Fin décembre, les marins avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Dans un courrier adressé au ministre des Transports, Philippe Tabarot, le Syndicat Autonome des Marins de la Marine Marchande (SAMMM) de Corsica Linea, le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) de La Méridionale et la CFDT Maritima dénonçaient alors « une situation devenue particulièrement critique pour le transport maritime français en Méditerranée, menaçant l’emploi maritime national et, de manière directe, la continuité territoriale de la Corse ». « Depuis plusieurs années, les compagnies battant pavillon français 1er registre font face à une concurrence de plus en plus agressive d’opérateurs utilisant des registres internationaux aux exigences sociales et fiscales très inférieures aux normes françaises. Cette pression, particulièrement intense au départ des ports de Sète et de Toulon, met désormais les derniers armateurs français au bord de la rupture. La disparition de ces acteurs entraînerait une rupture structurelle du modèle maritime français », écrivaient-ils, sollicitant une rencontre « à brève échéance ». Un rendez-vous qui a finalement eu lieu au ministère des transports ce mardi.
« Nous nous inscrivons dans la logique et des actes sur le terrain que nous avons organisés depuis octobre. Au mois de décembre, nous avons décidé de cesser les actes sur le terrain et de laisser place au dialogue », rappelle Dumè Giovanetti, pour le SAMMM, en déroulant : « Après avoir fait le tour de toutes les tables de Corse, en ayant été reçus par nos patrons, nos actionnaires, l’Office des Transports de la Corse et le préfet, nous avions fait ce courrier au ministre pour qu’il nous reçoive afin de parler du dumping social et plus largement des ETS ».
S’ils disent avoir été écoutés lors de cette réunion, les syndicats déplorent toutefois en être ressortis sans avancées concrètes. « Nous avons pointé le fait que le dumping social est en train de s’exercer en Corse », indique Dumè Giovanetti, en reprenant : « Par ailleurs, sur Sète, la Corsica Linea vient se faire attaquer par la GNV, qui perd des millions chaque année, en cassant les prix à un point inimaginable au point qu’on ne peut même pas s'aligner. Ils viennent s'installer à perte pour nous étrangler ou nous asphyxier. Et on voit que la région Occitanie ne joue pas le jeu qu’elle devrait jouer. Aujourd’hui, on favorise la GNV sur les liaisons entre Sète et l’Algérie, au détriment d'une compagnie française qui emploie des marins français, sous pavillon français premier registre, et qui, de surcroît, a fait les investissements nécessaires pour pouvoir accéder aux quais, c’est-à-dire le branchement électrique et les scrubbers pour la pollution ». Or, selon le syndicaliste, malgré ces investissements réalisés, la GNV, qui ne disposerait pas des mêmes équipements environnementaux, bénéficierait pourtant « de deux fois plus de traversées » que Corsica Linea. Une distorsion de concurrence qui, par effet domino, fragilise directement la délégation de service public entre les ports corses et Marseille, déjà mise à mal par « la concurrence déloyale de Corsica Ferries ».
Or si les représentants syndicaux assurent que les collaborateurs du ministre ont reconnu l’existence d’un dumping social et affirmé leur volonté de « défendre les marins français », sur le terrain, l’absence de décisions concrètes alimente l’inquiétude. « Malheureusement, on voit qu’encore une fois tout cela traîne en longueur », déplore Dumè Giovanetti en notant que si des procédures judiciaires ont été lancées par l’État afin de lutter contre le dumping social, le temps judiciaire et administratif jouera forcément contre les compagnies battant pavillon français premier registre. « Quand il y aura le jugement, quand tout le monde verra que ce dumping social a fait mal aux marins français premier registre, on ne sera déjà plus là », alerte-t-il. « On n'a pas le temps, vu notre structure et nos finances, de perdre des millions tous les ans. Ces ogres financiers eux ont le temps, ont le pouvoir. Ce que nous avons voulu faire comprendre au cabinet du ministre, c'est que c'est la loi du plus fort. C’est celui qui a le plus d'argent l’emporte. Et aujourd'hui, en France, avec les DSP et les mesures prises, cela ne peut pas se passer ainsi », appuie le syndicaliste dénonçant un système où les règles actuelles ne protègent ni l’emploi ni le modèle maritime français. « La concurrence ne nous fait pas peur. Du moment qu’elle est saine et loyale, elle ne nous fait pas peur », martèle-t-il en écho, regrettant que chaque acteur se renvoie la responsabilité de faire bouger les lignes.
