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Semi-liberté d'Alain Ferrandi : la demande rejetée en appel


La rédaction avec AFP le Mardi 24 Mai 2022 à 10:36

La cour d'appel de Paris a annoncé ce mardi 24 mai avoir "rejeté la demande d'aménagement de peine formulée par Alain Ferrandi", condamné à la perpétuité en 2003 pour sa participation à l'assassinat du préfet Erignac. Une décision motivée par les craintes de "trouble grave à l'ordre public" en cas de libération.



Le palais de justice de Paris, abritant la cour d'appel. Crédit photo Wikipedia
Le palais de justice de Paris, abritant la cour d'appel. Crédit photo Wikipedia
La cour d'appel de Paris a rejeté mardi la demande d'aménagement de peine d'Alain Ferrandi, condamné à la perpétuité en 2003 pour l'assassinat du préfet Erignac, une décision motivée par les craintes de "trouble grave à l'ordre public" en cas de libération.  Dans son arrêt, dont l'AFP a obtenu une copie, la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris souligne l'"évolution satisfaisante" d'Alain Ferrandi et reconnaît que "la persistance d'une dangerosité du condamné ou d'un risque de récidive (...) ne peuvent être raisonnablement soutenus".
Mais elle estime que les "heurts très violents" lors des manifestations en Corse après l'agression puis le décès d'Yvan Colonna en mars, "marqués par la réapparition de revendications autonomistes menaçantes", "constituent la parfaite démonstration des craintes évoquées" dans son précédent refus, en janvier 2020.

"La libération conditionnelle d'Alain Ferrandi est par conséquent susceptible de causer un trouble grave à l'ordre public", notion qui peut "ne pas être uniquement caractérisée en termes de manifestations, de dégradations ou de violences (...) mais se traduire de façon beaucoup plus insidieuse au travers de la renaissance (...) de groupuscules clandestins armés prônant la violence", conclut la cour.
"C'est une décision pernicieuse et perverse, qui acte le retour de la loi du talion", a réagi auprès de l'AFP l'avocate d'Alain Ferrandi, Me Françoise Davideau, jugeant que rendre son client responsable des émeutes revenait à "instrumentaliser l'assassinat d'Yvan Colonna".
"Alain Ferrandi est donc condamné à la détention à vie, tant que la Corse existera, puisque la cour s'est curieusement arrogé le pouvoir d'apprécier le degré satisfaisant de stabilisation de la Corse comme cause de jugement", a-t-elle ajouté dans un communiqué, fustigeant une décision "strictement politique".
Selon un rapport des services pénitentiaires, Alain Ferrandi, aujourd'hui âgé de 61 ans, a affirmé qu'"il ne s'engagera(it) pas et ne s'impliquera(it) plus" dans la vie politique corse.
Les réactions des élus insulaires
Cette décision est "une preuve que les choses ne semblent pas s'apaiser, en tout cas du point de vue de l'Etat", a réagi auprès de l'AFP Marie-Antoinette Maupertuis, présidentede l'Assemblée de Corse, regrettant "une forme d'enlisement".
Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, a choisi de citer sur Twitter François Mauriac: "La vengeance déguisée en justice, c'est notre plus affreuse grimace".
Ce refus "montre que le traitement judiciaire de l'affaire Erignac se fait toujours sous le joug de la vengeance d'Etat", a estimé sur le réseau social Paul-Felix Benedetti, leader de Core in Fronte.
Le président de la Ligue des droits de l'Homme Malik Salemkour a dénoncé "un nouvel acharnement judiciaire préjudiciable au dialogue politique nécessaire sur l'avenir de la Corse", tandis que Paul-André Colombani, député de Corse-du-Sud, a jugé qu'il était "temps de cesser cet acharnement aveugle et de trouver des solutions justes, décentes et apaisées".
"La prison à vie n'existe pas en France et on est en train de l'inventer pour ces gens-là malgré leur comportement et malgré le drame qu'il y a eu à Arles", a réagi auprès de l'AFP le député nationaliste de Haute-Corse Michel Castellani, en référence à l'agression mortelle d'Yvan Colonna.

"Une fois de plus, le parquet antiterroriste impose sa loi"

Dans un communiqué la ligue de droit de l'homme critique le rejet de la demande de semi-liberté d'Alain Ferrandi. "Une fois de plus, le parquet antiterroriste impose sa loi. Et c’est donc une opposition obstinée à un dialogue apaisé qui demeure la seule ambition de l’antiterrorisme pour la république. C’est insupportable et inacceptable. Nous devons continuer à refuser ce mépris de la loi et de la démocratie."














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