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Pierre-Antoine Villanova : "Corsica Linea vogue sur une mer d’innovation !"


Rédigé par le Mercredi 12 Septembre 2018 à 21:41 | Modifié le Mercredi 12 Septembre 2018 - 21:44


En décembre 2017, la Région Sud adoptait son Plan Climat afin de faire de Provence-Alpes-Côte d'Azur un territoire exemplaire en matière d’environnement. Mettant le cap sur l’éco-mobilité, ce plan prévoit notamment une mesure pour limiter les nuisances des moteurs des navires en escale sur l’environnement. C’est tout le sens du partenariat que la Région conclura avec Corsica Linea pour équiper prochainement trois navires de capacités de branchement électriques à quai alors même que la règlementation ne l’oblige pas. Le Grand Port Maritime de Marseille financera pour sa part les aménagements à quai nécessaires à ce branchement. Avant la signature de ce protocole, qui intervient ce mercredi matin à Marseille, à bord du "Pascal-Paoli", Corse Net Infos a pris le pouls de la Corsica Linea. Interview de son directeur général Pierre-Antoine Villanova


(Photos CORSICA linea)
(Photos CORSICA linea)
- Corsica Linea qui s'engage pour la qualité de l'air : c'était indispensable ?
- Absolument. C’était indispensable à double titre.
D’abord et avant tout, cela correspond à notre volonté d’ancrer CORSICA linea sur une vision de long terme, dominée par le développement durable. La satisfaction clients, la conquête de parts de marché demeurent bien évidemment dans notre ADN : ce sont nos fondamentaux, tant sur notre activité fret que passagers. Mais l’entreprise d’aujourd’hui et, a fortiori, celle de demain, ne peut pas se contenter de cela. Elle doit être moteur d’une société civile qui change, qui aspire à vivre selon des valeurs sociales et environnementales fortes. C’est comme cela que nous entendons développer notre compagnie.
Ensuite, parce que le transport maritime en Méditerranée va se voir appliquer des règlementations internationales de plus en plus contraignantes : à titre d’exemple, l’annexe VI de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (Marpol) imposera une limitation à 0,5% des émissions de soufre des navires en 2020.


- Cet engagement avec la Région Sud dans le grand port de Marseille, c'est un geste fort ?
-Assurément. C’est un geste important pour notre compagnie et un signal fort donné à toute la communauté maritime marseillaise quant à l’engagement de la Région Sud en termes de transition énergétique. 


- Cela implique quoi pour la compagnie ?
- Concrètement, la Région Sud subventionne le branchement électrique à quai de trois de nos navires. Nous bénéficions également du soutien de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ces deux soutiens cumulés représentent un tiers du montant total du projet – montant total qui s’élève à  4 500 000 euros.
Il est important de souligner que nous pouvons réaliser ce projet grâce au soutien  de la Région Sud et de l’Ademe. Cela prouve une chose : quand les pouvoirs publics, tant au niveau de l’Etat qu’au niveau régional, sont au rendez-vous de la transition énergétique aux côtés des entreprises, cela fonctionne et fonctionne même très bien car tant l’Ademe que la Région Sud ont instruit notre dossier avec dynamisme et rapidité, eu égard à l’urgence de l’enjeu environnemental.


- Quels seront les trois bateaux concernés ?
- Notre calendrier est le suivant : le Paglia Orba entre janvier 2019 et début mars 2019 ; le Pascal Paoli entre début janvier 2020 et début mars 2020, le Jean Nicoli entre mi-mars et fin avril 2020.


- Un engagement fort pour l'environnement, un nouveau bateau, les trafics passagers et fret en hausse, la paix sociale : Corsica Linea vogue sur une… mer de sérénité ?
La ponctualité de nos navires, la qualité de l’accueil de nos clients fret et passagers à bord sont aujourd’hui notre force. Je vous parle là d’une œuvre collective, rendue possible par la mobilisation de tous nos salariés et de nos marins autour de notre projet d’entreprise.
Grâce à cet élan commun, CORSICA linea vogue désormais sur une mer d’innovation. C’est notre maître-mot. Nous voulons innover pour offrir aux passagers, aux transporteurs, des navires performants sur un plan environnemental, innover pour être un acteur-clé de l’économie bleue insulaire et méditerranéenne, innover pour continuer à porter haut les couleurs du pavillon français premier registre et des compétences de nos marins inhérente à notre pavillon.


- La prochaine étape ?
- La continuité, tout simplement ! Continuité dans notre ambition : ambition de croître sur notre activité fret, de nous assurer toujours plus et toujours mieux de la satisfaction de nos clients, de contribuer à construire une Corse qui avance, une Corse créatrice d’emplois et génératrice de compétences.


- En attendant comment analysez-vous la saison estivale qui est en passe de s'achever ?
- Nous sommes plutôt satisfaits. Sur notre activité fret, nous enregistrons 15% de croissance au 1er semestre et 5% de croissance sur la période estivale.  Côté passagers, les voyants sont également au vert avec une croissance de 5% sur la Corse cet été. Une performance dans un contexte estival plus favorable au transport aérien qu’au transport maritime. Nous tirons clairement notre épingle du jeu sur nos deux segments d’activité – fret et passagers.


- Les plus et les moins de CORSICA linea depuis son avènement ?
- Nous avons développé de nouveaux services : un programme de fidélité, une nouvelle offre « abonnés », etc. Nous allons évidemment poursuivre ces développements pour apporter le niveau de service le plus élevé possible avant, pendant et après la traversée, et générer ainsi le maximum de valeur à nos clients ainsi qu’une fidélité accrue.


- Quels transports maritimes demain pour la Corse ?
Offrir à la Corse une desserte maritime efficace, durable et responsable : tel est le défi à relever. Réduire les émissions de nos navires à la fois dans un objectif de protection de l’environnement et de préservation de la santé publique est l’une de nos priorités. J’évoquais tout à l’heure le rôle sociétal que nous aspirons à jouer : être à l’initiative d’un transport maritime durable en fait aussi partie, car nous impulsons la modernisation de l’ensemble de la chaîne logistique. Pour des navires respectueux de l’environnement, il faut des ports et des infrastructures équipés en ce sens. Ce mouvement de modernisation est essentiel partout, mais plus encore sur une île. Nous y prendrons toute notre part.


-  Corsica Linea travaille-t-elle dans ce sens ?
- Oui, chaque jour. Les technologies que nous mettons en place à Marseille, nous travaillons également à leur application en Corse. C’est le cas notamment du branchement électrique à quai de nos navires. Nous conduisons une réflexion approfondie avec les CCI et les ports sur l’ensemble des sujets ayant trait à la transition énergétique.  




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