Face à ce blocage, les syndicats réclament désormais une réponse rapide et appellent à réunir autour d’une même table l’État, les préfets de Corse et de Haute-Corse, l’Office des transports de la Corse, la Collectivité de Corse et les dirigeants des deux dernières compagnies françaises opérant en Méditerranée, La Méridionale et Corsica Linea dans le but d’enfin « avancer sur le sujet » et de sortir d’une logique d’atermoiements. Et l’enjeu est de taille selon les syndicats, puisqu’au-delà des emplois maritimes, c’est toute l’économie insulaire qui serait, selon eux, directement menacée. « Avec la DSP, le coût du transport de remorque reste maîtrisé et coûte 1 100 euros. Si demain il n’y a plus la DSP, ce sera 3 000 euros, au minimum », prévient Dumè Giovanetti. Pis, il souligne que les tarifs pourraient dans ce cas de figure être fixés « au bon vouloir de l’armateur », et grimper à des sommes folles. « Au final, c’est l'économie corse et bien évidemment, les insulaires qui vont payer le prix », insiste-t-il.
Dans ce contexte d’inquiétude, les syndicats maintiennent la menace d’un retour à la mobilisation s’ils ne sont pas entendus. « Nous avons dit au cabinet du ministre que si le dialogue ne marche pas, nous pouvons retourner sur le terrain », avertit Dumè Giovanetti, avant de conclure : « Nous n’avons jamais été pour stopper nos navires et regarder les autres naviguer. On a une délégation de service public, on se doit de la respecter pour les insulaires, pour que les magasins soient approvisionnés Maintenant, si on nous force la main, bien évidemment que l’arrêt de travail s’imposera. Le but n’est pas de nuire aux Corses, mais à un moment donné, on ira défendre bec et ongle nos emplois, parce qu’on a envie de vivre chez nous, de notre travail, et que nos enfants aient un avenir chez nous ».
« Nous nous inscrivons dans la logique et des actes sur le terrain que nous avons organisés depuis octobre. Au mois de décembre, nous avons décidé de cesser les actes sur le terrain et de laisser place au dialogue », rappelle Dumè Giovanetti, pour le SAMMM, en déroulant : « Après avoir fait le tour de toutes les tables de Corse, en ayant été reçus par nos patrons, nos actionnaires, l’Office des Transports de la Corse et le préfet, nous avions fait ce courrier au ministre pour qu’il nous reçoive afin de parler du dumping social et plus largement des ETS ».
S’ils disent avoir été écoutés lors de cette réunion, les syndicats déplorent toutefois en être ressortis sans avancées concrètes. « Nous avons pointé le fait que le dumping social est en train de s’exercer en Corse », indique Dumè Giovanetti, en reprenant : « Par ailleurs, sur Sète, la Corsica Linea vient se faire attaquer par la GNV, qui perd des millions chaque année, en cassant les prix à un point inimaginable au point qu’on ne peut même pas s'aligner. Ils viennent s'installer à perte pour nous étrangler ou nous asphyxier. Et on voit que la région Occitanie ne joue pas le jeu qu’elle devrait jouer. Aujourd’hui, on favorise la GNV sur les liaisons entre Sète et l’Algérie, au détriment d'une compagnie française qui emploie des marins français, sous pavillon français premier registre, et qui, de surcroît, a fait les investissements nécessaires pour pouvoir accéder aux quais, c’est-à-dire le branchement électrique et les scrubbers pour la pollution ». Or, selon le syndicaliste, malgré ces investissements réalisés, la GNV, qui ne disposerait pas des mêmes équipements environnementaux, bénéficierait pourtant « de deux fois plus de traversées » que Corsica Linea. Une distorsion de concurrence qui, par effet domino, fragilise directement la délégation de service public entre les ports corses et Marseille, déjà mise à mal par « la concurrence déloyale de Corsica Ferries ».
