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Pionnier du tourisme en Corse : Le groupe Ollandini continue de traverser les époques


Rédigé par José FANCHI le Dimanche 26 Août 2018 à 20:47 | Modifié le Dimanche 26 Août 2018 - 21:22


Au milieu du 19e siècle, seul le bateau à vapeur rattachait la Corse au reste du monde. Les deux villes, Bastia et Ajaccio, étaient reliées comme partout ailleurs par une diligence, si bien que les hommes d’affaires préféraient prendre le bateau de l’une des deux villes corses pour joindre Toulon et revenir en Corse par la voie maritime, alors plus rapide que la diligence… C’était une époque où la seule traction animale assurait les transports. Dans le petit port de Propriano, niché au fond du golfe du Valinco, la famille Ollandini, à l’esprit novateur, apporta la solution.


Les premières excursions en Corse
Les premières excursions en Corse
Les voitures n’avaient pas encore foulé la terre insulaire. Sur l’île, vivait la famille Ollandini. Une grande famille de travailleurs qui croyait au progrès et au développement des transports.
L’un des fils de Baptiste Ollandini encouragea son propre fils, François à moderniser les moyens de transport dont il disposait pour le matériel avec le secret espoir de faire enfin du transport public. Il en rêvait depuis des années. Nous étions en 1920, et les premiers camions de ce qui allait devenir le « Groupe Ollandini » commençaient à sillonner les routes du Valinco et d’ailleurs.
 
Les cars, puis les camions…
Jean Ollandini, le fils de François, n’a pas oublié le chamboulement que l’achat de cars et de camions avait provoqué dans Propriano et alentours. Il a même qualifié cette époque de « révolution dans la famille Ollandini » tellement la petite entreprise avait grandi et multiplié ses activités professionnelles avec l’ouverture d’une station essence, en plus du transport de marchandises et de personnes.

Les lignes Zonza-Propriano et Quenza-Propriano fonctionnaient à merveille, si bien que Baptiste Ollandini et ses fils décidèrent d’aller au-delà de ces lignes « intérieures » et inaugurèrent peu après la grande ligne Sartène-Ajaccio et retour. Ce fut le grand succès et sans doute le grand départ de l’entreprise créée quelques années auparavant.

Aussi, quelques mois après, Baptiste décida de quitter le Valinco pour la cité Impériale afin d’y installer ses bureaux en plein centre d’Ajaccio, sur le cours Grandval, puis place De Gaulle par la suite, tout en conservant une structure à Propriano, gérée par ses enfants. Nous sommes en 1927. Ce ne fut pas une sinécure que d’organiser les transports à partir d’Ajaccio, notamment à une époque où le grand banditisme atteignait son apogée en Corse. La famille Ollandini connut à son tour quelques menus problèmes, mais tout rentra dans l’ordre et les liaisons purent reprendre et se développer.

Autour de l’île
En quelques années, l’entreprise Ollandini prend de l’ampleur et assure des lignes de transport tout autour de l’île, notamment Ajaccio-Corte-Bastia, tout en restructurant les autres, dans l’intérieur avec la messagerie en sus. La société familiale possède alors toutes les lignes dans le Sud et établit les premiers contacts avec les agences de voyages de la Méditerranée qui inscrivent la Corse sur leurs tablettes, notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à laquelle Jean participe activement. Jean Ollandini en assurait la succession…

A partir de là, la Corse s’éveille au tourisme de masse, Ajaccio et Bastia se développent à la vitesse grand V et se dotent de structures d’accueil. L’Essitac fait sa pub et les liaisons maritimes et aériennes se multiplient. Jean Ollandini est parfaitement conscient de ce développement et surtout conscient de l’avenir de son île. Il a soif de connaissances, entend faire découvrir sa terre, aime le contact. Il s’associe avec une agence et crée une société « Les beaux voyages ». Puis ouvre une agence, multiplie les voyages autour de la Corse, crée différents circuits dans l’île, de 24 heures puis de deux jours et d’une semaine. L’île est sillonnée, du littoral à la Corse profonde. Les excursions font fureur, les touristes affluent.

L'euphorie de l'après-guerre
Les lendemains de guerre apportent la solution aux problèmes de toutes les entreprises. C’est la reconstruction, l’euphorie, la reprise des activités, de l’économie et l’ouverture des liaisons aériennes. A propos de ces dernières, rappelons que Jean Ollandini échappe à deux reprises à des crashs à la fin des années quarante… Il ne renonce pas pour autant et crée, dans la foulée, sa propre agence de voyage à Paris, contribue au développement des lignes vers la Corse, édite des brochures et multiplie ses activités liées au tourisme.

Les années 50 vont beaucoup compter pour la famille Ollandini qui se décide, faute de structures, à favoriser la construction d’hôtels en Corse. Le projet d’hôtels du Cap Corse à Bonifacio, dans le style des tours du littoral corse ne se réalise pas. Il est abandonné peu après. Elle ouvre quand même son hôtel dans le Valinco, puis un village de vacances, toujours dans la même région.

Le Radisson Blu d’Agosta
Transports, agence de voyages, location de véhicules, marchandises, le travail ne manque pas en Corse et Jean Ollandini revient vers la cité Impériale et Propriano pour y développer plus encore son entreprise, pendant que les enfants, François, Gilbert et Christiane effectuent leurs études. Seul le benjamin, Jean-Marc, rentre avec ses parents.

Le tourisme explose littéralement. Il devenait important d’exploiter ce créneau à grands coups de publicité, de brochures, de construction de structures importantes pour y accueillir les touristes. François vint peu après seconder son père avec des idées nouvelles pour transformer l’entreprise, en assurer la succession. C’est à partir de là que le « groupe Ollandini » prend toute sa dimension, avec le Mouflon comme enseigne. Le tour-opérateur prend, en même temps, son envol avec le retour de Gilbert qui se charge avec succès du transport des marchandises tandis que la location de véhicules est assurée par Christiane et son époux, Jean-Claude Torres. Le jeune Jean-Marc assure, pour sa part, la structure voyages. Le groupe continue son développement tant à Paris qu’en Corse, notamment au niveau du transport de marchandises et de la location de voitures « Avis » et autres agences.

Il y a 18 ans, en 1990, l’entreprise Ollandini a fêté ses cent ans avec un bilan plus que positif. Une célébration grandissime. Depuis, le Groupe poursuit son extraordinaire aventure avec Jean-Marc Ollandini à la barre et continue de réaliser ses performances économiques, sa marche en avant avec l’ouverture du grand hôtel Radisson Blu d’Agosta.

Le rêve de Jean Ollandini venait de se réaliser…





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