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Pierre-Ange Muselli-Colonna : "Pour les Communistes, la priorité des priorités, c'est la question sociale"


M.V. le Dimanche 22 Mai 2022 à 13:17

Encarté au Parti communiste depuis son adolescence, Pierre-Ange Muselli-Colonna brigue pour la première fois le mandat de député dans la 2ème circonscription de Corse-du-Sud aux élections législatives des 12 et 19 juin. S’il regrette que la Corse ne soit pas comprise dans l'accord conclu par la Nouvelle union de la gauche (NUPES), le candidat, âgé de 28 ans, qui mène campagne avec le maire de Bilia, Michel Tramoni, espère transformer son coup d’essai en fédérant l'électorat des gauches. Pas favorable à un statut d'autonomie, il explique à Corse Net Infos que la priorité est la question sociale et le pouvoir d'achat.



Pierre-Ange Muselli Colonna, candidat dans la deuxième circonscription de Corse-du-Sud, et son suppléant Michel Tramoni, maire de Bilia
Pierre-Ange Muselli Colonna, candidat dans la deuxième circonscription de Corse-du-Sud, et son suppléant Michel Tramoni, maire de Bilia
- Qu’est-ce qui a motivé votre candidature ? 
C'est très simple ! Pour nous, militants communistes, l’élection présidentielle a révélé des fractures démocratiques et politiques qui affectent profondément la société française. Nous avons accueilli avec joie la constitution de cette nouvelle coalition de gauche NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale) qui répond de part de son programme à cette urgence sociale. Notre parti s'est totalement investi dans cette bataille unitaire, mais, comme on le sait, la Corse a été mise à l'écart de cet accord. De ce fait, nous avons considéré qu'il était important de porter la parole communiste sur les quatre circonscriptions. 

- Regrettez-vous que la la Corse ne soit pas comprise dans l'accord conclu par la NUPES ?
Oui ! C'est plus que regrettable ! Même si on ne sait pas si les résultats de la Gauche à la présidentielle se retranscriront dans les urnes aux Législatives, on a bien vu qu’une dynamique nationale s'est constituée autour de la NUPES et nous aurions pu en bénéficier au niveau local. Malheureusement, cette union ne s'est pas faite. Nous avons été mis à l'écart par La France Insoumise (LFI) ! Aujourd'hui, en Corse, il y a plusieurs candidatures de Gauche sur trois  circonscriptions. 

- Quelle conséquence peut-avoir, selon vous, cette désunion ?
- Plus il y a des candidats de gauche, plus il faut diviser le nombre de voix, et moins les résultats sont importants. Au niveau local, nous avons eu des réunions avec LFI et Inseme a Manca, mais, faute d’un accord validé par les instances nationales, l’union locale était impossible. D’autant plus que nous avons des positions divergentes notamment par rapport à l’avenir constitutionnel de la Corse. De ce fait, nous partons seuls et nous sommes la seule force de gauche à présenter des candidats dans les quatre circonscriptions. 

Au vu du maigre score du PCF à l’élection présidentielle, 4500 voix environ en Corse, quelles sont vos attentes ? 
- En effet, o
n ne peut pas dire que ce soit le meilleur score que le Parti communiste a fait ! Mais, en même temps, beaucoup de nos électeurs ont répondu à l’appel du vote utile et ont voté pour Mélenchon dès le premier tour. Cependant, nous avons remarqué au cours des scrutins de ces dernières années que l'électorat de Gauche est assez stable. Dans ma circonscription, par exemple, l’électorat communiste représente entre 1000 et 1200 voix. Et vu que l’on s’inscrit, bien que n’ayons aucun accord, dans la démarche de la NUPES, j’ai bon espoir de toucher aussi des électeurs d’autres mouvances de la Gauche. Plus le PCF fera un bon score, plus la Gauche sera renforcée en Corse !

Comment comptez-vous convaincre les électeurs de voter pour vous ?  
Il n’y a pas de solution miracle ! Si on ne va pas à la rencontre des électeurs, si on n’enclenche pas de discussions avec eux, si on n’est pas à leur écoute, on ne pourra pas faire le score habituel. On ira donc, comme on l'a toujours fait, à la rencontre des citoyens. 

- Quelles propositions défendez-vous ? 
Pour les Communistes, la priorité des priorités, c’est la question sociale. La première priorité est de restituer un peu de pouvoir d’achat aux ménages insulaires avec la hausse immédiate du SMIC à 1500 euros, mais aussi le retour de la retraite à 60 ans pour toutes et pour tous, la garantie de l’autonomie pour les jeunes, et le blocage des prix sur les produits de première nécessité. 

- Quelle est votre position sur les négociations sur l’autonomie ouvertes par Emmanuel Macron ?
-  Je suis assez sceptique, comme l’ensemble des militants communistes. Comment peut-on avoir une position sur une page blanche ? Pour le moment, sur cette question-là, on ne connaît ni le contour institutionnel, ni le contenu réel souhaité par la majorité territoriale. Donc, c’est très difficile de prendre position. Nous redoutons que les détenteurs de capitaux insulaires demandent de nouveaux avantages fiscaux, de nouveaux pouvoirs économiques, des nouvelles possibilités de contourner le droit social et le Code du travail. On ne sait pas sur quoi ça va aboutir, mais on dira qu’on est plus sceptiques qu’enthousiastes ou favorables. D'autant plus que la Corse a déjà connu de nombreuses évolutions institutionnelles qui n’ont pas amélioré le quotidien des Corses. Au contraire, on a même l’impression que ça l’a aggravé.

- Quelles seraient vos priorités en faveur de votre circonscription, si vous étiez élu ? 
La question sociale est la priorité des priorités. Elle s’inscrit dans une démarche nationale. Les questions locales dépendent beaucoup des discussions qui seront enclenchées après cette séquence électorale entre Paris et les représentants politiques de notre île. Il est certain que, quelque soit l’issue de ces discussions, il faudra diversifier les secteurs d’activité en Corse. Et ça fait 50 ans que le Parti communiste le dit ! Nous vivons essentiellement du BTP et du secteur touristique. Heureusement, il y a beaucoup de fonctionnaires ! Malheureusement, en dehors de la fonction publique, les emplois sont souvent précaires et peu rémunérateurs. Il faut commencer à réfléchir à produire des choses en Corse, à développer le secteur industriel, ce qui permettrait d’avoir des emplois un peu mieux rémunérés que dans le BTP ou le tourisme.













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