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Retraites : Ça s'annonce mal !


Rédigé par Jacques RENUCCI le Dimanche 22 Avril 2018 à 16:34 | Modifié le Dimanche 22 Avril 2018 - 16:41


Durant deux semaines, les partenaires sociaux débattent du nouveau système de retraites : égalitaire, simplifié... mais revu à la baisse


Retraites : Ça s'annonce mal !
C'est écrit, programmé avant d'en être débattu : pour les retraités, plus rien ne sera comme avant, et pas dans le sens favorable. Les consultations bilatérales sur la réforme des retraites se sont ouvertes le 16 avril ; elles sont prévues pour durer deux semaines. Plutôt que d'en espérer des miracles, on devra se contenter qu'il en ressorte le moindre mal pour des millions de Français qui se sentent déjà injustement traités.
 

L'Etat, avec en première ligne le Président de la République, reste sur un principe général qu'il applique à chaque secteur concerné sur lequel il exerce une sorte d'impératif de mise à jour : les réformes sont douloureuses mais nécessaires, et d'autant plus urgentes que l'immobilisme aurait prévalu durant des décennies, par peur de réactions sociales paralysantes pour la nation.
 

De ce point de vue, les retraités sont plutôt défavorisés. Il ne sont pas en mesure de paralyser le pays et d'attenter à son fragile redressement économique, comme peuvent le faire les cheminots ou d'autres groupes actifs. Quand on dit qu'ils coûtent trop cher, ils ne peuvent que protester en montrant leurs états de service traduits en années de cotisations – dans l'indifférence générale, étant entendu que « la convergence des luttes », nouvel idéal syndical, est quotidiennement démentie par les égoïsmes catégoriels de toute sorte. Si un jour on bouge en faveur des retraités, ce sera pour les utiliser comme éléments aggravants du mécontentement, pas pour eux-mêmes...
 

Avant le départ des rencontres entre partenaires sociaux, le haut-commissariat à la réforme des retraites a publié un document de travail destiné à servir de base aux discussions. Cette étude est sans appel. Le système actuel est, selon ses conclusions, « complexe, inéquitable et peu lisible. » Il existe aujourd'hui plus de quarante régimes différents de retraites et, au cours d'une vie professionnelle, il arrive que l'on passe de l'un à l'autre, et pas qu'une seule fois. Au moment du bilan, le calcul de la pension peut se révéler plein de surprises.
 

On va donc aller vers la simplification, en gommant les écarts public-privé, en nivelant l'ensemble, et les syndicats craignent que ce soit vers le bas. A ceux qui récriminent déjà, à ceux qui protestent, Emmanuel Macron répète ce qu'il dit chaque fois qu'un obstacle se présente : la réforme faisait partie de son programme électoral. Le président une fois élu, ce programme vaut engagement.
 

Sur les retraites, il prônait la transparence, la convergence entre tous les régimes pour aboutir à un « système universel » : un euro cotisé doit produire les mêmes droits à pension pour tous, sans que le statut du cotisant entre en ligne de compte comme c'est le cas aujourd'hui. Une chose est sûre : la méthode de calcul actuelle – les droits trimestriels – va disparaître. Verra-t-on s'instaurer un système de points, comme pour la retraite complémentaire, ou un système de « compte notionnel », où la retraite est calculée par rapport à un capital virtuel accumulé durant les années de travail ?
 

Ce sera l'un des enjeux des échanges entre partenaires sociaux, avec en perspective les déficits annoncés pour les caisses de retraite : 5 milliards en 2020, 10 milliards en 2025. Sachant que le taux de cotisation a atteint son maximum et qu'il n'est pas question pour le moment d'augmenter le nombre d'annuités, il ne reste, pour tenter de freiner cette courbe déficitaire, qu'un seul moyen d'action : la réduction des pensions.

 






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