Or si les représentants syndicaux assurent que les collaborateurs du ministre ont reconnu l’existence d’un dumping social et affirmé leur volonté de « défendre les marins français », sur le terrain, l’absence de décisions concrètes alimente l’inquiétude. « Malheureusement, on voit qu’encore une fois tout cela traîne en longueur », déplore Dumè Giovanetti en notant que si des procédures judiciaires ont été lancées par l’État afin de lutter contre le dumping social, le temps judiciaire et administratif jouera forcément contre les compagnies battant pavillon français premier registre. « Quand il y aura le jugement, quand tout le monde verra que ce dumping social a fait mal aux marins français premier registre, on ne sera déjà plus là », alerte-t-il. « On n'a pas le temps, vu notre structure et nos finances, de perdre des millions tous les ans. Ces ogres financiers eux ont le temps, ont le pouvoir. Ce que nous avons voulu faire comprendre au cabinet du ministre, c'est que c'est la loi du plus fort. C’est celui qui a le plus d'argent l’emporte. Et aujourd'hui, en France, avec les DSP et les mesures prises, cela ne peut pas se passer ainsi », appuie le syndicaliste dénonçant un système où les règles actuelles ne protègent ni l’emploi ni le modèle maritime français. « La concurrence ne nous fait pas peur. Du moment qu’elle est saine et loyale, elle ne nous fait pas peur », martèle-t-il en écho, regrettant que chaque acteur se renvoie la responsabilité de faire bouger les lignes.
Face à ce blocage, les syndicats réclament désormais une réponse rapide et appellent à réunir autour d’une même table l’État, les préfets de Corse et de Haute-Corse, l’Office des transports de la Corse, la Collectivité de Corse et les dirigeants des deux dernières compagnies françaises opérant en Méditerranée, La Méridionale et Corsica Linea dans le but d’enfin « avancer sur le sujet » et de sortir d’une logique d’atermoiements. Et l’enjeu est de taille selon les syndicats, puisqu’au-delà des emplois maritimes, c’est toute l’économie insulaire qui serait, selon eux, directement menacée. « Avec la DSP, le coût du transport de remorque reste maîtrisé et coûte 1 100 euros. Si demain il n’y a plus la DSP, ce sera 3 000 euros, au minimum », prévient Dumè Giovanetti. Pis, il souligne que les tarifs pourraient dans ce cas de figure être fixés « au bon vouloir de l’armateur », et grimper à des sommes folles. « Au final, c’est l'économie corse et bien évidemment, les insulaires qui vont payer le prix », insiste-t-il.
Dans ce contexte d’inquiétude, les syndicats maintiennent la menace d’un retour à la mobilisation s’ils ne sont pas entendus. « Nous avons dit au cabinet du ministre que si le dialogue ne marche pas, nous pouvons retourner sur le terrain », avertit Dumè Giovanetti, avant de conclure : « Nous n’avons jamais été pour stopper nos navires et regarder les autres naviguer. On a une délégation de service public, on se doit de la respecter pour les insulaires, pour que les magasins soient approvisionnés Maintenant, si on nous force la main, bien évidemment que l’arrêt de travail s’imposera. Le but n’est pas de nuire aux Corses, mais à un moment donné, on ira défendre bec et ongle nos emplois, parce qu’on a envie de vivre chez nous, de notre travail, et que nos enfants aient un avenir chez nous ».
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