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SNCM : Paul Giacobbi tire à boulets rouges sur le gouvernement


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 17 Juillet 2014 à 14:19 | Modifié le Jeudi 17 Juillet 2014 - 15:10


Lors des questions orales à la session de l’Assemblée de Corse (CTC) qui a débuté jeudi matin, le président de l’Exécutif, Paul Giacobbi, a tiré à boulets rouges sur le gouvernement, éreintant sa gestion de la crise de la SNCM. Répondant à quatre questions d’Antoine Orsini, président du groupe Corse Social Démocrate, Michel Stefani pour le Front de gauche, Josepha Giacometti pour Corsica Libera et Jean Biancucci pour Femu a Corsica, il explique que rien n’est réglé, que la SNCM a un avenir si elle se restructure et que, seule, la création d’une société d’économie publique peut assurer le renouvellement de la flotte.


Paul Giacobbi, président du Conseil Exécutif de l'Assemblée de Corse.
Paul Giacobbi, président du Conseil Exécutif de l'Assemblée de Corse.
Il était certain que le dernier conflit de la SNCM et les dommages collatéraux subis par la Corse s’inviteraient au menu de cette session estivale de l’Assemblée de Corse. Ce ne sont pas moins de quatre questions orales qui lui ont été consacrées, jeudi matin, balayant le spectre des problèmes soulevés par la crise récurrente des transports maritimes insulaires. Antoine Orsini, président du groupe Corse Social Démocrate, s’est inquiété des impacts économiques et sociaux de la grève, d’un moratoire qui ne règle rien et appelle l’Etat à assumer la responsabilité de sa complaisance. Josepha Giacometti fait chorus pour Corsica Libera, in lingua nustrale, et revient sur l’urgence de la création d’une compagnie régionale. Enfonçant le clou, Jean Biancucci insiste, pour Femu a Corsica, sur la situation de crise et de blocage politique subséquente. Tous demandent au président de l’Exécutif de confirmer son plan d’action pour rétablir une desserte de l'île fiable et équilibrée. Seule voix discordante, Michel Stefani du Front de gauche plaide pour le sauvetage de la SNCM et propose à la CTC de délibérer, dans les 4 prochains mois, pour confirmer la convention signée en 2007 avec la compagnie et de « renoncer à réclamer les 200 millions € d’amende injustement imposés par la Commission européenne au bénéfice des low cost »
 
Mensonges d’Etat
En l’absence du président de l’Office des transports, Paul-Marie Bartoli, c’est Paul Giacobbi qui monte au créneau, en profitant, comme à son habitude, pour remettre les pendules à l’heure et tirer à boulets rouges sur la gestion de ce dossier par l’Etat. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est que le président de l’Exécutif ne mâche pas ses mots. « L’Etat a menti dans cette affaire pendant deux ans. Je peux comprendre la colère des salariés de la SNCM à qui on a raconté des contes à dormir debout. L’Exécutif a toujours dit la même chose. Il est dommage que l’Etat ait mis deux ans pour dire la vérité et finisse par déclarer la même chose que ce je dis ». Concernant le dernier conflit proprement dit, il assène : « Il y a eu un préavis très long. L’Etat n’a rien fait. J’ai saisi le gouvernement le 14 juin et je l’ai averti qu’en cas de blocage, je réclamerai des indemnités. L’Etat n’a toujours rien fait. Il a refusé d’appliquer les lois républicaines. La décision de justice demandée par la CMN, le préfet s’est assis dessus ! La coutume phocéenne l’a emporté sur la loi ! Nous faisons jouer notre droit à l’indemnité pour que l’Etat ne recommence pas et paye le prix de son incurie ! ».
 
Une sinistre farce
Déplorant les dommages importants causés à l’image de la Corse par les médias qui ont montré une fausse situation de blocus « qui n’existait pas, le fret a été acheminé, 28000 passagers ont été réorientés, les autres ont pris l’avion », il fustige la violence « inacceptable » à l’égard des socioprofessionnels. « Il est frappant de constater qu’à Marseille, on refuse de rétablir l’ordre public et qu’à Bastia, on s’attaque à de fameux terroristes qui demandent la liberté de navigation », ironise-t-il. Il juge les mesures de compensation peu à la hauteur des préjudices subis. « Elles ne valent pas le cirque auquel nous avons eu droit ! ».
Paul Giacobbi tire trois leçons des derniers évènements. La première est que rien n’est réglé. « Ça va recommencer ! C’est reculer pour mieux sauter ! Le moratoire ne sert à rien. C’est une farce sinistre ! J’ose espérer que l’Etat va s’organiser différemment pour respecter la liberté de circulation ».
 
Une folie !
La seconde leçon est que, de toute façon, au final, « c’est la Corse qui décide ! Il serait préférable de nous associer en amont ». La troisième leçon porte sur l’avenir de la SNCM qui « n’est pas condamnée ». Elle est, même, assure le président de l’Exécutif, « indispensable » sous trois conditions : la discontinuité, une restructuration poussée et le renouvellement de la flotte. « Le plan Dufour est une folie ! Il n’est pas finançable. La Caisse des dépôts ne veut pas payer et elle a raison ! ». Répondant à Michel Stefani sur les amendes dues au titre du service complémentaire, il martèle : « Il y a des lois ! Le service complémentaire n’est pas conforme au droit français et européen et pas indispensable. L’Etat me fait rire quand il dit qu’il va négocier, on ne négocie pas une décision juridique européenne. C’est une blague ! ».
 
Une seule solution
Revenant sur la proposition réitérée de Veolia de céder la SNCM pour 1 €, il rétorque : « Personne ne veut et ne peut, pas plus que nous, reprendre la SNCM tel quel, même pour 1 €. En réalité, elle ne vaut pas 1 €, elle vaut beaucoup moins. L’ensemble des investisseurs potentiels ne sont pas plus fous que nous ». Embrayant sur la compagnie régionale, Paul Giacobbi précise qu’il est temps de s’atteler à trouver des partenaires privés pour la constituer, tout en ayant l’obligation d’arriver au bout du contrat de service public existant avec la SNCM. Il estime que le renouvellement de la flotte « ne se fera qu’à notre initiative. Le seul moyen d’y arriver est la constitution d’une SEM (Société d’économie mixte) ou une société publique locale avec 2, 3 ou 4 navires ». Sa préférence va à la seconde option qui permet une exploitation en régie. Avant de conclure : « Nous n’accepterons pas d’autre solution ! ». Affaire à suivre…
 
N.M.



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