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Transports maritimes : Les points de vue de la CCI de Corse, de L'UMIH Corsica et de la CGPME Corsica


Rédigé par le Jeudi 7 Janvier 2016 à 16:31 | Modifié le Jeudi 7 Janvier 2016 - 22:35


Antoine Mondoloni, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Corse dans un communiqué, exprime sa colère et son sentiment sur le conflit actuel qui perdure concernant le blocage du Corsica Maritima qui n’a pu, jusqu’à ce jour, accéder librement au port de Marseille.


Durant le mois de juin 2014, l’économie Corse, ses entreprises et leurs salariés ont été gravement touchés par le blocage du port de Marseille. La situation de feu la SNCM en était la cause. Cette entreprise n’existe plus aujourd’hui mais les habitudes prises durant de longues années perdurent.
Depuis quelques jours, notre île est à nouveau bloquée et le commerce avec le port de Marseille au point mort. Cette fois c’est une « entrave au fonctionnement du service public de continuité territoriale » qui en serait la cause. Dans les faits, les grévistes empêchent une entreprise qui dispose des autorisations nécessaires, Corsica Maritima, de commercer.
Si le droit de grève est un droit Constitutionnel, je dois rappeler que le droit d’aller et de venir et le droit de commercer en sont deux autres.
Je relève au cas d’espèce que si les autorités préfectorales ont fait preuve d’une diligence extrême et coupable lors de l’occupation pacifique  n’entravant en rien le fonctionnement des services pour faire évacuer la préfecture de Bastia, le port de Marseille est lui soumis à un traitement bienveillant que les socioprofessionnels Corses auraient bien aimé se voir appliquer.
Ceci étant je ne puis que constater que la poursuite du blocage du port de Marseille est de nature à générer plus de troubles encore, en raison des lourdes conséquences économiques qu’elle ne manquera pas d’engendrer.
Je demande instamment aux parties en cause de revoir leur position sur la politique de continuité territoriale. Je leur rappelle que destinée à la Corse, la politique de continuité territoriale relève des autorités de la Collectivité Territoriale de Corse !
A ce titre, j’appuie avec force, la proposition de concertation élargie faite à tous les acteurs du transport maritime par le Président de l’Exécutif de Corse, afin de trouver des solutions pérennes au problème récurrent d’interruption du service entre l’île et le continent.
Une telle initiative est de nature à provoquer l’apaisement et trouver des solutions acceptables par toutes les parties.
Mais ce nouveau conflit démontre s’il en était besoin, qu’il est nécessaire d’envisager des liaisons avec les autres parties du continent européen, car il existe une vie économique par delà le port de Marseille.
Le nouvel exécutif en a la volonté. La Chambre de commerce et d’industrie de Corse et les acteurs consulaires, sont prêts à y apporter leur concours.

 

L'UMIH Corsica dénonce "une énième prise d'ôtage de l'Île"

En ce début d’année 2016, comme depuis 30 ans, une poignée de marins Cgtistes de l’ex SNCM et de la CMN, empêchent l’accès du « Stena Carrier » au Port de Marseille et se comportent dans les faits comme de véritables preneurs d’otages. Une nouvelle ligne maritime financée par des capitaux privés est volontairement interrompue entre la Corse et le continent par une cinquantaine de Cgtistes.
 
Le droit de grève existe mais en aucun cas nous ne saurions accepter plus longtemps que ce moyen de contestation remette en cause la libre circulation des biens et des personnes entre la Corse et le Continent quelles que soient les revendications exprimées. Nous tenons également à réaffirmer notre détermination à sauver nos entreprises locales et nos emplois.
 
Cette situation de non-droit, en plein cœur de la deuxième ville de France, est inacceptable et met en relief les carences de l’Etat en matière de gestion des conflits sociaux mais également de sécurité intérieure. Aujourd’hui, nous constatons que l’Etat est dans l’incapacité totale de libérer le Port de Marseille.
 
Dans ces conditions, nous demandons au gouvernement si la population et les entrepreneurs Corses doivent se rendre à Marseille pour débloquer le Port par leurs propres moyens ? En cas de débordements, l’Etat sera alors le seul responsable.
 
Nous appelons dès aujourd’hui, l’ensemble des chefs d’entreprises du secteur des CHRD (Cafés, Hôtels, Restaurants et Discothèques) et la population Corse, à rester vigilants et à se mobiliser à nos cotés dans le cadre des actions que nous pourrions mettre en œuvre très rapidement pour faire entendre notre voix.

CGPME Corsica : "Le port de Marseille ne veut pas de nous ! Dont acte !"

L’Etat français toujours prompt à refuser à la Corse la reconnaissance de ses spécificités,  inquiet de voir l’avenir de la République « une et indivisible » mis à mal,  accepte visiblement qu’un morceau de cette même  « République », le port autonome de Marseille  poursuive ses comportements violents en déni total du droit.
S’il on pouvait, sinon excuser, mais du moins comprendre la pusillanimité du gouvernement quand l’Etat  était encore actionnaire de la SNCM, rien n’explique aujourd’hui que des salariés d’une entreprise privée (Rocca) avec le soutien de quelques miliciens complices (la CGT du port de Marseille)  empêchent, manu militari, une autre entreprise de poursuivre son activité sereinement  sans que les forces de l’ordre n’interviennent. 
C’est inique ! Nous sommes là en présence d’une association de malfaiteurs laissés libre d’actions sans que les pouvoir publics assurent pour une fois leurs responsabilités et appliquent les sanctions légitimes contre ce genre d’agissements. Les services de la préfecture  en Corse étaient bien plus disponibles pour réagir contre nos socioprofessionnels à Bastia.
Une seconde question se pose désormais : dans ces conditions et après tant d’années de douloureuses expériences est-il encore raisonnable  de penser que l’avenir du transport  maritime puisse passer par le port de Marseille ?
Il est temps pour la Corse, une fois pour toute, de sortir de ce cauchemar et imaginer rapidement des solutions alternatives viables. En particulier concrétiser une Continuité Territoriale européenne qui pourrait se construire autour de ports comme Toulon, Nice, Gêne, Livourne, pour les ports les plus proches du continent.
Cela serait de nature à donner un grand bol d’oxygène à l’économie de la Corse et plus de sérénité dans l’avenir de nos transports maritimes.
Nous prendrons donc rapidement contact avec l’office des transports pour évoquer notre position à ce sujet.
 




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