonté affichée par le président du Conseil Exécutif de Corse, dès sa prise de fonction.

- Le risque de feux de forêt reste-t-il important ?
- Il reste très prégnant en Corse avec des développements très destructeurs, y compris en période hivernale. Chacun se souvient de l’incendie de Quenza en janvier 2021. Le problème des incendies, ne doit toutefois pas nous faire oublier les autres risques naturels qui mobilisent d’importants moyens humains et matériels. Je pense aux opérations de secours menées lors des grandes inondations sur la dernière décennie, notamment sur la commune d’Aiacciu ou encore aux graves perturbations météorologiques telle que la récente tempête Adrian. L’accroissement sensible de ces risques, ces dernières années, est le signe que le changement climatique est à l’œuvre. Les activités humaines, l’aménagement du territoire et l’occupation des sols doivent faire l’objet de réflexions novatrices et d’actions coordonnées. C’est une responsabilité collective.

- Quelle sera votre feuille de route à la tête du SIS ? 
- Lors de son élection à la tête du Conseil exécutif de Corse, le président Gilles Simeoni a notamment tracé une perspective stratégique pour les services d’incendie et de secours. La feuille de route est claire. Nous réaliserons ensemble la territorialisation de ces services, au terme de la mandature.  Une telle perspective ne pourra aboutir qu’au terme d’un processus de convergence, dans la durée. Il  faudra tenir compte de l’existant et trouver des points d’équilibre dans l’organisation des deux établissements publics. D’ores et déjà, les premières rencontres et échanges avec Hyacinthe Vanni, président du SIS de Haute Corse, ont permis de poser les premiers jalons d’une action commune dans différents domaines. 
 
- La fusion des SIS en Corse est un serpent de mer, va-t-on avancer sur ce sujet sous votre présidence ?
- Depuis la fusion des trois collectivités, il n’y a plus qu’un pilote institutionnel qui, de surcroît, dispose d’un mandat supérieur à six ans. De plus, le cap a été annoncé clairement  par le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni. Ce dernier aura l’occasion de définir plus précisément ce processus complexe qui devra être planifié et ordonné dans le temps du mandat. La Collectivité de Corse est le principal financeur des deux SIS aux côtés des communes. L’unité de gestion s’impose pour assurer un service rendu aux populations qui soit homogène. C’est un choix rationnel que nous appelons de nos voeux. Il permettra à terme d’avoir une action territoriale globale, sur la base d’une analyse des risques homogène et d’une mise en œuvre opérationnelle harmonisée. Un tel processus de convergence permettra de donner de la visibilité sur l’action politique menée et de définir des plans d’équipements et de formation cohérents. Il en va du principe d’égalité du citoyen devant le secours.

- En ce qui concerne plus précisément le SIS2A , quels sont vos souhaits ?
- Je souhaite que notre établissement public rayonne davantage. Si nous devons, bien évidemment, être très concentrés sur nos compétences et missions, je suis convaincue de la nécessité d’une politique inclusive en décuplant échanges et collaborations. Il m’apparaît que la sécurité civile, la protection des biens et du patrimoine naturel sont des thèmes transversaux à nombre de politiques publiques, notamment l’aménagement du territoire. La richesse des nombreuses compétences disponibles en Corse est de nature à nous permettre de capitaliser sur une démarche pluri-disciplinaire et multi-dimensionnelle. L’Università di Corsica, nos communes, les services de lutte et de prévention des incendies, le secteur associatif, notamment les associations des maires, et les acteurs des services à la personne ainsi que les agences et offices de la collectivité de Corse sont essentiels pour concrétiser cette politique inclusive. Il me paraît aussi essentiel que l’on veille à conforter les dispositifs dans les territoires ruraux. Les sapeurs-pompiers y représentent très souvent l’un des derniers services publics. Tout doit être fait pour maintenir cette présence. La promotion du volontariat au travers des valeurs de solidarité et d’altruisme en est la clé de voûte. Enfin, je m’attacherai à créer les conditions d’un dialogue social de qualité avec les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires ainsi que les agents administratifs et techniques. Ce dialogue est indispensable en cette période de crise sanitaire que nous subissons. La cohésion de l’établissement est primordiale.

Photo Michel Luccioni
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